‹ Pièces de théâtreChapitre 429 sur 1093 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DE TNINTER, ATIIOS.

DE wiNTER. Vous dites donc, comte ?

ATHOS. Je dis que Grimaud est arrivé comme il expirait, (pi'il nous a rapporté le poignard tout fumant encore.

DE AViNTKi'. Alors, il s.'iit tout?

ATHOS. Tout, excepté nos noms.

DE wiNTER. Mais comment, mais pourquoi a-t-il quitté l'Angleterre?

ATHOS. II était donc en Angleterre î

DE UINTER. Eh ! oui.

ATHOS. Qu'y faisait-il?

DE AViNTiR. C'est un des sectateurs les plus ardents d'Olivier Cromwell.

ATIIOS. Comment s'est-il rallié à cette cause? .son père et sa mère étaient calhohques, je crois ?

DE ^Vl^TER. Le roi, sur ma demande, l'a déclaré bâtard l'a dépouillé de ses biens et lui a défendu de porter le nom de Winter.

Sa haine pour Charles I" l'a poussé vers ( CroinwelJ.

ATI! os. Et comment s'appelJe-t-il maintenant ?

DE WINTER. Mordaunt.

ATHOS. C'est bien, je m'en souviendrai... La Providence nous a prévenus, tenons-nous sur nos gardes ; mais voyons, revenons à l'allaire qui vous amène à Paris, milord.

DE wIlNTER. Deux mots d'abord... Vous avez toujours pour amis messieurs Porthos et Aramis ?

ATHOS. Ajoutez d'Artagnan, milord; n!)us sommes toujours comme autrefois quatre amis dévoués l'un à l'autre... seulement, lorsqu'il s'agit d'être frondeurs, n(;us ne sommes plus que deux, Aramis et moi.

DE WINTEP,. Je vous reconnais bien là; vous avez adopté la cause des princes, la grande cause ; c'était la seule qui pût aller à votre caractère noble et généreux. Je ne vous cacherai pas que j'étais venu en France dar.s cet espoir.

ATHOS. Sommes-nous donc pour quelque chose dans votre voyage?

DE WINTER. Oui, comte, j'ai besoin de vous deux... Vous avez prévenu monsieur Aramis ?

ATHOS. Tenez, le voici.

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