‹ Pièces de théâtreChapitre 598 sur 1093 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

AFRANIUS, AQUILA, STELLA, puis PROTOGÈNE.

UN DÉcuRioN, entrant et rangeant ses prétoriens de

l'autre calé du théâtre. César! Vive César!

LES LICTEURS, repoussaut le peuple.

C'est l'Empereur! arrière.

UN LICTEUR, dans la coulisse.

Descends de ton cheval, et toi de ta litière ; A terre tous les deux !

AQUILA, dans la coulisse.

Malheur à toi, licteur!

Si ta main...

Entrant et apercevant Afranius.

N'es-tu pas consul ou sénateur?

AFRANIUS

Je suis consul.

AQUILA

Eh bien ! près de toi je réclame.

AFRANIUS

Que yeux-tuî

AQUILA

Tes licteurs insultent une femme, Consul; ordonne-leur de nous laisser passer.

AFRANIUS

Impossible, jeune homme, on ne peut traverser. Voilà César qui vient.

AQUILA, à part

C'est vrai, sur ma parole.

AFRANIUS

Vois-tu le messager qui monte au Capitole?

LE PEUPLE

Vive César t

AFRANIUS

Vois-tu l'Empereur sur son char.

Là-bas?

tQUILA.

Oui, je le vois.

I";iisa'.il un mouvement pour cntrrr dans la coulisse.

Slclla, viens voir César.

io

MAGASIN THEATRAL

AFRANius, l'orrétant.

A tes longs cbcveux blonds tombant sur tes épaules...

AQCtLA, vivement.

Je me nomme Aquila, je suis ne dans les Gaules, J'ai droit de citoyen.

Prenant Stella par Io bras.

Viens, ma Stella.

sTEtLA, voilée.

J'ai peur.

AQIILA.

Viens donc.

AFIIARIUS.

tt cette enfant T

AQUILA

De César est la sœur, Si l'on peut nommer sœur celle qui fut nourrie Du mémo lait que nous.

AFBANIUS.

Et Rome est ta patrie, Jeune fille?

STELLA

Oui, seigneur; mais ma mère àBaïa Demeure. . Conn^is-tu ma mère Junia?

AFBANIUS.

Sans doute... et sur César elle a toute puissance.

STELLA, levant son voile.

Je viens la retrouver après cinq ans d'absence.

AFRAMUS.

Approche donc Licteurs, protégez cette enfant.

STELLA

Merci !

LE PEUPLE

Vive César vainqueur et triomphant I PROTOGÈNE, entrant avec ses premiers habits. Consul!

AFRAKIUS

Heinl Ah! c'est toi!

PROTOGÈNE

Pour un ordre suprême Donne-moi deux licteurs.

AFRANIUS

Prends-les.

Aux licteurs.

Comme à moi-même A l'ami de César que vous reconnaissez, Sans hésitation, licteurs, obéissez.

Protogi-oe prcnil les deux licteurs cl entre avec eux. aux bains. Le corlcgc coranacncc à défiler. Les soldats, portant les troplico, entrent les premiers; puis Incioiitus, le oIicTil de guerre de Ccsar , conduit par deux sénateurs; puis des enfans couronnes de roses, qui jettent des fleurs; puis enfin César, sur un char d'ivoirc et d'or, atlclc de quatre clicvanx hiancs conduits par le» Heures du jour et de la nuit. Derrière le char, 1m nrisonnicrs vaincus; derrière les prisonniers, les soldats,

LES HEURES DU JOUt., tenant des palmes d'or à la rnnin. l'ous sommes les Heures guerriérci Qui présidons aux durs travaux.

Qnand lîellonr ouvre les liarrière», Quand César marche à ses riviux , Kotre cohorte èchevelèc Ponue dans l'ardente tnék'c

T,a ruse fertile en de'tours ; Et 5ur la plaine, vaste tombe Où la moisson sanglante tombe Souriant à cette hécatombe, Nous plaçons avec les vautours.

LES HEL'RES DE LA MOIT< Nous sommes des Heures heureuac* Par qui le plaisir est conduit ; Quand les étoiles amoureuses Percent le voile de la nuit. Près de la beauté qui repose.

OEil entr'ouTcrt, bouche mi-close, \ ers un lit parfumé de roses , Nous guidons César et TAmour, l'.t là nous demeurons sans trêve Jusqu'au moment, où comme us révc.

L'aube naissante nous enlève Sur lu premier rayon du jour.

Un nuage descend et s'abaisse près dit char; Messalint parait en f'icloire, une couronne d'or à la main.

HESSALIMfi.

Et moi, Romains, je suis la Victoiie fidèle Dont la puissante main enchaîne le hasard, Qui tresse au conquérant la couronne immortelle, Et qui descend du ciel pour couronner César.

CALIGULA

Et maintenant, 6 lils et de Mars et de Rhée,

Peuple nourri du lait delà louve sacrée,

Vous pouvez contre tous Combattre impunément,

Il enlève Mcsinlinr de ton niUiKo cl In mrt près île lui sur

son cliar.

Car la Victoire a pris César pour son amant.

En ce moment , Prologènc sort pre'cédanl une litière sur laquelle estLopidus, étendu, recouvert d'un manteau. On ne Voit que Ses longs cheveux qui pendent mouillés, et un de ses bras dont l'artère saigne encore.

SABiNus, montrant le cadavre à Annius.

Lepidus!

ANNIUS

C'est le temps des courtes agonies CALiGiLA, au peuple. Au Capitole, enfans!

PROTOGÊNE.

Licteurs, aux Gémonies.

LE PEUPLE

Vive César!

STELLA, effrayée, à Aquila.

Regarde!

ANNIUS et SABINUS.

0 vengeance I

STELLA

0 terreur I

LE PEUPLE

Vive César! César est un grand empereur!

I.C3 deux cortèges se croisent; les chants rrcommcnceati Lu tuile tombe.

FIN DU l'ROLOOUE.

CALIGULA

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