‹ Pièces de théâtreChapitre 211 sur 1093 · ACTE ill, SCENE XiV · texte numérisé non relu

ACTE ill, SCENE XiV

prise... Je le suivrai... je ralleindrai... fùt-il au bout du monde!

ANTOINE

Bien trouvé ! vous vous bâtirez... et s'il te lue, la veuve lui portera en dot une fortune que lu as amassée avec tant de peine I

GEORGES

Non, non ! je ne veux pas que ma mort soit un double bonlieur pour elle... Tout ce que la loi me permet de distraire de mon bien... je vais, par un testament olographe, l'assurer à ton fils !

ANTOINE

Je refuse... Un service comme celui que je t'ai rendu ne se paie pas... D'ailleurs, n'as-lu donc que nous à enrichir?

GEORGES

Vous et une autre personne que je ne dois pas non plus oublier... Écoute, Antoine, je vais te demander une nouvelle preuve de ton amitié... Il est un pauvre orphelin dont le bonheur est mon premier devoir : je ne peux pas exposer ma vie sans avoir assuré son avenir... Depuis prés de vingt ans je me suis fait le soutien, le père de ce jeune homme, qui ne connaît pas lui-même son prolecteur...

ANTOINE

Tu ne m'avais jamais parlé de cela... Pourquoi celle protection?...

GEORGES

Elle rachetait une erreur fatale... un crime... IVe m'en demande pas plus aujourd'hui... Je vais le donner, pour ce jeune homme, une somme de deux cent mille livres...

ANTOINE

Deux cent mille livres!...

GEORGES

Que tu lui remettras sans lui dire, entends-lu bien, de qui vient celle somme... Demain, tu parliras une heure avant moi; tu iras à Paris, à l'adresse que je t'indiquerai...

ANTOINE

El si ce jeune homme m'interroge?

GEORGES

Tu ne connais pas la personne qui l'envoie... S'il l'ofTre un reçu , tu le refuseras... Tu vois bien que je ne pouvais charger que toi de cette l affaire...

ANTOINE

El le nom du jeune homme?

GEORGES

Charles d'Arbel.

ANTOINE, il pan.

Charles d'Arbel!...

GEORGES

Attends-moi là... Dans un instant, je te remettrai le loïlamcnt que je vais faire. Quelques lignes sufliront. Je te donnerai tout, à toi, mon ami...

mon seul, mon vOrilablo ami... à loi qui avais honte de mon déshonneur... (Il pleure.) Oh ! je la déleste, celle femme.'...

ANTOINE

El pourtant tu pleures...

GEORGES

Eh bien! oui... comme un enfant... comme un lâche... Oh! c'est que je l'aimais tant... mon Dieu! je l'aimais tant...

(Il entre dans le pavillon, et, par la fenêtre qui est

ouverte, on le voit se placer devant une table et

écrire.)

OOOOOOOOOOOCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOSOOOOOOOOOOOOO

Page 1