SCÈNE XIII
THÉRÉSA, puis LEJOYEUX. i
THÉRÉSA, désignant Jacques. Que craintil donc de moi!... Ah! le crime de ceil< jeune fille serait-il prouvé .... ce n'est pa: moi qui voudrais la déshonorer, la perdre., une jeune fille, un enfant!... Oh ! je n'a pas le cœur si cruel... en ce moment surtout.. . où je puis être heureuse.. . où je pour-' rai tout avouer à Stéphan... où tout en me plaifi;nant... il peut m'aimer encore peut-être, et me donner sa foi!...
LEJOYEUX, entrant et voyant Thérésa, à part. F,a belle fermière... attention, Lejoycux... soyons ;j;alanl et séducteur, pour l'honneur du corps des recruteurs I...
LE VAL D'ANDORRE
THÉRÉSA, à eVe-meme. En vain je me ;ids en conjectures... qui a pu commettre le pareille action ?...
LEJOYEUX, acec galanterie. Me permet- ?z-vous , belle fermière , de vous inviter (urle premier menuet du bal?...
THÉRKSA, avec dislraclion. L n bal , ici!. .. à quelle occasion?...
LEJOYEUX. En l'honneur de la nopce qui se célébrer dans ce hameau fortuné !...
THÉRÉSA, surprise. Une noce!... et qui ne se marie ?
LEJOYEUX. Le plus beau garçon du pays... plus, ne moins... le sé^luisant Stéphau! THÉRÉSA. Stéphan ! Sléphan se marie...
ons donc... ce n'est pas possible !...
LEJOYEUX. Belle fermière !. .. Dans la boue d'un autre sexe... cela ressemblerait à un tnenli... et alors... nom de quatre-vingt lie pipes !. . . Mais de la part de la beauté.. . s'entend !
THÉRÉSA. Parlez, monsieur, parlez!... Qui is a instruit?. .. qui vous a dit cela ?. ..
LEJOYEUX. Eh! mais, ce n'est plus un
stère... un secret que je devais garder...
it le village le sait maintenant.
THÉRÉSA. Et qui donc épouse-t-il?..
LEJOYEUX. Eh ! parbleu! l'ange bienfai-
it qui l'a tiré des griffes glorieuses de la
lice du roi.
niÉRÉSA , arec agitation. Ah ! c'est une
ime qui a payé sa liberté !
LEJOYEUX. Et une jolie encore... la petite
se de Mai, qui possédait sans doute un niafort dodu. ..
THÉRÉSA, de même. C'est Rose qui l'a ralité... dites-vous?... Où cela?... Quand la?... Répondez!
LEJOYEUX. Eh ! Mille carabines ! Hier au ! r, dans votre ferme, au moment fatal de I m départ !
THÉRÉSA. Et que vous a-t-elle donné?...
LEJOYEUX. Quinze cents livres tournois , I superbes louis d'or... et ça n'est pas cher I ur l'objet en question !. ..
TRÉRÉSA, à part, avec violence. Quinze I its livres en or !. .. Ah ! Je devine.. . plus ! doutes maintenant. . . la misérable ! . .. et Ja- I îs qui me soutenait. .. qui la défendait enle!
.EJOYEUX. Qu'avez-vous donc , aimable [ mière ?
THÉRÉSA , de même, à part. C'est cela , ! ; l'aime. . . elle l'a rendu libre. . . et pour Ipouser ensuite... mais qu'a-t-elle donc néré?. .. Que je lui pardonnerais son infale... son vol indigne... que je la verrais là, iis mes yeux, s'unir à cet homme !... Oh ! jaais! jamais!!..
LEJOYEUX. Le tonnerre n'est pas loin...
v'Ià les éclairs!...
THÉRÉSA, hors d'elle-même, à part. Mais cela ne sera pas!... Cela ne peut pas être... Et uioi qui la ménageais , moi qui trouvais dans mon cœur de Ja piiié pour elle... Ah 1 j'ignorais ;iIors... Kon, non, plus de pitié... il y a une justice, il y a des lois, des châtiments pour de tels crimes... Mais ce mariage va se faire!.. . Oii sont-ils!... Etdc'jàpeutêtre... Ah! courons... les forces me manquent... n'importe! J'en trouverai encore as.sez pour les empêcher de s'unir ! [Elle sort dans la plus grande agitation.)
LEJOYEUX, la regardant s'éloigner. Décidément, il y a infiniment de nuages au ciel ! Et mon lijenuet avec la fermière me semble fort aventuré pour ce soir !...