ACTE III, SCÈNE X
l'arcc que je vais partir.
GEORGES, avec surprise.
Tu veux me quitter? loi... mon parent, mon ail) il
ANTOINE
C'est précis(?ment parce que je croyais être ton ami , que je ne veux pas qu'on me traite comme un domestique, ni ma femme non plus... ma fournie surtout, qui n'a pas de belles manières, c'est vrai... mais qui en vaut bien une autre... Je nie retirerai dans mon bien... Nous ne sonmics pas millionnaires comme vous autres... mais, dans mon bien, du moins on nous respectera...
GEORGES
Allons, lu es fou... Je verrai Ilortense... je lui parlerai...
ANTOINE
C'est inutile... elle me prierait de rester, que je refuserais.
GEORGES
Si (u veux sacrifier notre vieille amitié à quelques paroles irréfléchies d'une jeune femme... c'est que cette amitié n'a pas de prix pour toi... Je ne le retiens plus.
ANTOINE
S'il ne s'agissait que de paroles... mais il y a des actions qui révoltent, et qu'on ne peut voir, quand on est honnête homme.
GEORGES
Tu as donc, pour me quitter, un motif que tu voulais me cacher ?
ANTOINE
C'est possible... mais, ce motif, je le garde pour moi...
GEORGES
Je dois... je veux le connaître !
Et si c'est pour toi, que je ne...
GEORGES
Je veux tout savoir !...
ANTOINE
Au fait... je ne veux pas non plus passer pour un ingrat... un sans-cœur... Et puisque tu me le
(loiiiaiides, tu sauras pourquoi je n'avais plus le courage de rester ici.
GEORGES
Mais parle donc !
ANTOINE
Georges, tu aimes ta femme, et la femme ne t'aime pas.
GEORGES, se contenant.
Qui ose dire cela ?
ANTOINE
Qui ?... Eh! parbleu! loi tout le premier... toi, qui parles la nuit, quand les autres dorment, toi, qui parles tout haut quand tu crois être seul. Pauvre sol! tu l'aimes de tout l'amour qu'elic a pour un autre!
GEORGES, avec furrur.
]\îalheurcux !... {Rcnversani à demi Antoine. — A demi- voix.) Si quelqu'un avait pu t'entendre, saistu que je t'aurais...
ANTOINE
Tué?... Non pas, car j'aurais eu le temps de te mettre sous les yeux la preuve de sa trahison !
La preuve!... J'ai mal entendu... Tu as une preuve?... Non, c'est un mensonge! une lâcheté! ANTOINE, froidement, lui remet la lettre. Lis...
GEORGES, lié-itant S ouvrir la leltre.
Une lettre !... une lettre sans adresse... Rien ne dit que ce soit... i)0ur un amant !
ANTOINE
Lis donc!...
GEORGES, ouvrant la leltre.
Soit !... mais si tu as menti !...
ANTOINE
Je ne mens jamais I
GEORGES, après avoir lu la leltre.
Oh ! le nom... le nom de cet homme !... Oui , elle l'aime, elle tremble pour ses jours... il était prés de nous dans cette auberge... (Avec rage.) et je n'ai rien vu... rien soup(;onnc !... Oh ! imbécile!
ANTOINE
Silence ! C'est elle... contiens-toi...
GEORGES
Laisse-nous... mais laisse-nous donc, le dis-je! (Antoine sort par le fond, à droite.)
o:oo3ooçooaoooccoooooooocooooo500ocioeoeooecopço9coo