ACTE III, SCÈNE I
BOUDI>.
Oui, jeune homme.
MOUTARD
Non, pas devant.
BOUDIN
Si, devant, jeune homme. (Au public.) Messieurs, vous pouvez VOUS convaincre que ce foulard et les yeux de mon fils ne sont nullement préparés. , Eh bien ! vous allez voir qu'il va voira travers ce mouchoir et savoir ce que je lui ferai voir. {Il bande les yeux à Moutard et passe dans la soWe). Attention, Moutard'.. Quel est le nom du chapelier, écrit au fond de ce chapeau Gibus?
MOUTARD
Bandoni.
BOUDIN, avec impatience. •
Non !.. dans ce chapeau... Gibus!
MOUTARD
Charlier.
BOUDIN
Mais non !.. dans ce chapeau... Gibus !..
MOUTARD
Ah!.. Tartempion.
BOUDIN
C'est étonnant !.. il ne s'est jamais trompé... mais il va se rattraper... Une personne de l'aimable société voudrait-elle me confier une tabatière ? (Une très jolie dame des baignoires lui donne une grosse tabatière). Merci, madame... Attention ! Iléternue très fort). Qu'est-ce que j'ai dans la main ?
MOUTARD
Un lorgnon.
BOUDIN
Mais non !.. {Il éternue pluH fort). Qu'est-ce quej'aidansla main?
MOUTARD
Un bilboquet.
BOUDIN
Eh bien ! messieurs, c'esttoujours comme ça !.. {Musique. — Il remonte sur le théâtre). Mais je m'aperçois, messieurs, que je vous prive depuis longtemps d'acteurs que vousaimez, qui vousamusent; el que je suis hors d'état de remplacer à moi tout seul... C'est que, messieurs, ils m'auraient gêné pourmes tours... et je les ai escamotés... ils ïsont tous là, dans ma poche... ils y sont un peu *! serrés, par exemple... .le vais vous les rendre... Je les prends... J'aila main pleine de comiques et de femmes charmantes. . . jeles lance. , . el». . les voici. . .