ACTE h SCÈNE III
LAÏS
Oui, ma chcre; seulement c'est impossible...
ASPASIE
Ah! si je voulais !...
LAiS.
Impossible, ledis-je!
ALCIBIADE
Ne l'agacez donc pas ainsi!
ASPASIE
Tu me donnes envie d'essayer...
Comme les Titans ont essayé le ciel.
ASPASIE, ù Protée.
Qu'on aille me chercher Diogéne !
(Protée sort.)
ALCIBIADE
Diogéne ici ! Edeuillez les roses , ouvrez les laçons, brûlez les parfums !
NICIAS
Nous ne pouvons admettre un animal à lutter vec nous.
TOUS
Non! non! c'est impossible !
ASPASIE
Pourquoi pas? en avez- vous peur ?...
MILON
Nous en avons honte.
ALCIBIADE
Honte et peur. Les morsures sont dangereuses endant l'été.
ASPASIE
Eh bien, cela fera diversion à vos flatteries. Je 'ai jamais eu que des complaisans, je ne suis Qtourée que d'adorateurs; ce métier de déesse l'ennuie, j'en suis lasse à mourir. Par la triple [écate, je veux connaître un homme qui ne resimblepasà tous, que je ne sache point par cœur, ui n'adore rien , ne respecte rien , ne craigne en ; pour qui je ne sois qu'une femme, et une imme qu'il n'aime pas; un cire inhumain, sans Bur, ni âme, un monstre dénaturé, un chien, )mme vous l'appelez. Ah ! s'il pouvait être un eu enragé!... ce serait du nouveau pour moi. •u nouveau... ô bonheur !de l'impossible même., 'ueile gloire! l'impossible et le nouveau, l'anti- Ole de l'ennui!... Merci, Lais. Je vivrai donc lijourd'hui I
PURYNÉ.
L'amour paisse, tout passe; il n'y a que la soif ui ne passe pas sans boire. (Eue boit.— Rires.)