SCÈNE V
Les mêmes, JACINTHE, ANGÈLE . sortant de la porte à droite . habillée en paysanne aragonaise.
JULIANi).
Que Tois-je? quel minois charmant !
Tous.
Quelle est donc cettp bcUc enfant?
JACINTBE à Juliano.
Aux autres. C'est mo nièce ! Oui, je suis sa tante :
A Julianu.
Vous savez que nous l'attendions 1
TOUS
C'est une admirable servante Pour un ménage df g:irçons !
iNEsiLLE, faisant la révérence.
Ah ! me>;«eigneurs, c'est trop d'honneur Bas, à Jacinthe.
Ah ! j'ai bien peur ! ah ! j'ai bien peur ! JACINTHE, bas, à InésxUf.
Allons I courage !
JCLIANO.
Et son nom?
JACINTHE
Inésille!
E.NSEMBLE.
JCLIASo et LE CHOEIK.
La belle fille 1 Qu'elle est gentille!
Et qu'Inésille Offre d'attraits !
Quoique ignorante.
Elle m'enchante, Et pour servante Je la prendrais !
JACINTHE, à part.
La belle fille!
Qu'elle est gentille I Mon Inésille Leur plaît déjà 1 Jeune, innocente.
Elle e~t cliarina:it«l Et moi, sa tante, Surveillons-la !
INÉSILLE.
J' vois qu'Inésille, La pauvre fille!
J' vois qu'Inésille Leur coiivi.'ndrait !
Quoique ignorante, Je les enchante.
Et pour serrante On ûie prendrait!
JCLIANO.
Premier covplet.
D'où venez-vous, ma chère?
INESlLLB.
J'arrivons du pays !
JCLIANO.
Et que savez- vous faire ?
IIES'ILE.
J' n'ons jamais ri' n a|>i>risl
Jl'l lA.NO
D'une âme généreuse Nous vous formerons Ions!
INÉSILLE, regardant Jacinthe.
Ah ! je fus liien hcureu"e 1)' poiivuir Mtilr'T riiez vnin I Dans cette maison que j'honore
Fui'sant Iti référence.
Etre admise est un grand i-laisir...
A part. M»is j'i'n aurai bien plus encore Sitôt que j'rn pourrai sortir !
JL'I.UNII.
Deurxème roupUt.
Voua feles douce fi '•afie I
INé^lLLE.
Uucun Toui U dira 1
jLLiANn , lui prenant la main.
Vous n'êtes point sauvage?
INESILLE.
Sauvag' qu'est-ce que c'est qu'çaî
JDI.IANO.
En fidèle servante.
Ici vous resterez.
INESILLE.
Si je vous mécontente ..
Dam! vous mi" renverrez!...
Car danse' te maison que j'honore, Faisant la rérérence.
Demeurer est un grand plaisir!...
A nart.
Mais j en aurai bien plus encore Sitôt qu'- j'en pourrai sortir!
JACiNTUE, se mettant entre eux et s'adressant >i
Inésille.
Allons! c'est trop jaser!... oui... finissons, de grâce! Il faut qu'ici le .service se fasse!
JULIANO
C'est juste!... apporte-nous Xérès et Malaga!
JACINTHE, à Inésille, qu'elle prend par le bras. Allons! descendons à la cave!
INÉSILLE, effrayée.
A la cave!...
JULIANO
Je vois qu'elle n'est pas trop brave!
TOUS
Chacun de nous l'escortera !
JACINTHE
Non, messieurs, non ; je suis plus brave, Sa tante l'accompagnera !
Allons!... venez cherciier... Xérès et Malaga I ENSEMBLE.
jui.uNu et le CHOEUR.
La belle fille!
Qu'elle est gentille!
Qu'Inésille Offre d'attraits!
Quoii|uc ignorante.
Elle m'enchante.
Et pour servante Je la prendrais !
JACINTHE
La belle fille !
Qu'i'lii' est gentille!
Mon Inésille Leur plaît déjà !
