LUCY, MAURICE
LDCV.
Oh ! vous le voyez , vous lo voyez , mon ami, tous les jours ce sont de nouveaux outrages!... et, fort du malheur qui pùsc sur ma naissance, chacun se croit libre de me traiter comme le fait sir Edgard.
MAURICE
Oh ! lui, fiez-vous à moi pour le contraindre ù vous respecter.
LUCV.
Le contraindre à me respecter... Oui , vous y parviendrez peut-être vis-à-vis do celui-là ; mais dircz-vous à tous les autres : Cette jeune fille , qu'un mensonge^ qu'une odieuse calomnie a flétrie du nom d'enfant de l'adultère, n'a reçu de sa pauvre rncre ni funestes exemples, ni principes honteux; cette jeune fille, dont moi aussi j'ai formé le cœur et l'àme, sera pleine de dcvoùment pour l'époux qui la protégera, pleine de respect pour les saints devoirs d'épouse et do more?... Vous ne leur prouverez pas cela, mon ami| et
ma vie tout entière s'écoulera dans l'abandon , dans le malheur cl dans le désespoir !...
MAURICE
Non, Lucy, non. (Un (lomesliquc entre.)
LE DOMESTIQUE
Une lettre pour sir Maurice.
MAURICE
Donnez... Des grandes Indes... Pardon , moi enfant... ( Lucy se tient â l'écart. ) Que vois-jc !.. De sir Ilarry !... Harry !... Que peut-il m'écrire! « Dans quelques jours , je m'embarquerai pou l'Angleterre; j'apporterai à l'enfant que vou avez adoptée des preuves pour combattre I mensonge et la calomnie qui lui contestent 1 | titre de fille de lord Stendhal !... Vous avea aus: de précieuses lettres entre les mains. » (Parlé. C'est vrai. (Lisant.) « A nous deux, nous ren drons la joie et le bonheur à cette jeune fille , i | peut-être aussi à sa mère. » (A part.) A sa mèn mais n ignore donc qu'elle est morte?
LUCY
Eh bien ! mon cher tuteur?..,
MAURICE
Lucy, j'avais raison de vous dire : Espérez. Bientôt , mon enfant , bientôt vous n'aurez pli de larmes a verser.
LUCY
Puisse le ciel vous entendre, sir Maurice !
OOOOOOSOOOOOOOOOOOOOOgOOOO 00 00003009 00009000 00001