ACTE II , SCÈNE V
la main, il a ramassé un serpent-boa, el en a fus-' lige celte béte féroce comme un caniche.,. Plus fort!..
POMME Dlî TERKE.
De plus fort en plus fort !.?
MADEMOISELLE DE CARDOVILLK.
Il a... il a égorgé une panthère sur le théâtre de la Porte Saint-Martin!.. Elles journaux n'en ont pas parlé !..
POMME DE TERRE
Ah! la presse est bien négligente... Cette pan- Ihère-là était pourtant un fameux canard.
MADEMOISELLE DE CAUDOVILLE.
Ce n'est pas tout!.. Il est beau!.. Il est grand!., grand comme lapenséehumaine!.. grand comme... comme l'Époque !.. (grimace de Pomme d« Terre). Mais, surtout, il est noble. . c'est un prince, mon Djalma... un prince pur-sang... en qui tout révèle celte distinction de race, qui est dans les yeux, dans la marche, dans la voix, dans la moindre parole... (Elle demeure rêveuse.) DJALMA, le turban sur le coin de l'oreille et une
pipe à labouche, poursuivant Rose Pompon qui
se défend.
ViensdoncàMabille,jetepaiedu veau... (Apercevant sa mattresse.) Bigre!., la Cardoville!.. Décarre, . et à bas la bouffarde!.. (Apart, en, serrant sa pipe.) Cachons-lui que son prince indien est figurant au Petit-Lazary.
MADEMOISELLE DE CARDOVILLE, Se retoumant et le voyant.
C'est lui!
DJALMA.
C'est elle !
MADEMOISELLE DE CARDOViLLE.
Quel beau brun!
DJALMA.
Quelle superbe blonde !
CARDOVILLE.
' Qu'il est noir !
DJALMA.
Qu'elle est blanche!
CARDOVILLE.
i Qu'il est bien mis !
DJALMA.
Qu'elle est bien ficelée !
CARDOVILLE.
Ah!
DJALMA.
^. Ohî
CARDOVILLE.
'■■ Ne me regarde pas, mon Djalma ! . ton regard brûle!..
DJALMA.
Ne m'approche pas, ma Cardoville !.. ton approche m'électrise!..
CARDOVILLE, comme entraînée vers lui.
El cependant... malgré moi...
DJALMA, cédaitt au même mouvement .
Une attraction irrésistible...
CARDOVILLE.
Un aimant... . .
DJALMA
Une force magnétique...
(Les extrémités de leurs doigts se touchent. Ils sont comme attnnis d'une étincelle électrique. — Pomme de Terre saute.)
POMMME DE TERRE.
Machine électrique !
pjxiMX, avec passion.
Je t'aime !..
CARDOVILLE.
Tu m'aimes !..
DJALMA.
Oh! nous nous aimons!..
TUBERCULE
Vous VOUS aimez?..
POMME DE TERRE
Il paraît qu'ils s'aiment.
DJALMA.
Aussi, pour toi, que de femmes j'ai foulées aux
pieds !..
Air : L'aut' soir à ta chaumière.
L'aut' soir, à la chaumière,
Un" pauvre enfant
Me (lisait, la première :
Sois mon amant !
Mais j'ai su la confondre...
Si tu savais !..
CARDOVILLE.
Qu'as-lu pu lui répondre?..
DJALMA.
Moi ?.. des navets !
CARDOVILLE.
Et moi ! .
Même air.
■ Avant-hier, k Mabille, Un grand barbu Me disait : Cardoville, J'ai bu...
M'veux-tu ?
Mais j'ai su le confondre D'arhar,
DJALMA,
Dachard?...
Qu'as-tu pu lui répondre?...
CARDOVILLE.
Pochard! (fj/'s).
CARDOVILLE.
El lu as pu croire que je te préférais un ouvrier serrurier, qui avait posé des sonnettes chez moi! . et tu as poussé le quiproquo jusqu'à tuer une jeune personne qui s'était déguisée en Cardoville!.. Etourdi!.,
DJALMA, vivement et avec désespoir Oh ! tu m'y fais penser!..
LES POMMES DE TERRE MALADES
r.ARDOVILLE.
donne-m'en!..
DJALMA.
(// tire de sa poche u» fLacQ» et boit.)
CARDOVILLE.
Qu'est-ce que lu bois la?
DJALMA.
Rien.
J'en veux 1 Non!..
CARDOVILLE.
Si!.. {Elle fiai^it le jlacnn, en esavie le goulot, et boit.)
DJALMV.
Malheureuse!..
CARDOVILLE.
Ah! mon Dieu!., qu'est-ce que j'éprouve!..
DJALMA, se tordant.
Qu'est-ce qui se passe là dedans!..
POMME DE TEBRE^
Auraient-ils fait la farce de s'empoisonner? ENSEMBLE.
Air: Vaudeville dcsjol'S soldats.
{Lrntement et d'ut}e vo'x lcinriu>'s$(int>'.) Àh '. qii'f-a fait dnial !..
Qu'ça fait d'nial!... (Ois)
Ce foii qui circule, Et qui me briilo \h! qu'ça fait d'nial.-.
Ou(;a fitit (J'inal!... (/>/«) l'oison infernal:
Poison fatal 1
CARDOVILLE, avec accafjlempnt.
0 mon Djalniaî... j"ai peur', je tremble !... Ah! pourdissipcr mon effroi, Viens, ô mon roi, Assieds-toi Près de moi !
DJAI.MA.
Ah! oui, tout près!... toujours ensemlde ! ,. Mire tes yeux Dans mes yeux Laiijrourcux !
e:<semble.
Ah : c'est un nionieut délicieux !
DJAI.MA.
Ainsi ta main dedans la mienne...
(;\nDfivii,LE.
Ainsi, ton front dessus h: mien...
DJALMA.
Mourons, ma belle patricienne !...
CAUDOVILLE.
Mourons, mourons, mon bel Indien 1 ..
ENSEMBLE
CARDOVILLK.
Ab '. qu'ça fait d'bieu I Qu'ça fait d'bien:... (ùis)
Quell' méthode Agréable et coiuniode \.., Ah ! qn'ça fait d' bien !
Qu'ca fait d'bieu!... (àts) Mettons a la mode
Ce moyen.
(On entend un orchestre de bat.)
CARDOVILLE.
DEUXIÈME COUPLET
Ociel! qu'entends-je!. . à ÎEnnidag*, Le piston retentit là bas !...
Ici rtrépas.
L'a, des pas Pleins d'appas'..
Ah ! quel malheur ! ah ! quel dommage !.. DJALMA, avec joie.
Qu'ai-je entendu !...
Eh 1 bien! rien n'est perdu...
C'poison prétendu N'a pas mordu...
C'était du vin bleu d'ia barrière !...
C'est mauvais, mais ou n'en meurt pas.
CARDOVILLE.
Eh! bien !... affreux projet, arrière'*... Nous ajournons notre trépas.
{Très gaiment.) Eh ! vite au bal !...
C'est banal, C'est égal :
Kous mourrons la semaine PrDchalue !
Ou bien, plutôt, tant qu'on dans'ra lii bjjs. Nous ne songerons pas Au trépas !
REPRISE ENSEMRLE.
{Ils sortent en dansant.)
POMME DE TERRE
J'ai connu des amants, qui s'aimaient.., passionnément... mais ce n'était pas à ce degré Réaunnir !
LE SOLEIL
Et voilà comment a fini ce Juif-Erraat, qui tiura erré d'erreur en erreur.
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