‹ Pièces de théâtreChapitre 702 sur 1093 · OLIVIER , LE CAPITAINE ROLAND · texte numérisé non relu

OLIVIER , LE CAPITAINE ROLAND

OLIVIER, apercevant Athénais.

Qu'ai-je vu ! [Il lui fait tm salut respectueux, ^Jlhénaïs le lui rend avec émotion, puis s" enfuit vivement.)

r.oi.AND, entrant, et examinant Olivier.

Eh ! bien , mon jeune ami, qu'est-ce qu'il t'arrive?te voilà tout pâle!

OLIVIER

Ce n'est rien, je vous jure !

ROLAND

Par la mordieu ! serait-ce l'effet de l'engagement que tu viens de prendre?

Ol.lVlliU.

Non, capitaine, non... quoique cet engage ç.ment soil une chose déplorable, et que sans

LES MOUSQUETAIRES DE L\ REINE

vous, pcut-tHre, sans votre manie de faire bat-^ tre les gens; je pouvais facilement éviter!

nor.AND.

Mille arquebuses! voilà un reproche qui m'est sensible !.. écoute-moi, mon j)ctit! j'ai promis à ta noble mère de veiller sur toi en toute occasion... mais sur ton honneur avant tout!

OLIVIER

ïïhîquel honneur y a-t-il, s'il vous plaît, à fcrailler avec un sot, comme ce Guébriac .. un (ifiicier des 2;ardes du cardinal... fanfaron , gueux ef menteur, qui n'a pas voulu me céder le pas pour entrer chez la Heine, où mon service m'appelait... eh! que m'importait au fond, qu'il entrât le premier ou non ;■".. vous l'arrêtez à la porte .. vous lui certifiez qu'il m'insulte... et de là une provocation, un duel convenu devant (émoins... des gages de combat, échanges par vous, entre lui el moi... ma croix de Jérusalem, à laquelle je tenais très fort, contre son nœud d'épée dont je me soucie fort peu !

nor.AND.

Sang et mort! disputer le pas à l'héritier d'im des plus beaux noms de France ! au fils do l'illustre comte d'Entragues! l'ami du grand roi Henri, et le mien!., à foi, que j'aime comme j'ai aimé ton père... mais tu ne le crois pas, ingrat !.. et quand je veux que tu te poses en brave à la cour, que tu donnes ou reçoives un bon coup d'épée... tu doutes de ma tendresse pour loi !

OMMEIÎ.

Allons, mon braxe capitaine, on se battra, puisque vous le jugez nécessaire... mais j'aurais mieux aimé un autre adversaire. . un grand seigneur. . un prince... le prince de Lorraine, par exemple !

IlOL.VNn.

l'n prince royal ! comme tu y vas!

OLIVIER

t)li ! celui-là surtout, ((ui va me rendre le plus infortuné des honmies !

nOLANI).

Toi, et comment.'

OLIVIER

C'est mon secret !.. mais a|)res tout, je ne puis (!n avoir pour vous... une nouvelle ([ue je viens d'apprendre... il revient, dit-on de l'iandre.s, [)Our épouser une personne f|iie j'adore... mademoiselle Athi-naïs deSolange!

noLAM).

la nièce du Cardinal

Malheureux !

y va de fa léte!

OLIVII.R.

Eh! qu'importe ! serait-ce trop payer de la vie, un regard, un mot de sa bouche!

ROLAND

Elle ne t'aime donc pas ?

OLIVIER

Elle!., y songez-vous! Dieu m'est témoin que je n'en ai jamais eu la pensée, ni l'espoir!

ROLAND

.Alais au moins, connait-cllo ton amour ? .

OLIVIER

Non ! sur mon honneur, sur la vie de ma mère!... et pourquoi le lui aurais-je laissé voir!., moi, pauvre gentilhomme qui n'ai rieo à lui offrir... Oh ! je sais ce que vous allez me dire .. ^bjn oncle, le duc de .Montbaret... mais, est il sur qu'il me laisse sa fortune et son titre?., n'a-t-il pas d'autres neveux! .

ROLAND

C'est vrai !

OLIVIER

Kt puis, d'ici là, ne sera-t-elle pas mariée ?

ROLAND

C'est encore vrai ! mon pauvre Olivier, mon enfant... ton chagrin est le premier de ma vie!

Silence ! voici Hector ! pas un mot sur mon secret... car il n'y a que vous et Dieu qui le sachiez au monde!

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