SCENE I
PAULINE, écrivant.
K'ai-jc pas entendu?... non, je me trompai.*... (Relisant sa leiire.) « Applaudisscz-vous, mon dier » mari, d'avoir clé subitement rappelé à Paris » par vos alTaires... Le spectacle que j'ai sons les » yeux est défhirani. Mais je ne puis abandon- » ner ma pauvre IIorlcnse...]M. Maurice, qui dc- » vait partir avec vous, en a été tout à coup em- » péché, vous le savez, par un mal violent, » étrange... Depuis votre départ, son éiat n'a fait » qu'empirer... Notre amie a été admirable de » dévoùment... grâce à ses soins de toutes les «minutes, grûce au docteur Gerfaut, médecin » plein de science et de zèle, M. Maurice a re- » trouvé quelque force... Le délire l'a enfin ([uit- » lé... Mais, vous le dirai-je, lui seul ici scm- » Lie n'être pas louché de ce qu'Iiortense a fait » pour lui... Mon Dieu! que s'csl-il donc passé «entre eux?... Par le prochain courrier, je n vous enverrai de nouveaux détails... puissenl- » ils cire moins tristes, moins déscspcrans que 1) ceux-ci...»
(Aprf-s avoir terminé sa lettre, elle la ferme. — Pendant ce temps, Charlotte sort de la chambre de Maurice.
COOOOCOÙO&OOOOOOOOCX5«COOO«OOOOOeOCOOQOCOOOOOOCOC«OCO
SCÎÎNE Ht PAULINE, CIIAULOTTE.
CnAltLOTTE.
Déjà levée, madame Langlois?
(tllc éteint les bougies et les place sur la cheminée.) I'Ai:link, se levant.
I, inquiétude m'a tenue éveillée toute la nuil... Vous sortez de chez M. Maurice?
CHAni.OTTB, à la gnuciie de Pauline.
Oui, madame, ^c sentant un peu mieux, il a
voulu se lever, et M"" Maurice a bien été obligée de m'appricr... Si elle continue, clic mourra à la peine.. Aller, venir, tout le jour, veiller la nuit.,, un saint n'y résisterait pas.
PAULINE
Pauvre Uortciise, à quelles épreuves csl-cUc soumise!
CUAnLOTTE.
Tenez, madame Langlois, je suis franche ; je n'aimais guère iMn-e Maurice, j'avais même bien des raisons pour ne pas l'aimer du tout... mais depuis (jue j'ai vu cette belle dam.e soigner son mari aussi bien et mieux que je ne soignerais Antoine... je n'ai pas pu lui en vouloir. C'est une vraie sœur de charité que cette jeune femme là... et ça m'indigne, à présent, d'entendre toutes les infamies qu'on débite sur son compte.
Et qu'ose-t-on lui reprocher?
CHARLOTTE
Des choses... abominables... impossibles... oui, impossibles... Parce qu'on a aimé quelqu'un avant son mariage, ce n'est pas une raison pour...
PAULINE
Que dilcs-vous?
CUAnLOTTE.
Ce que vous devez savoir aussi bien que moi... c'est celte malheureuse leltrc au jeune homme de Cerny ([ui est cause de tout.
PAULINE
Une lettre?...
CUAnLOTTE.
.'îans doute; mais, comtne je le disais hier, c'tc lettre ne prouve pas que jM'"" Maurice désire étro veuve... ni qu'elle so soit arrangée pour le devenir.
PAULINE
Je ne vous comprends pas.
CUAnLOTTE.
C.!\ n'est que trop clair. ..Tout le monde prétend que M""" Matirire a voulu empêcher son mari d'aller tuer son amoureux... car cébit pour aller se battre que M. Blauricc devait partir.