SCÈNE IL
Les MÊMES, MORDAUNT.
CROMWELL. Soyez le bienvenu, Mordaunt, quelque chose m'avait dit cette nuit que je vous verrais ce malin.
MORDAUN'. C'était la voix du Seigneur; le Seigneur parle à ceux qu'il a chargés de parler en son nom.
CROMWELL. Qu'apportez-vous de France, mon fils?
MORDAUNT. De richcs nouvelles, monsieur.
CROMWELL. Soyez deux fois le bienvenu alor.s. Avcz-vousvu le Cardinal?
MORDAUNT. Je l'ai vu.
CROMWELL. Et il vous a fait une réponse ?
MOliDAUNT. Oui.
CROMWELL. Verbale?
MORDAUNT. Ecrite.
CROMWELL. 11 vous l'a remise?
MORDAUNT. Pour que la chose ait plus de poids près de vous, il vous l'envoie par le lieutenant des mousquetaires du roi et par un seigneur de la cour.
CROMWELL. On les nomme?
MORDAUNT. Le lieutenant, M. le chevalier d'Artagnan, le seigneur, M. Duvallon.
CROMWELL. Deux cspions qu'il accrédite près de moi.
MORDAUNT. Le génie de l'Eternel est en vous, monsieur; on n'espionne pas Dieu.
CROMWELL. Et ces dcux hommes sont en bas?
MORDAUNT. Ils attendent vos ordres.
cr.OMWELL. Vous entendez, colonel Groslow, je crois que le moment que vous désirez est venu.
GROSLOW. Qu'ordonnez-vous, général?
CRO\nvELL. Faites mettre les côtes de fer sow les armes, ordonnez à votre régiment de se tenir prêt au premier son de la trompette, et qu'il en soit ainsi de toute l'armée.
GROSLOW. J'obéis.
CROMWELL. En passant, dites à ces deux gentilshommes de monter.
Groslow sort.
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