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SCENE IV

ANGÈLE, entr'ouvrant la porte à droite.

Elle est en domino noir, pâle et se soutenant à peine. Elle va fermer au verrou la porte du fond. RÉCITATIF.

Je suis sauvée enfin 1... le jour venait d'éclorel Il était temps. .

Se jetant sur un fauteuil.

Ah ! re<<piroiis un peu.

J'ai cm que j'en mourrais...

Se levant brusquement.

, Qu'ai-je entendu, raoD Dieu l

Won, ce n est rien... j'y croyais être encore. Elle se lève et jette sur le fauteuil qu'elle vient de quitter le trousseau de clefs qu'elle tenait à la main. Ain :

Ah ! quelle nuit!

Au moindre bruit Mon rreur trpmhle et frémit I Et le son dp mes pas M'pfTrave, hélas !

Soudain j'entends Fusils pesants Au loin retprilissants...

Et puis qui vivp? Holàl Qui marche là?

Ce sont iIps soldats un peu gris Par un sprgput ivre conduits.

Sous un "^ombrp portail soudain je me blottis, El gràpp à mon domino noir On pa'»sp sans m 'a perce voir.

Tandis rme mol, Droite, immohilc et mourante d'effroi, En mon rmur jp priais,

Et je disais:

O mon Dieu ! Dieu pnîisant Sfliivf-riioi (!•■ tout a< i idp..t, Sanv l'honneur du couvent Ils sont partis.

Je me hasarde, et m'avance, et béaàa Mais voilà qu'au détour D'un carrefour S'offre à mes yeux Un inconnu sombre et mystérieux.

Ah ! je me meirs de peur, C'est un voleur 1 Il me demande, chapeau bas, La faveur de quplques ducats; Et moi d'un air poli je lui disais bien bas: Je n'ai rien, monsieur le voleur; Qu'une croix de peu de valeur I Elle était d'or.

Croisant ses bras sur sa poitrine.

Et de mon mieux jp la cachais encor... Levolpur, malgré ça, S'en empara.

Et pendant Ce moment :

O mon Dieu 1 disais-je en tremblant, Sauve l'honnpur du couvent!

En cet instant Passe en chantant Un jpune étudiant!

Le voleur à ce bruit Soudain s'enfuit. Mon délenseur Court près de moi... Calmez votre frayeur, Je ne vous quitte pas, Prenez mon bras.

— Non, non, mon^inur, seule j'irai...

— Non, sennra, bon gré, mal gré, Jusqu'en votre logis je vous escorterai.

— Non, non, cessez de me presser.

— Il le faut... je dois vous laisser.

Mais un baiser, Un seul baiser!

Comment le refuser?

Un baiser... je le veux.M 11 en prit deux!

Et pendant Cp moment, 0 mon Dipu! disais-je en tremblant, Sauve l'honneur du couvent I

Mais je suis, grâce au ciel, à l'abri de l'orage ; Je n'ai plus rirn à craindre en ce pieux réduit. Et je ne sais pourtant quelle fatale image Jusqu'au pied des autels m'agite et me poursuit.

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