‹ Pièces de théâtreChapitre 228 sur 1093 · GEORGES, CHARLES, GERFAUT · texte numérisé non relu

GEORGES, CHARLES, GERFAUT

GEORGES, qui se contenait à peine devant Charlotte. Oh ! j'étais en délire tout à l'heure... vous n'avez pas dit...

CHARLES

C'est une horrible lumière que nous venons de jtlerdans votre âme... Mais il le failailpour qu'à l'uveiiir vous pussiez vous lenir sur vos gardes.

GEORGES

Eh quoi ! vous voulez que je voie des assassins dans de vieux serviteurs... dans des amis de vingt ans... D'ailleurs, vous l'avez entendu... ma femme seule... préparc tous ces breuvages, et c'est toujours sa main qui nie les présenle.

LA DAiME DE SAiiM-TROPl-Z,

GERFAUT

Oh! je connais M™» Maurice... loin de moi un cloute qui flétrirait et sa vertu et son amour pour vous.

GEORGES , ù part.

Son amour!...

(Charles a lire une dû de sa poclie et ouvert son iiêceisairc. Il en a lire un (lacon qu'il examine avec soin ; puis, prenant le verre qui est resté sur le guéridon , il l'essuie avec son mouchoir , prend la Ihéiire et verse dans le verre quelques gouttes de la potion.)

GEORGES, qui l'a suivi des yeux.

Que faites- vous donc, monsieur?

CUARLES, gravement.

Mon devoir.

GERFAUT

Il est indispensable de tout examiner, maintenant. (Il se rapproche de Charles pour l'aider.) GEORGES, a part.

Mon Dieu! pourquoi treniblé-je ainsi ?... (Charles verse daus le verre quelques gouttes de la liqueur contenue dans le flacon. Aussitôt, de blanche qu'elle était, la potion devient noire comme de l'encre. — Les deux médecins échangent un regard, puis Charles dépose le verre, et sa voix devient émue et tremblante.)

CUARLES, gravement.

De quelque part que vienne ce breuvage, quelle que soit la main qui l'a préparé... sur mon honneur et devant Dieu , je déclare ce breuvage empoisonné!...

GEORGES, se levant, avec désespoir.

Oh! c'est inipossiijle!... votre science est un mensonge... une calomnie!...

(Il court au guéridon.) GEBFAUT.

Il a dit la vérité!

GEORGES

Oh ! mon Dieu ! mon Dieu !..,

GERFAUT

Je ne puis soupçonner M"'" Maurice...

Monsieur, ce soupi.on sérail un blasphème, un crime...

GERFAUT

Cependant il est indispensable que je la voie, que je l'interroge...

GEORGES, debout, s'appuyant sur le guéiidon. Vous... Non, non, p.as vous... c'est à moi, messieurs... à moi seul... Je vais la faire appeler. Kntrcz là, dans ma chambre... (Il indique la porte, au iroisiime plan, à droite du speciateur.) et laissez-moi seul avec elle... Sur votre honneur cl devant Dieu, m'avez-vous dit... la mort est là... (Il montre la théière.) CHARLES, avec dignité.

Sur notre honneur et devant Dieu !

GEORGES, tombant sur le fauteuil, près du guéridon. C'est bien, messieurs,

(Gerfaut fait entrer Charles et le suit.)

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