ACTE III, V TABLEAU, SCÈNE V
voulu, je le vois, que vous fussiez exact au rendez-vous que vous a donné le moine ; il est dix heures, et à dix heures en effet nous devions nous rencontrer.
GAULTIER
Votre ëpée?
BCniDAH.
les voici; mes tablettes?...
GAULTIER
\'03 tablettes?
BURIDAN
0 ui ; ne les avez-vous plus?
SAVOISY
Ah çà, mais il paraît qu'on arrête tout le •rtionde aujourd'hui?
BCRIDAN ouvre vivement ses tablettes et cherche.
Male'diction ! Gaultier ! Gaultier ! ces tablette» sont sorties de vos mains?
GAULTIER
Que dites-vous?
BURIDAN
Ces tablettes sont passées entre les mains de la reine.
Comment cela?
BURIDAN
Un instant, une minute, n'est-ce pas? par force ou par surprise... ces tablettes sont sorties un instant de vos mains, avouez-le donc.
GAULTIER
Je l'avoue. Eh bien?
BURIDAN
Eh bien! cet instant, si court qu'il ait été, a suffi pour signer un arrêt de mort; cet arrêt est le mien ; et mon sang retombera sur vous, car c'est vous qui me tuez.
GAULTIER
Moi?
BURIDAN
Voyeï-vous l'endroit où l'on a déihiré une feuille?
GAULTIER
Oui.
BURIDAN
Eh bien! sur cette feuille qui manque, il y avait écrit par votre frère, avec le sang de votre frère, signé de la main de votre frère...
GAULTIER
Il y avait... quoi? achevez donc.
Oh ! vous ne le croirez pas maintenant, maintenant que la feuille est déchirée ; car l'on vous aveugle... car vous êtes un insensé.
GAULTIER
Il y avait... au nom du ciel! achevez donc. Qu'y avait-il d'écrit sur celte feuille?
BURIDAN
Il y avait...
MARGUERITE , paraissant au balcon.
Gardes, conduisez cet homme à la prison dn Grand-Châtelet.
( Les gardes entourent Buridac.) GAULTIER.
Mais qu'y avait-il ?
BURIDAN
Il y avait : « Gaultier Daulnay est un homme
sans foi et sans honneur, qui ne sait pas garder
un jour ce qui a été confié à son honneur et à
sa foi...» Voilà ce qu'il y avait, gentilhomme
déloyal; voilà ce qu'il y avait. (Se retournant
vers le balcon.) Bien joué, Marguerite. A toi la