GEORGES, HORTENSE
GEORGES,]toujour3 assis sur son lit.
Relevez-vous.
HORTENSE
Non.
GEORGES, toujours Bssis Sur son lit.
Relevez-vous, madame... cet entretien sera !e dernier que nous aurons ensemble.
HORTENSE, se leiant et se plaçant sur le fauteuil. Le dernier!
GEORGES
Je n'ai plus que quelques instans à vivre... qtte deviendrcz-vous si je ne les emploie pas à vous sauver ?
HORTENSE
Me sauver!... C'est à moi, c'est à mon sa! u que vous songez dans un parei! moment!... lU' sauver?... vous ne me croyez donc plus cou;; .ble?...
GEORGES
Dites que je vous aime toujours el que je voi-î paidonne !
HORTENSE, avec dése.spoir.
Vous me pardonnez! A moi... qui donner;. ;•; mon sang pour vous... vous me pardonnez ^ol:l• mort '... A moi qui suis une honnête femme 1 vo;:^ me pardonnez votre déshonneur!... Oh! c'ts" horrible !...
GEORGES
Il y a deux êtres au monde pour lesquels j'a'! rais donné sans regrets celte vie que l'on nt'arr;;che. ( Mouvement d'ilortcnse. ) Vous et Clur!<s d'Arbel.
HORTENSE
Charles d'Arbel !
Gi;ORGES.
Oui... j'avais élevé son enfance, assu;é sou avenir...
HORTENSK.
Eh! quoi, ce prolecleur inconnu, cette providence qui veillait sur Charles. ..
GEORGra.
C'ctiiil tin iicriiinr- <!o;:l le biaf flVfti! fr; pp-; u»
LA DAMI- DK SALNT-TMOPKZ ,
ifinoccnt , lorsqu'il croyait punir un trailrc à la l)alric...
nOUTE>SF..
Ce matelot qui lua M. d"Aibel, sur le vaisseau \ç Sévère...
C'était moi.
IlOUTEXSE.
Vous !
GEORGES
Quand, plus lard, rimioccnce de M. dAvbel fui reconnue, je jurai de servir de père à renfaiil que j'avais fait oipiiclin. Dans num amour puur vous, dans notre union, j'avais cru voir le pardon de celle fatale erreur!... Mais Dieu n'avait pas été si clément pour moi., vous deviez cire, au contraire, l'instrunierît du la vengeance céleste !... Vous me tuez, madame, vous me Iulz... cl c'est pour êlre à Charles d'Arbel !...
Ï10RTE>"SE, avec ilc;c5poir.
Ah! monsieur... monsieur!... par toul ce que vous avez fait pour lui et pour moi... je vous jure que je ne suis pas coupable... je vous jure que je ne suis pas une femme qui assassine son mari 1
GEORCrS.
Savcz-vous que si je meurs... toutes les voix s'élèveront pour vous accuser ?..
n0RTE?."SF.
Je le sais.
GEORGES
Eh bien! je veux vous arracher aux dangers qui vous menacent... je veux assurer votre fuite ! UORTE>'SE, se lovant avec force et iliguitC-. Et moi, je veux rester... monsieur !
GEORGES, avec effroi. Rester!... iilais la justice est peut-être prévenue... Je ne pourrai pas réloigner long -temps de cette maison.
aORTE>"SE, allant à li cminiode, sur laquelle est une sonnette.
El moi, je l'y ferai venir.
GEORGES, se levant à demi.
Comment? (IIoitcn?c sonne) Que faites- vous? (Un domesiique entre pnr l.-v porte à droite du spectateur.) nORTENSn , au doincsiiquc.
Montez à cheval, et portez à l'instant celle Icilie à son adresse. (Le domestiqns salue ci sort.)
GEORGES, assis au pied de son lit.
Que contient celle Icllrc?... A qui donc avez- Yous écrit?
nORTENSE.
Vous demandez ce fine conlienl celle Icllre?... Elle renferme le réiii de loul re qui se passe ici... la dénonciation d un crime commis sur vous... (On entend le palop don cheval. ] El ce serviteur ;iui part porte ma loitre ;mi lieilennnl dimincl !
GEORGES, se IlVi\
Maliiouiciise... trop de preuves vous accusent... vouscIcj perdue... ils vous condamneront !
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