‹ Pièces de théâtreChapitre 244 sur 1093 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

GEORGES, IIORTENSE.

GEORGES,]toujour3 assis sur son lit.

Relevez -vous.

HORTENSE

Non.

GEORGES, toujours assis sur son lit.

Relevez-vous , madame... cet entretien sera le dernier que nous aurons ensemble.

IiO!iTE>SE, se Ie\ant et se plaçant sur le fauteuil. Le dernier!

GEORGES

Je n'ai plus que quelques instans à vivre... qiie deviendrez-vous si je ne les emploie pas à vo;i> sauver ?

HORTENSE

Me sauver!... C'est à moi, c'est à mon sa! :', (pie vous songez dans un pareil moment!... JI-' sativer?... vous ne me croyez donc plus coupable?...

GEORGES

Dites q!ie je vous aime toujours et que je vo;:; pardonne !

HORTENSE, avec désespoir.

Vous me pardonnez! A moi... qui donsiei.i^ mon sang pour vous... vous me pardonnez •»(•! mort '... A moi qui suis une honnête femme! vo::> me pardonnez voire déshonneur!... Ohl c'i >' horrible !...

GEORGES

I! y a deux êtres au monde pour lesquels j'r.irais donné sans regrets ccUl' vie que l'on in'ari;;chc. ( .Mouvement d'iforicnse. ) Vous et t;hur!c> d'Arbel.

HORTENSE

Charles d'Arbe! !

GEORGES

Oui... j'avais élevé sou enfance, assuié so:» avenir...

HORTENSE

Eh! quoi, ce protecteur inconnu, celle prowdencc qui veillait sur Charles. ..

GEORGES

C'él.-)lt îHi iiin^mc (!i,i:il le Vtrca nvnil ff.ip;):- v,a

LA DAM!' DK SAINT-TROPKZ ,

innocent , lorsqu'il croyait punir un trailre à la patrie...

UORTENsn.

Ce malclot qui tua M. d'Aibel, sur le vaisseau k Sévère...

GEORGES

C'était moi.

Vous I

IIOKTEXSE.

GEOUGKS.

Quand, plus lard, riiuioccnce de M. clAibcl fut reconnue, je juin! de servir de père à icnfjnt que j'avais fait orphelin. Dans mon amour pour vous, dans notre union, j'avais cru voir le pardon de celle fatale erreur!,.. lUais Dieu n'avait pas été si clément pour moi., vous deviez être, au contraire, l'instrument de la vengeance céleste !... Vous me tuez, madame, vous me tuez... et c'est pour être à Charles d'Arbcl !...

nouTEJiSE, avec tl(5:-c?po!r.

Ah! monsieur... monsieur !... par tout ce que vous avez fait pour lui et pour moi... je vous jure que je ne suis pas coupaLle... je vous jure que je ne suis pas une femme qui assassine son

mari !

GJ:oKGi;s.

Savcz-vous que si je nieur.-... toutes les voix s'élèveront pour vous accuser ?..

noiixE:\5F.

Je le sais.

GEORGES

Eh bien ! je veux vous arracher aux dangers qui vous menacent... je veux assurer votre fuite ! UOUTEXSE, se levant avtc force et dignité. TA moi, je veux rester... monsieur !

GEORGES, avec clïioi.

Rester!... filais la justice est peut-être prévenue... Je ne pourrai p?s l'éloigner long temps de cotte maison.

noniENSE , allant à li commode, sur laquelle est une soiiiicite.

Et moi, je l'y ferai venir.

GEORGES, se lemiit à demi.

Comment? (Ilorleni-c sonne.) Que faites. vous? (Un domcslifiue entre par la porte à droite du spectateur.) IIDRTENSr, , an domrsi:q;ie.

Montez à che\al,ct portez àrinstant cette lettre à son adresse. (Le dom';->i:iino raine cl sort.)

GEORGES, assis au p i-d de son l>t.

Que contient cette lettre?.,. A qui donc avozvous écrit?

noilTENSE.

Vous demandez ce (|iie coidicnt celte lettre?.. Elle renferme le récit de lonl ce qui se passe ici.. la dénonciation d un crime commis sur vous.. (On entend le {;aiop 'lini clicval.) El ce serviteii ;{Ui part porte ma Ullre on lioileinnt iiiminel

GEORGES, se 1(V(^.

lMallieinc;;se... trop de preuves vous accusent... vousé!c> perdue... ils vous condamneront !

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