SCÈNE IV
BDRIDAN, puit LANDRY.
BcninAR , leul.
Cestbien, va la rejoindre, et pcrdcz-vous Fun par l'autre ; c'est l>ien. Si Savoisy est aussi l«act qu'eux, il fera dc'tranyes prisonniers; maintenant une seule chose rne reste à savoir... ce que sont devenus ces deux malheureux enfants. Oh! si je les avals pour leur faire partager ma fortune et m'.ippuycr sur eux ! Landry sera bien fin si je ne |)arviens à apprendre de lui ce qu'ils sont devenus. Le voilà.
LAitonr.
Vous avez encore quelque chose à me dire , capitaine 7
BCniDiH.
Oli! <Un. Dis u)oi| combien faut il de temps
à ce jeune homme pour aller d'ici i la tour dt Nesie?
LANDRY
Vu qu'il ne se tiouvera pas de bateaux maintenant, il faudra qu'il remonte jusqu'au Pont-aux-Moulins ; c'est une demi-heure àpeu-prcs.
BL'niDA».
C'est bien ; mets ee sablier sur cette table ; je voulais rauserde noire ancienne connaissance, Lnnilrv, de nos guerres d'Italie; ajoute un verre et assieds-lui.
LAunnr.
Oui, oui, c'étaient de rudes guerres et un bon temps ; les jours se passaient en bataille el les nuits en or(;ie. Vous rappelez-vous , capitaine, les vins de ce rirhe prieur de Gênes, dont nous bi'inies jusqu'à la dernière goutte, ce couvent de jeunes hlles dnni nous eidev.imes jiis(|u'à la dernière nonne? Toutes ces clioses sont de joyeux souvenirs, mais de gros péchés, capitaine.
BUniDA:*.
Au jour de la mort on nictlra nos pccbés d'un côté de la balance et nos botines actions de i autre : j'espère que tu as fait assez provision de ces dernières pour que le bassin I emporte ?
LANDRY
Oui, oui, j'ai bien quelques oeuvres méri~ tantes, et dans lesquelles j'espère....
( Us boivent. )
BtniDA!'.
Raconte-les-moi, cela m'édifiera.
LA^DnT.
Dans le procès des Templiers qui a eu lieu au commencement de cette année, il manquait un témoin pour faire triompher la cause de Dieu, el condamner Jacques de Molay , le grand -maître ; un digne bénédictin jeta les yeux sur moi, et me dicta un faux témoignage, que je répétai saintement mot à mot devant la justice, comme s'il était vrai; le surlendemain les hérétiques furent brûlés, à la grande gloire de Dieu el de notre sainte religion.
BuninAN.
Continue, mon brave ; on m'a raconté une
histoire d'enfants...
( Ils boivent. ) i,A:<nRT.
Oui, c'était en Allemagne; pauvre petit an(;e ! j'espère qu'il |>rie là-haut pour moi, celui-là. Irnaginez-vous, capitaine, <]ue nousdunnions la chasse à des nuhi'niiens, qui sont, comme vous savez, païens, idolâtres et inBdèles ; nous traversions leur village qui était tout en feu. J'entends pleurer dans une ciaisun qui brûlait, j'entre; il y avait un jiauvre petit enfunt de Duhèmc, abandonné. Je cherche .jutour de moi, je lrou\e de I eau dans un vase;