‹ Pièces de théâtreChapitre 247 sur 1093 · ACTE V, SCL^NE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCL^NE VI

AMOlMi, avec terreur.

Di-jà !...

GICOUGKS.

Ah ! tu Ircniblcs... tu frémis comme moi!

ANTOINE, aitéri?.

Lo licntenanl criminel !

GEORGES

Tu vois bien qu'il faut qu'elle parte à l'instant... tu donneras des ordres... Attends... elle ne le suivrait pas... il n'y a qu'un homme... un seul, qui puisse la décider à partir.., à vivre... Charles d'Arbei.

AMOIKE.

Charles d'Arbei !... (A part.) Encore!...

GEORGES

Je le verrai... je lui parlerai...

ANTOINE , surpris.

Le voir... lui parler?...

GEORGKS.

Tu le préviendras... tu me l'amèneras.

ANTOINK.

Mais, tu n'y songes pas... où le rencontrer, où le trouver mainlcnatil?

CEORGES.

Est-ce qu'il a quilîé celle maison?

ANTOINE, cffiayé.

Celle maison t'...

GEORGES

Tu ne l'as donc p.is vu ?

Moi !... (A part.) Oh ! s'il n'est i)as fou, je suis perdu!...

GEOnCES.

C'est lui que le docteur Gerfaut m'a amené bier.

ANTOINE

Lui!

GEORGES

Va, amènc-Ie... Je le veuxl

ANTOINE, ;i part.

S'il entre dans celle chambre, s'ils se revoient, out est découvert !

(Fausse sortie.— Il va fermer la porte :i droite.)

GEOr.GES, allant s'asseoir sur la causeuse. Si prés de la mort, il ne doit rester dans le BUr... ni haine... ni jalousie... (A Antoine.) Eh icn?

AMTOINE, froidement , et romnie s"il revenait du

dehors.

Il est parti...

GEORGE.*; , avec désespoir.

Parti!... O mon Dieu !... comment la sauver lintenanl? (Moment de siloncf.) Ah ! (A part.) Si faisais rroiie à un suicide... Oui, elle en airn;iit autre... et... je me me suis tué... ils me croi-

Midant cet i-partiî, Antoine est allé doucement pousser le verrou de h porte à gauclic.)

ANTOINE, a part.

Personne îi'enUcra plus ici !...

GEORGES, qui s'est mis ù écrire.

Antoine, appelle... appelle quelqu'un...

ANTOINE

Que veux-tu?

GEOnCES.

La potion que le docteur... Elle me soutiendra

quelque tcinps encore, et me donnera le temps

d'achever...

ANTOINE, apriis un mouvement et un coup d'œiljcté

sur la théière.

Elle est là...

GEORGES , écrivant.

Elle me devra son salut.

(Ici, musique en sourdine jusqu'à l'entrée d'Horlense.

— Antoine va prendre sur le petit guéridon la tasse

qui s'y trouvait, puis revient à la commode. Il prend

la théii'jre sur la veilleuse, et verse le contenu dans

la lasse; puis il tire de sa poche un papier q l'il

ouvre, et dans lequel est une poudre blanche qtr.T

prè.s un moment d'hésitation il jette dans la tassr :

avaiu, il s'est assuré que Georges, qui lui tourne io

dos et qui écrit, ne pciU pas le voir. Antoine a fait

cela fout en parlant.)

S'il parle, la misère et l'échafand... s'il lacurl , l'impunilé pour moi... la fortune pour mon fi!;;... Allons !...

GEORGES, écrivant.

« Qa'on n'accuse personne de ma mort... » (Il voit dans la glace, au dessus du meuble, le mouvement d'Antoino ; il se retourne et le regarde avec horreur. — Anlo'uo, après avoir versé le poison , apporte la lasse et la présente à Georges en détournant les yeux; mais Georges se dresse dcboi;i eu lui saisissant le bras. — Antoine se retourne et recule à l'aspect de Georges, debout et nu'naçani. La tasse, échappée des mains d'Antoine, tombe auv pieds de Georges.)

GEORGES

Assassin !...

ANTOINE, épouvanté.

Ah!

GKORGKS.

C'clr.il toi !... toi qui nie tuais!...

ANTOINE

Silence!., et, puisque tu sais tout... lu ctîiporteras mon secrel dans la tombe!...

GEORGES , allant au fond.

Non... on viendra à mon secours... lîortcn.cl Charles! à moi!...

ANTOINE

Ils arriveront trop tard!...

(îl renverse Gcor:.{CS sur son lit. A ce moment , lîorteiise sort par la porte perdue dans la tenture . et qu'Antoine n'a pas songé à fermer. Cette porte et au pied du lit, à droiie. — îlortense s'est élancé; entre Antoine et son m;ui, qu'elle couvre de son corps.)

LA DAME DR SAl^T-TROPlîZ.

ronxEîUSE, Klant un cri irhcrrciir et {l'ctlfroi, Ali! misérable! ! !

(An'oinf», <?pniivaiU(î, i'ccii!o vcvs la fcîiftro, ù gaudie.

— Pauline, qui est entrée à la firt? (Vlloitcnse, f.inre la porte à droite qu'avait fcrniOe Antoine. — Aiîssiiôt les ouvriers, aiiirés i>;ir le bruit, entrent i;i seine. — Au même instant la porte ù gauche est enfoncée par Charles, Gerfaut et les doniesiiqncs.

— A la vue de tout ce monde, Antoine a ouvert la fenêtre à gauche.)

A!«TOI?iE,

Ahl pas d'éehafautl!...

(Il se précipite par la fenôtre. — Gerfaut et quelques

ouvriers courent à la fcnêTc ; Chai les est allé à

Georges.) GEORGES, se relevant avec joie, et serrant Hortense sur son cœur.

Innocente!... elle était innocente!...

LES OUVRIERS

Innocente!

GEORGES, aux ouvriers.

Antoine était mon meurtrier!,..

LES OUVRIERS

GERFAUT, qui a regardé pnr la fcnrMre, s'en éloignant avec horreur.

Mort!

(Georges, r3?scnihlrint ses derniilrcsforce'!, est dehout au milieu du tliéàlre. Ilorlcnso, à sa Kanchc, est h genoux , Cl semble le remercier d'avoir proclamé son innocence. — t'aulinc est près d'IIoricnse. — les ouvriers, tête nue et en silence, regardent avec attendrissement leur maître qui se meurt. — Cliailes est debout, à la droite de Mauiice; un peu en arrière , Gerfaut soutient le mourant , dont cet elTort est le dernier. — En arrière, à droite et à gauche, les valcls et ouvriers, émus et silencieux. — Musique jusqu'à la fin de l'acte.)

GEORGES, à tous.

A genoux, devant elle, que vous avez «oiipçonnéc... (Relevant Horiensc.) devant elle, sainte et pure comme les anges'.... Tlortcnse... pour que Dieu me pardonne... pardonnez-moi... Ct vous, Cliarics... quand je ne serai plus, devenez son appui. . Clnrles, quand vous prierez pour votre père... priez aussi pour moi...

(Il tombe dans les bras de Gerfaut, Ilorlense |elte un cri d'effroi. — Tout le monde fait un mouvement vers Maurice. — Tableau.)

FIN DE LA DAME DE SAINT-TROPEZ

5'adresser, pf/ur la imisiffio du draraf*, h M. Adolphb, aa thi^ro do la Porto Pnint-Marlin.

LE

MARCHÉ DE LONDRES

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