‹ Pièces de théâtreChapitre 592 sur 1093 · LEPIDUS, ANNIUS · texte numérisé non relu

LEPIDUS, ANNIUS

ANMUS.

Écoute, Lepidus, de nous troisie moins ivre. Sans Contestation, c'est moi.

LEPIDUS

Soit!

ANNIIIS.

Veux-tu vivre?

Veux-tu mourir? Choisis.

LEPIDUS

Moi!

, ANNIUS

Toi!

LEPIDUS

Mauvais plaisant

ANNIIS.

Réponds

LEPIDUS

.l'aime mieux vivre.

ANNICS.

Alors, allons-nous-en

LEPIDUS

l\|()i, m'en aller sans voir celle femmedivine!

ANNIUS

Insensé! qui demandes à voir la Messaline! O trois fois insensé!

LEPIDUS

Voyez comme en tous lieux Le mérite après lui traîne des envieux!

ANNll s.

Mais lu ne sais donc pas ce qu'elle est, celle femme'

LEPIDUS. [flamme,

Jî sais que son beau corps enferme un cœur df

CALIGULA

Itqueramour, à qui tousdestins sontconnus, adonna pour prêtresse à sa mère Vénus.

ANKIUS.

h bien donc, c'est à moi de te dire le reste: coûte: mieux pour toi vaudrait, ainsi qu'Oreste, voir, par un forfait exécrable, odieux, massé sur ton front la colère des Dieux, u'avoir guidé sur toi, par quelque vœu profane, ; regard dévorant de cette courtisane, ois-moi, n'arrête pas, en étendant la main, ! malheur qui suivait l'autre bord du chemin; ains cette femme aux yeux sombres, aux lèvres pàqui naquit, dit-on, dans les ides fatales; [les, ir ne va pas penser, enfant, que son amour it un amourjoyeuxet qui chante au grand jour, 1 amour que le soir, au feu de la résine, conduise à ton seuil la flûte tibicine, qui, las de bonheur, s'éveille le matin, ruu lit tout jonché des roses du festin, n pas, ami, ce sontdes amours taciturnes, erchantdes voluptés étranges et nocturnes, i veulent des plaisirs d'autres plaisirs suivis, i, lassés quelquefois, mais jamais assouvis, nt dans l'ombre .laissant sur leur passage infâme elque corps inconnu d'enfant, d'homme ou de rleTibredéjà, complice aux flots prudcns, [femme, ule à la mer la tête, un bâillon dans les dents, lis-moi, ne tentons pas les destins qu'elle couve, js avons bien assez du tigre sans la louve.

LEPIDUS

î dis-tu?

ANNIUS

Je te dis cequechacun tout bas iirait... ou plutôt, non, ne te dirait pas. ■ nul de nous ne sait, alors qu'à la lumière uvrcle matin sa joyeuse paupière, is quel cachot mauditou quel tombeau pieux, soir, captif ou mort, il fermera les yeux, si celui qui sait le péril, s'il le brave, anchissant bientôt son plus fidèle esclave, met sous sa tunique un fer court et discret, 1 d'avoir sans cesse un assassin tout prêt, , dans l'occasion, d'une main prompte ei sûre, rreau reconnaissant, lui sauve la torture. , c'est qu'incessamment nous sommes épiés, es par le flot qui vient braver nos pies, es par l'oiseau qui sur nos têtes passe, le serpent qui fuit et qui n'a point de trace, l'herbe de la plaine et par l'arbre des bois , tous trouvent un son, un langage, une voix, r redire aussitôt à des maîtres farouches omplot qu'en un rêve ont murmuré nos boulon tes? [ches.

LEPIDCS

Oui.

ANMIUS.

C'est bien, tu verras.

LEPIDUS

La terreur rendu fou, mon cher ; je crois bien l'Empereur B "Osé quelquefois à faire trembler Rome , ■ i, A tout prendre enfin, l'Empereur estun homme

Né du sein d'une femme, et qui fut, en naissant Comme un autre nourri de lait et non de sang: Si c'est un tigre, alors qu'on le mette à la chaîne.

ANNIUS

On voit bien, pauvre fou, que tu reviens d'Atbène

Etque tun'aspas vu comme nous de tes yeux

Sa colère monter des hommes jusqu'aux Dieux

Oui, c'était un enfant comme un autre ; son anie

S'ouvrait aux sentimens humains, mais cette femme

Pour quelque noir dessein, dans sa coupe a versé

Un breuvage d'amour qui l'a fait insensé.

Si bien que ce n'est plus César, mais Messaline

Qui règne au Palatin, la royale colline!

C'est pourquoi doublementil fautfuirson regard,

Miroir incestueux , si brûlant que César

Ne voit pas, ébloui du feu dosa prunelle

Parmi tousces amans qui tombentderrière elle,

Cherea, seul debout, qu'elle tient attaché,

Et laisse vivre encor dans quelque but caché

LET-IDUS

Eh bien ! soit! de conseils ma prudence pourvue, Renonce à son amour, mais non pas à sa vue.

La porte t'e Messalino s'ouvre.

ANNIUS

Tiens, ton désir fatal est exaucé; voil

Messaline qui va passer, regarde-la :

J'ai fait ce que j'ai pu, libre à toi de la suivre

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