‹ Pièces de théâtreChapitre 749 sur 1093 · ACTE m, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE X

BERTHE , s" ambiant. '

Tue écharpe... (jelant un cri) aii ! mon Dieu !

oi.iviiii;.

Oii'avez-vuiis?

BKRTHE , exoiniiianf l'êchnipe.

Mais non , je no me trompe pas... ceîle pen- :<('(> brodée... c'est cela... c'est son écharpe... comment, Monsieur, il vous l'a donc donlée?

OMVIEP..

K\plique'/:-vous, de grâce !

BEUTHE.

Ah ! c'est affreux à lui... quand, là, tout-àriieure encore, il m'assurait qu'il l'avait serrée si précieusement !

OI.IVIEU.

Au nom du ciel ! de qui parlez-vous?

mm HE.

Mais de lui , de votre ami... de M. de Bironl

OI.IVIEU , jetant un cri.

Hector ! lui ! c'est impossible!

BF.UTHf.

Mais si fait... je la reconnais!

OLIVIER

Cette écharpe est à lui, dites-vous?

BERTHE

Mais sans doute , c'est moi qui la lui ai lonnée , dans le parc... et qui ai brodé cette 'leur à son intention.

OLiviLii, avec fureur.

Hector ! ah ! c'est indigne...

BERTHE

A"est-ce pas. Monsieur, que c'est indigne, ^ue c'est affreux à lui !

OLIVIER

\jn ami... le seul que je n'aurais pas soupçonné... quelle trahison !

Oui , Monsieur, c'est une trahison qui ne mérite pas de pardon !

OLIVIER

Le pardon î oh ! non |)a?.. c'est sa vie qu'il ■no faut...

quand il connaissait mon amoiu' ma passion pour Athénaïs...

BERTHE

Comment, votre passion... mais je lu; vous cumprcuds plus...

OLIVIER

.\on. Mademoiselle, non... avec une âme généreuse , a\cc un cœur tel que le vôtre, on ne peut compiendre un pareil trait... mais de sa pail, à lui, ([ue j'aimnis comme lui frère... ah ! c'est iulAnie !

libliTIlK.

Mais au nuui du ciel , (ju'a-l-il fait ?

OLIVIER, avec douleur.

Ce qu'il a fait, Jlademoiselle? il a voulu mê ravir ce que j'avais de plus saint, de plus précieux sur la terre !.. un bien dont il savait que la perte me ferait mourir... et pendant qu'il me trompait, qu'il me trahissait... sa main serrait la mienne... et il m'appelait son ami.

UERTHE.

Ah ! je n'ose croire h de pareils torts de la part de M. de Biron , quand tout-à-l'heure encore il semblait désolé de s'éloigner sans vous revoir...

Lui!..

Oui, Monsieur, et j'en ai la preuve... uiiù lettre pour vous, que je ne devais vous remettre que dans une heure...

Une lettre!..

OLIVIER

BERTHE

BERTHE

Sa vie... ah ! c'est trop fort... si l'on luail ïinsi tous les infidèles , ce sérail un massacre général à la cour.

OLIVIER , avec douleur.

Mais je vous vois si désolé, si furieux , que je n'ai pas le courage de la garder plus longtemps... eh! tenez, Monsieur... tenez... la voici...

Qir\iEn, prenant la lettre.

Que peut-il me dire ? {lisant) « Olivier, ne « cherche plus celui qui t'a offensé... c'est « moi... mais je te jure sur l'honneur que <' j'ignorais ton amour quand j'ai commis la « faute que tu me reproches... tu veux t'en « venger et tu as raison... mais comme un " duel entre nous est impossible... je viens de « provoquer le capitaine Roland , dont lei • coups sont toujours mortels...

BERTHE, avec effroi.

0 ciel !

OLIVIER, continuant.

« puisse le sacrifice de ma vie expier ma « faute à tes yeux et m'obtenir ton pardon, '■ ainsi que cehii de l'ange de vertu que tu « vas épouser... je me rends de ce pas sur les « remparts... et quand lu recevras ce billet, In Ici affront , ime si cruelle perfidie. o?" je n'existerai plus! «

LES MOLSQLEiAlKES DE LA REINE.

BERTUE, avec désapoir.

Mort ! lui ! M. de biron !

OLIVIER

Qu'ai-je lu !

BERTIIE.

Ahljedevino tout maintenant... Sesadieux, sadouleur, en mo quittant .. c'était pour vous., pour vous qu'il allait mourir I

OLIVIER

Mourir !,..

BERTBE.

Ah ! Monsieur ! s'il reste encore quelque pitié dans votre cœur... sauvez-le... la mort est là, qui sapprète... qui va frapper... grâce pour lui. .Monsieur, songez à votre désespoir , si vous étiez menac '■ de perdre celle que vous zimez... {avec effort) eh l bien, moi aussi je l'aime ! et c'est a genoux que je vous demande sa vie .'...

{Elle tombe aux genoux d'Olivier.)

OLIVIER, la relevant avec une vive émotion.

Sa vie ! mais je ne veux pas qu'il meure , moi!...

BERTHE, avec joie.

Vrai Monsieur ! {frappée d'une idée ) Mais j'y songe... dans un moment peut-être.,.

oLiv.ER, de même.

11 ne serait plus temps... (se dirigeant avec Berthe vers le fond.) Courons vite!

EERTHE , jetant un cri en voyant la porte du fond s'ouvrir et Roland paraître.

Ciel ! trop tard !

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