SCÈNE IX
HECTOR, puis BERTHE.
HECTOR
l'en est fait ! tout est arrêté, convenu... et la ière du capitaine se chargera du, reste. . je onnais... elle s'en acquittera en conscien- .. {s'asseyant à une table à droite et s"aptant décrire) maintenant quelques mots à der... et qu'il sache que si j'ai compromis repos et son bonheur , je n'ai pas hésité )nner ma vie pour les lui rendre !
RTHE, entrant pendant qu^ Hector écrit.
Infin, le mariage est officiel... M d'Entras est nommé capitaine des mousquetai- ... le cardinal lui rend ses bonnes grâces... je viens d'embrasser Athénaïs... comme est heureuse!... et comme une toilette de :-iée vous embellit... je voudrais bien savoir ela me ferait le même efi"et! {apercevant ',tor) M. de Biron !
HECTOR, se levant.
Jademoiselle de Simiane !
BERTHE , l'examinant.
ih ! mon Dieu ! Monsieur, comme vous avez r ému I
HECTOR
]e n'est rien, Mademoiselle... le bonheur vous voir, peut-être !
BERTHE , riant.
ist-ce que le bonheur donne cette figure- 1 ... qu'est-ce que vous ferait donc le chajn?
HECTOR
l^h bien! c'est plutôt le chagrin... car en lis apercevant, je me disais que peut-être , ' tait pour la dernière fois !
Que de bonté
HECTOR
BERTHE
C'est tout simple., n'êtes-vous pas mon chevalier! . mais j'ai une idée... écoutez-moi, Alonsieur... je suis un peu superstitieuse... ne riez pas... j'ai bon espoir... et je pense que ce que vous savez bien... ce que je vous ai donné , vous portera bonheur et vous protégera dans le danger !
HECTOR, surpris.
Moi, Mademoiselle!., vous m'avez fait un
don?...
BERTHE
Il ne s'en souvient môme plus... ah ! c'est affreux , Monsieur !
HECTOR
Si fait, Mademoiselle... comment donc...
tout ce qui vient de vous est si cher, si précieux... {àpart) qu'est-ce que ça peut être !
BERTHE
Et pourquoi ne la portez vous plus. . là, à votre bras., comme vos camarades ?
HECTOR
Là. . à mon bras... {se rappelant) ah ! mon écharpe... présent charmant , adorable... {à part) qu'est-ce que j'ai donc pu en faire?
Voyons , Monsieur, répondez... où l'avezvous mise ?
HECTOR, avec embarras-
Sur mon cœur, Mademoiselle... elle y était, elle y serait encore... si je ne l'avais serrée, cachée... avec tant de précaution... de soin...
BERTHE
J\Iais vous la reprendrez... vous ne la quit- (;^.terez plus... à la guerre surtout !
LES MOUSQUETAIRES DE L\ REINE
HECTOR
Jamais, Mademoisello , jamais !
BtnTHE.
S'il en est ainsi , je ne vous en veux pins, et c'est vous qui me donnere/. la main pour aocompagner Athénaïs a l'autel ..
HECTOR
Moi, Mademoiselle, je le voudrais... mais ce bonheur là ne m'est pas permis .. il laul que je parte... aujourd'hui même, ou m'attend...
BERTHt.
Partir! le jour du mariage de votre ami .. sans le voir?...
Je ne le puis... à mon grand chagrin... mais là, dans ce billet, je lui adresse mes adieux... et même, ai j'osais...
BERTHE
Osez , Jlonsieur !
HECTOR, lui donnant sa lettre à Olivier.
Vous prier de vous en charger, pour le lui remettre... mais dans une heure seulement .. s'il l'avait avant, on voudrait peut-être m'empêcher de partir. . s'op|)oser à un devoir d'honneur qu'il faut remplir... et pour lequel je suis déjà en retard...
BKRTHr;.
Partez donc , Monsieur, partez vite .. puisqu'il s'agit d'honneur, de devoir .. je ne vous retiens plus...
HECTOR, avec vnevive émotion.
Oui, d'un devoir bien rigoureux, bien cruel... et je ne croyais pas, il y a quelques instants , qu'il fût si pénible à remplir.
BERTHE, avec sentiment.
Vrai, Monsieur, vous pensez cela... bien vrai?...
HECTOR, de même.
Ah! sur ma vie... sur tout ce qiie j'ai de plus cher au monde... eh! tenez, je vous quitte, car je sens que tout-à-l'heure , dans un moment peut-être, je n'en aurais plus la force, ni le courage !
T.c courage! ah! .Monsieur, ne me parlez pas ainsi .. car alors, c'est jieul-êtrc moi (pii en manquerais...
Hi:CTon, à part.
Qu'entends-je!.. ce tendre intérêt... el mourir maintenant!., ah! c'est dommage !..
Qu'ave/-\ouK ?
BERTHE
HECTOR
Uion.ricn... adieu, Mademoiselle, adieu !(// sort par le fond.)
' BERTH E , le regardant sortir.
Pauvre jeune homme! comme il m'a <| cela... comme sa voix tremblait... j'épron une émotion. . ah! je sais bien pourquoi c'est quemalgré moi, sans le vouloir, (bajssa, /atoj.r) je crois (pie je l'aime... oli! mon l)i( j si Ton m'avait entendu, et le laisser pai î sans le revoir encore... {On entend au fo j une musif/ite militaire.) non, non. . cette j l)a(ie au nouveau capitaine (indj^aa/if /a dr fc) attire tout le monde de ce côté.. (.Von/rc le fond) et de cette terrasse je puis laper voii- encore... et ])uis. il l'a dit. . c'est pei être pour la dernière fois... {Elle monte sur terrasse du fond d'où elle est censée Vi lledor dans le parc.)