ROSE, SATURNIN, STÉPHAN
STÉPHAN. J'étais bien sûr que la belle veuve ne son<^eait pas à moi !
ROSE, timidement. Est-ce qu'elle vous plairait, monsieur Stéphan ?
STÉPHAN. Elle!... Je n'y ai jamais pensé, je te le jure !
ROSE, à part, avec joie. Oh ! tant mieux I Il y a de l'espoir!,..
SATURNIN. Et moi, je ne serais pas si difficile... car enfin il me faut une femme à tout prix.. . La milice m'empêche de dormir... ou quand je dors, j'ai d'affreux cauchemars... je crois toujours entendre le bruit de leurs maudits tambours. {Écoutant.) Ah! mon Dieu! Qu'est-ce que c'est ça? {On entend tme marche dans le lointain.)
STÉPHAN, écoutant. On dirait une marche militaire !
■ SATURNIN, tombant assis. Ce sont eux ! Les recruteurs... je suis perdu î Je suis mort... Je suis enrôlé!
LE VAL D'ANDORRE
STÉPHAN. Ehf non, c'est quelque régiment qui traverse la vallée !
ROSE, à Stéphan. Ah ! monsieur Sléphan, si c'était eux !
STÉPHAN , avec agitation. Que Dieu nous en préserve, raon enfant !
ROSE, écoutant. La marche s'éloigne 1
STÉPHAN. Je cours au hameau... sur la colliiie... de là Je verrai... je découvrirai de plus loin dans la campagne... Adieu, Rose, adieu... et fasse le ciel que ce siit une fausse alerte ! (// sort vivement par la gauche.)
SATURNIN. Kt moi aussi, je voudrais courir, mais l'émotion me descend dans les jambes!
ROSE. On n'entend plus rien !
SATURNIN. Dieu soit loué!... Je revis!... ROSK, apercevant Lejoyeux et l'Endormi, qui entrent par le fond.
Les voilà!...
SATURNIN, avec épouvante.
Je remeurs!...