‹ Pièces de théâtreChapitre 740 sur 1093 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

OLIVIER, ATHÉNAIS.

Ol.IVItU.

La voici !

ATHÉNAÏs, entrant avec lapins vive émotion.

C'est lui!... ah! je me sens mourir de trouble et de joie !

OLiviKR, tombant aucc genoux d'Jthénais.

Enfin, je vous revois, Mademoiselle... et pour la première fois, depuis la cruelle scène qui s'est passée, on me permet de tomber à vos pieds, de vous parler de mon amour, de ma reconnaissance, et en même temps, de mes regrets et de mon désespoir !...

ATHÉNA'is.

Monsieur le Duc... Olivier, plus de ces i)aroles de douleur entre nous .. notre excellente Reine, et ma imère surtout!qui priait là-haut jiour moi, ont fléchi le cœur du Cardinal. . il nous pardonne... il nous unit aujourd'hui, ce soir même...

OMVIEU.

Mais ce mariage qui comble mes vœux les plus chers... ce mariaçe qui devrait me donner ini bonheur auquel je n'osais pas même songer... il sera pour moi une cause éternelle de chagrins et de remords !

ATHÉNAÏs.

Que voulez-vous dire?

OLIVIER

Ne le payons-nous pas au prix de ce que vous avez d<' plus cher au monde, Athcnaïs .. de votre gloire, de votre honneur !

ATIIKNAÏS.

Qu'importe? puisque je ne regrette rien... et d'ailleurs, devais-je vous laisser condamner, })6rir... mais j'en serais morte, Olivier .. morte avec vous... le même coup nousiuu.iit frappés tous les deux ..

OLIVIER

Ah ! mieux valait cent fois me laisser subir m»»n sort , que de vous voir, vous, ange de pureté, de candeur , là, devant tout ce monde

'i' avide de scandale... la honte sur le front, pi noncer ces mots odieux, dont la seule pen> me déchire le cœur...

ATHÉNAIS.

Mais ce que j'ai dit, je devais le dire, (! vier... en parlant ainsi, je n'ai fait que ni devoir... et ne vousaurais-je pas aimé com; je vous aime, fallait-il vous laisser pci quand je pouvais vous sauver, en disant vérité!...

OLIVIER, à part avec stupeur.

La vérité!...

ATHÉNAÏS , continuant.

Dans cette nuit funeste , au moment < ce duel , à minuit , enfin , n'étiez-vous p près de moi?

OLIVIER, avec une agitation croissante,

A minuit, que dit-elle ?

ATHÉNAÏS

Ah ! ce fût un grand tort de vous recevoi j'en conviens... mais depuis le jour, où cacl dans le parc, vous aviez surpris le secret ( mon amour pour vous... malgré vos lettres tendres, si pressantes, pour obtenir ce rende vous, n'avais-je pas toujours résisté?... quand vous me menaciez de vous tuer si vous refusais de nouveau... dites, Olivia dites... pouvais je hésiter encore !..

OLIVIER, à part.

0 mon Dieu !...

ATHÉNAÏS

Pendant cette heure d'entretien... l'uniqi de notre vie... lorsqu'au milieu de l'ombr entouré de danger, vous m'exprimiez dur voix faible et tremblante, un amour, dont poi la première fois j'entendais les tendres aveu? {haissanl les yeux et à mi-voix) qiumd j'. senti vos bras prêts à m'at tirer sur voti cœur... si je vous ai fui aussitôt, Olivier... c'e que moi-même je me craignais... j'avais pei de ma tendresse pour vous...

OLIVIER, à part avec indignation.

Plus de doute... un autre à ma place.

DUO

OLIVIER, avec îtne colère concentrée.

Trahison ! perfidie !

Infamie !

ATHÉNAÏS

Tout n'était que douleur!

Et regrets et S(uiffrance, Aiijourd'liin respérance Vient ranimer mon coeur!

oi.iviiiR, ri part.

Ah ! pour moi la vengeance !

Oui, voili» de mon conir r.l la seule espérance ( El lunique bonheur!

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