LUCY, EDGARD
EDGABD.
Nous voilà seuls, milady...
LTJCY.
Eh quoi ! monsieur, cette lettre que j'ai reçue.t :
EDGARD
C'est moi qui l'ai écrite...
LUCY
Vous, cet infortuné forcé de se servir de l'unique ressource qui lui reste?...
EDGARD
Et qui donc est plus à plaindre que moi, que vos rigueurs désespèrent?...
Que voulez-vous dire, monsieur?...
EDGARD
Eh ! ne savez-vous pas depuis quel temps je vous aime?... moi, que vous avez repoussé comme un paria... rooi,dontlesalut leplus humble devenait une insulte!... J'ai bien souffert, madame !... car on dit... que je suis orgueilleus... Mais un jour... le hasard... ou plutôt le démon... mon bon génie à moi... me iît découvrir une certaine cassette soigneusement cachée dans la bibliothèque de sir Maurice... Cette cassette contenait des lettres... les lettres que je veux vous rendre, madame...
LUCY
Me vendre l... (A part.) Oh 2 ma mite, ma mère!... -
Ul MARCHÉ DE LONDRES
EDGARD
Et voici maintenant ce que je demande en échange de mon précieux (alisman... d'abord, que vous daigniez me permettre de me présenter dans votre hôtel...
LUCV.
Mais c'est impossible...
EDGARD
Impossible... et pourquoi?...
LCCY, avec embarras.
Interrogez votre passé , que dirait le monde , monsieur !
EDGARD
Le monde!... mais si je lui révèle le secret dont je suis dépositaire... si je publie les preuves que je possède, voulez-vous savoir ce qu'il dira ce monde dont vous redoutez l'opinion... il dira en vous voyant au bras de sir Richard Davis millionnaire et, demain peut-être, membre du Parlement! «Ce pauvre sir Davis, il a voulu greffer sa richesseroturiére sur une noble souche; il a voulu s'allier à une illustre maison, et il a été honteument trompé, car celle quils lui ont donnée pour femme ne lui apportait en dot qu'un nom usurpé, un nom qu'elle n'avait pas le droit de porter ! »
incY.
Moi!... moi!... Oh! mais je suis folle! vous n'avez pas prononcé, je n'ai pas entendu ces horribles paroles!...
EDGARD
Vous avez bien entendu, madame, car ces lettres que je possède contiennent la preuve...
LTJCV.
La preuve?...
EDGARD
Que vous n'êtes pas la fille de lord Stendhal !
LCCY.
Grand Dieu I
EDGARD, lui prenant les mains.
Oh! c'est écrit, madame, écrit de la main de
votre noble lucrc, dans cette correspondance avec
lord Ashlej'... avec mon digne oncle... dans ces
lettres où elle priait pour la vie de leur enfant...
où elle tremblait pour l'avenir de leur enfant!...
LUCY, se dégageant.
Oh! par grâce, par pitié, monsieur...
EDGARD
Eh bien ! ce scandale pour vous, ce déshonneur pour sa mémoire... vous pouvez les éviter...
LDOY.
Arrêtez... arrêtez, monsieur; vous voulez que je rachète l'honneur de ma mère an prix de ma propre honte!... O?cz-voiis bien m'oflrir une pareille infamie!... Vous voulez qu'un jour, si le fiel me donne des enfans... ma fille soit réduite à venir, pùlc cl tremblante comme je le suis moimême, racheter dans une taverne les preuves du crime de sa mère ! Et comme je me vendrai n pré-
sent à un débauché, vous voulez que je la condamne à se vendre un jour à un autre Edgard Morlimer !...
EDGARD
Madame!... songez à votre mari!... Ces honneurs, dont vous êtes si fiers l'un et l'autre, tomberont devant le ridicule et la honte... Et que restera-t-il alors à sir Richard Davis?... le fruit des amours criminelles de lady Stendhal, la fille deshonorée de lord Ashiey!...
LCCY.
Oh! non, non... vous me rendrez ces lettres, vous aurez pitié de moi, monsieur, de moi qui suis à vos genoux!...
EDGARD
Non, madame... non... ces lettres, je les garde pour les publier...
nARRY, entrant.
Et moi je vous les rends pour les anéantir!...
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