MORCEAU D'ENSEMBLE
LEJOYEUX, e7itrant, à Saturnin.
Allons, mon brave, allons, voilà le jour de gloire. Il faut vous conduire en héros.
SATURNIN
.laraais je n'avais vu tant boire.
Il aurait vidé trois tonneaux !
Sur la dernière ritournelle du chant, Stéphan et tous les habitants du village entrent en scène, et l'on fait les apprêts du tirage.
Li£JOYEux, après un roulement de tambours. Jeunes guerriers, par un bonheur insigne.
Chacun de vous me semble digue
De s'enrôler sous mon drapeau!
Je n'accfpte que quinze braves
Pour contingent de ce hameau !
A votre zèle ardent il faut donc des entraves. Ne m'interrompez pas... Au fond de ce chapeau Des billets noirs ou blancs sont placés par moi-même. Tous les noirs partiront... Mais, 6 douleur extrême ! Les blancs seront exempts. Je comprends vos regrets, Mais tels sont de la loi les suprêmes arrêt».
LE VAL D'ANDORRE
ENSEMBLE
SATUr.NIX.
Une terreur profonde S'empare ici de moi, Et je sens qu'en ce monde On peut mourir d'ellroi !
Dans le choix redoutable Qu'ordonne le destin, Dieu, sois-moi favorable.
Et viens guider ma main.
ROSE
Une douleur profonde Me fait mourir d'effroi.
Nous vivions loin du monde, Nous ignorions leur loi 1 Dans le choix redoutable Qu'ordonne le destin.
Dieu , sois-lui favorable, Et viens guider sa main.
STÉPHAN
Dans ma douleur profonde, r.lon cœur frémit d'tllroi.' Si j'étais seul au monde.
Je subirais leur loi 1 Mais la cliance ennemie En m'accablant soudain, D'une mère chérie Peut trancher le destin !
LES PAYSANS
Une douleur profonde Nous fait frémir d'effroi, Nous vivions loin du monde, Nous ignorions leur loi 1
LEJOYELX.
De leur crainte profonde.
Ah 1 je ris malgré moi ; Mais le sort nous seconde.
Pour l'honneur de la loi.
l'endormi, qui a compté les hommes inscrits sur la
liste.
Tous les hommes inscrits sont présents, les voici.
LEJOYEUX.
Rangez-vous tous...
A un Villageois, lui nwntrant le chapeau que jrré-
senle le sergent.
Approchez, mon ami î
Le Villageois s'avance et tire un billet blanc qu'il
déploie.
TOUS
11 est exempt, il est exempt.
Ah 1 quel heureux commencement I
LEJOYEUX.
C'est fort mal commencé, vraiment I A un antre. A vousl...
TOLA, avec chagrin.
Il Cït tombé I...
LEJOYEUX.
Tambour, ua roulement !
C'est un brave de plus pour notre régiment. A un autre.
A vous !...
TOUS, le désignant avec chagrin.
Il est tombé !...
LEJOYEUX, à un autre qui s'approche.
Continuons !...
Il désigne le Villageois qui tire un billel noir.
Très-bien ( Homme superbe!...
A Saturnin.
A vous, morbleu, ne craignez rien De vous voir parmi nous je me fais une fête!
Allons, tambour, que l'on s'apprête !
A Saturnin, pâle et tremblant.
Avancez donc!...
SATURNIN, d'une voix faible.
De terreur je suis mort.
Je ne pourrai jamais lever le bras.. .
LEJOYEUX.
Au se
Que l'on tire pour lui !.
Ça ne doit pas se faire.
Je veux tirer moi-même... après une prière A saint Saturnin, mon patron!
LEJOYEUX.
Mon joli cœur, c'est par trop de façon ! Finissons-en!...
SATURNIN
Voilà!...
Mettant la main au chapeau et tirant un billt Grand Dieu! mon œil est trouble.
Je n'y vois plus... ou plutôt j'y vois double...
Donnant le billet au sergent l'Endormi.
Est-ce blanc?... Est-ce noir ?.,.
TOUS
C'est blanc! Il est exempt!
SATURNIN, tombant dans les bras de Lejoyeux. Ah! je me sens mourir d'un doux saisissement !
LEJOYEUX.
Tant pis,., vous auriez fait un grenadier de taille.
SATURNIN
Non, je n'ai pas vraiment de goût pour la bataille. Je suis né pour l'amour, le repos, le bonheur I
LEJOYEUX.
Pour les troupes du roi, d'autres auront du cœur! Aux jeunes gens.
Avancez, mes enfants!...
TOUS, à mesure, tirent des billets blancs ou noirs. Tombés I...