Elle e~t rhaniiauti Et ravissante, Et moi, sa tante, Surveillons-la.
INÉSILLE.
Mais Inésille, La pauvre fille !
Mais Inésille LfS séduirait!
Quoique ignorante, Je les enchante; F.i pour servante On me prendrait !
Jacinthe sort en ernmenant Inésille par la seconde po'ie à gauche (■/ui mhie duns l'intérieur de la maison.
SCRiNE VI.
Les mêmes, JULIANO. puis IIORACK.
JULIANO
Elle est vraiment tré-s-l-icii. la pciite .4ra{,Mnaise, rar elle vifiil d Arnjfon ; cl il ol heurcin pour cllo qu'elle suit iiiiiilii'c iinii.> nn«> iiihI.soii Comme Li mienne, une m<ii>on lraiii|uille... un homme seul... 1 /-e.t rtf/iiidant.) PiiS .iiijourti hui du mniris, (Sereiournanl et apircei nnl iloiare.) th ! arrive dmc. m..ii cher ami, j axai» uiiC iiiipatience de te voir!...
HURACB.
Et moi aufti
LE UOMINO NOIR.
JUi.iANo à ses romnagnons.
Messieurs, voici des rigareUes,et si vous voulez,
en niteiid.int le souper...
Le' jpiine< gons se fonnpnt rlans l'appartement en difTérenls ffoupps, ranspnt on allument des cigares aii>>>ur du brasero pendant que Juliaoo amène Horace sur le devant du théâtre.
JUI.IANO.
Eh bien, tout a été à merveille, et je ne sais pas comment lu t'y es pris, car j'ai eu peur un moment... Ce lord Klforl voyant que notre conducteur se p rdait et prenait le plus lon^, a voulu lui môme monter sur le siège... J'oubli.iis que les Anglais étaient les premiers rochers d'Europe, et en un instant, nous avons été à son hôtel, où je tremblais en montant l'escalier.
HORACE
Tu étais dans l'erreur.
JULIANO
Je l'ai bien vu, et j'ignore comment vous avez fait, toi et mylady, pour rentrer avant nous; mais elle était dans son appartement, elle dormait.
HORACE
Tu te trompes.
iVLUSO.
Je le crois bien, elle faisait semblant.
HORACE
Mais non, mon ami, ce n'était pas elle, et la preuve, c'est que je suis resté une demi-heure encore avec mon inconnue, qui s'est enfuie au moment où minuit sounait à toutes les pendules.
JULIA\0
Laisse-moi donc tranquille.
HORACE
Et nous avons fait un joli coup, tu peux t'en vanter. 11 parait, mon ami, que nous l'avons perdue, déshonorée, et elle voulait s'aller jeter dans le Mançanarès.
JULIANO
Ah ça, quand tu auras fini ton histoire...
HORACE
C'est la vérité même, je te l'atteste ; je me suis précipité sur ses pas, je l'ai rejointe au bas du grand escalier, je la retenais par le bras, lorsque, dans ses elïorts pour m'échapper, s'est détaché un riche bracelet que j'ai voulu ramasser, et pendant ce temps elle s'était élancée au dehors... et là, disparue... évanouie comme une ombre... Vingt rues différentes... laquelle avait-elle prise?
JULIANO
Ecoute, Horace, si tu me prends pour dupe, si tu veux t'amuser à mes dépens...
HORACE
Mais non, mon ami; voilà ce bracelet, regarde plutôt.
JULIANO
Il est de fait que je ne l'ai jamais vu à mylady; mais à son élégance, encore plus qu'à sa richesse, il doit appartenir à quelque grande dame. Nous avons ici le jeune Meichior qui doit se connaître en diamants; il ne sort pas de chez le joaillier de la cour, à cause de sa femme qui est charmante.
( À Mflchior. ) Mon cher Meichior, Horace voudrait vous parler.
uoRACR, le prenant à part.
Connaltriez-vous par hasard ce joyau?
tlRLCUlUK.
Certainement! on l'a vendu dernièrement de« Tant moi.
HORACE
A qui donc?