ACTE III, SCÈNE V
je me collai à une feule de la porte, et je la vis encore qui regardait doucetnent un peliot qui dormait dans un berceau. Elle donna à iSIaigiierilc des brimborioas de linge... de l'argent.., et le petiot sétant éveillé, elle se mil à le caresser, à l'embrasser, à lui rire!...
LE GÉJSÉRAL,
Tu l'as vu î
POBNIC.
Comme je vous vois... et...
LE GÉNÉRAL
Après?...
PORNIC
Après, elle sortit, et je retournai près de la belle dame qu'était resiée en compagnie avec mon bétail...
LE GÉNÉnAL.
Elle l'avait attendu? et tu lui racontas, n'estce pas?...
POKNIC.
Je ne voulais pas lui voler son argent... je lui dis tout. Bon Dieu du ciel ! vous ne pouvez vous imaginer la mine qu'elle fit en m'écoutanl !... « C'cst-il possible!... ça ne l'esl-il pas!... ah! si ça l'était!... Le marquis en est capable... » et ci et ça... qu'elle parlait toute seule!...
LE GÉNÉRAL
Mais cet enfant... quel est cet enfant?...
POKNIC.
C'est précisément ce que m'a demandé la dame... et comme elle avait peur que Marguerite ne voulût pas lui conter l'histoire, c'est moi qui y suis passé en n'ayant l'air de rien et qtii lui ai demandé tout niaisement d'où lui venait ce polit nourrisson. Alors, Marguerite m'a tout dit : comment un soir, une jeune dame qu'elle ne lonnaissait point lui avait porté cet enfant en cachette, et lui avait donné de l'argent en lui défendant de dire rien à personne... comment cette jeune dame était revenue souvent; conmient, quelques jours après, un monsieur était venu de son lôié : puis comment ils y étaient venu» tous deux...
LE GÉNÉRAL
Mais qui lui a dit, à cette malheureuse, que celle dame fût ma fille ?... que ce monsieur fût le marquis de Montéclain ?...
PORNIC
Pardine! c'est moi, qui depuis le premier jour ai été mis en sentinelle par l'autre dameetquiai vu revenir tantôt mamsellc Lucile, lantôt M. le marquis. Je lesaisbcn... l'autre dame me donnait un ccu par jour pour ça.
LE GÉrVÈllAL.
Mais celte femme, quelle est cette femme ?
POUNIC.
Laquelle ?...
^ LE GÉNÉRAL
Celle qui le payait.
POKNIC.
Oh! pour ç , : général, vous en savez probablement plus que moi... car elle vous cannait...
LE GÉNÉRAL
Moi?...
PORMC.
Sinon pas vous, du moins votre Gis.,, puisqu'elle m'a remis au moins six lettres pour lui, que j'ai été glisser, la nuit, dans la boite qu'est à la grande grille.
LE GÉNÉRAL
Des lettres pour Georges?...
PORNIC
Et en preuve de ce que je vous dis... c'est qu'en voilà une, qu'elle m'a chargé de lui remettre à c'malin... car c'est ce quia fait que Louis m'a trouvé aux environs.
LE GÉNÉRAL
Une lettre?. ..tu as une lettre?... doooc-la-
Si vous voulez la remettre à M. Georges, ma commission sera toute faite.
LE GÉNÉRAL, prenant la Ictire.
Ah ! peut-être découvrirai-je enlin le fil de cette horrible intrigue !... (Il ouvre la lettre.)
PORNIC
Mais, général...
LE GÉNÉRAL
Silence !... (Il lit ci va à la signature.; Ahl... malheur!... malheur!...
PORNIC
Qu'esl-ce qu'il y a d )ne?...
LE GÉNÉRAL
Va-t'en !... va-l'en !...
PORNIC
Dame ! vous m'avez demandé la vérité... je vous l'ai dite... et vous m'avez promis... LE GÉNÉRAL, lui ji'laiit Sa bourse.
De l'argent... prends, misérable!... et puisset-il le rendre tout le mal que tu as fail... por.MC.
Je l'ai pourtant honnêtement gagné... car, je puis bien le jurer, je n'ai pas menti d'un mot... (A paît eu sortant. ) Ce n'est pas ma faute, si ça lui fait de la peine...
Le Général, seui.
Madame de Beauval... ii:i !... écrivant à Georges... et à quel sujet, mon Dieul... (Lisant.) « Georges, vous l'avez voulu, vous m'avez forcée » à dévoiler l'incondiiite de votre sœur ; vous » m'avez forcée à rendre publique son intrigue » avec Montéclain. » ( Parlé. ) Sun i:i!riguc avec Montéclain !... Ella l'a écrit... Ce n'est pas assez du crime de ma fille, il faut encore que j'en uni
LA CLOSERIE DES GENÊTS
souffleté par la main de cette infâme'.... (Liiant.) « Et pensez-vous que M"e d'Esléve, que M. de » Monléclain abandonnera peut-être dans sa » honte, ne puisse niainlcnant nommer sa sœur » la femme dont vous avez absous le passé en » lui donnant voire nom ? » ( l'arlé. ) El cette femme sera ma fille I elle appellera Lucile sa sœur, et M. de Montédain abandonnera la malheureuse dans sa honte!... Oli ! non, non!... Je la sauverai de ce dernier degré d'infamie... je leur montrerai à tous comment un père venge son honneur !... ( Il se lève. ) Ils ne m'arrêteront pas cette fois !... Elle sera partie avant leur retour... (Il se traîne vers la chambre de Lucile ; appelant:) Lucile!... Lucile... Lucile !.. (Il entre.) Lncile!... (Il ressort.) Elle n'y est pas !... Elle s'est enfuie... avec son séducteur peut-être... Alil misère!... Dominique!... Kérouan,.. Kérouan!... Dominique... Ils m'ont tous quitté... et Georges?... Georges!... Lucile!... Pas un enfant... pas un ami près de moi... et le déshonneur partout!... ( Après une pause. ) Ah ! il me reste peutêtre un valet, un valet pour me soutenir... un valet pour me conduire... et ils me verront!... (Il sonne.) Louis!... Louis!...
oooocoooooooo^ooooocoooooooooooooooooooooooooooooo&