SCÈNE III
DERMONT, seul; ensuite RODOLPHE.
DERMONT
Je demeure altéré!... Quoi !... c'est Georges deGermany ; c'est ce jeune homme surqni reposaient tant d'espérances... et, demain, ce joueur éhonté devenait l'époux de ma chère Amélie!... Ah ! bénissons le ciel , j'arrive encore à temps... courons à l'instant même...
ROIiOt.I'IIE , revenant en hâte.
Monsieur, me reconnaissez-vous?... Vous hésitez; je le vois, il vous paraît impossible que le his d'un honnête homme, d'un négociant estimé , se trouve dans un semblable lieu ; mais ne me repoussez pas avant de m'avoir entendu , et sur-tout, je vous en supplie, ne révélez pas à mon père...
nERMONT.
Vous êtes Rodolphe Déricourt?
ROUOr.l'lIE.
Oui , monsieur, et je voulais fuir votre vue; mais quelques mots qui vous sont échappés, pendant la scène odieuse dont nous venons d'être témoins, et sur- tout votre embarras, votre trouble, tout me dit que vous venez dans cette maison, peut-être pour la première fois?
DERMONT
Oui, monsieur.
RODOLPHE
Plus imprudent (jue vous , j'y laisse une par. lie de ma fortune; mais du moins j'empoite mon honneur; et, près d'en sortir pt)iu- toujours, je crois, monsieur, racheter un moment tl'erreur en vous avertissant (|uc là , toutà-l'heure, moi-même je viens trenlcmlrc des projets odieux qui menacent voire foitune... Croyez-moi, monsieur, si vous n'êtes point lui joueur, fuyez de cette maison.
DERJtONT.
Jeune homme, ah! quelle que soit la faute que vous ayez connnise en y venant vous même, cet avis vous acquiert à jamais mon estime. Votre confiance mérite la mienne. Non, je ne suis point un joueur; maj)ré>euceici estunacie
TRENTE ANS
bnnor^te. M.iis hâtons-nous d'en sortir. Cest d»ni oo lieu moins impur que vous ilfvez recefoir ia confiance et l'amiiié d'un honnête bomme.
RODOLPHE
Ah! monsieur!...
PF-HMONT.
Sortons d'ici. (Rumeur. — On voit des loldats de mniëchaass^e l'cniparer des portes, et en nicnie temps, d'autres soldats ramener et refouler les joueurs vers le salon dn fond.— Dcrmont et Kodolplie reviennent sur leurs pat.) Ciel! que vois-je ?
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