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SCÈNE VIII

Les Mêmes, DU PRÉ.

M. d'jierbelin.

Ah ! ah ! c'est notre postillon de cette nuit... Parbleu . fnon garçon , c'est affaire à vous pour bien mené» les gens.

DUPIIÉ.

Je ne conduis jamais autrement, monsieur; aussi avec moi on n'est pas long-temps en route... Nous avons fait quatre lieues à l'heure.

M. n'HERBELl^ , à madame d'IIerbelin.

Voilà le moment d'être généreux envers les domestiques. (A Dupré.) Mon ami, voici nne pièce d'or de vingt francs que je vous prie d'accepter pour récompenser votre zèle.

DUPRÉ

Monsieur, c'est inutile... je n'accepterai pas... (A part.) En vérité , il y aurait conscience. M. d'herbëlin.

Accepte/, acceptez, mon ami; dans votre état on ne doit rien refuser; l'usage de Paris vent que les dom('Sli([ues reçoivent des personnes qui logent chez leur maître : cela doit être de même en province.

nu pré, acceptant.

Monsieur, pour vous être agréable, je me conforme à l'usage de Paris.

M. u'hERBELIN' , vivement.

Ecout<'z, mon ami... Il s'agit de me rendre nn petit service... Je vais m'habiller; je ne connais pas la ville... pendant qu'on piépare le déjeuner... faites-moi le plaisir de me conduire sur la plage.

DUPRÉ, il part.

Me voilà dans un bel embarras !

ISAURE

Quoi ! mon père , sans nous?

M. n'HERBEHN.

Vous avez tout le temps, vous autres; moi , je cède à mon impatience.

DUPRÉ, à part.

Diable, tâchons de le retenir. (Haut.) Mais, monsieur, le déjeuner va être servi... Et puis, je vous le dis en confidence , je vous conseille d'attendre jusqu'à midi.

M. d'iierdelin.

Et pourquoi ?

DUPRÉ

C'est qu'on doit lancer une frégate! la Majestueuse ! trente^six canons... capitaine Gobert.

M. d'hkRBKLIN, transporte.

Tue fri'{;:iii! une frégate! à laquelle ccilai-

LK VOYAGE A DIEPPE

nemont je ne iIev<ii pas m'atteiidre en venant ici, et qui tombe là comme par miracle... Ces choses-là ne sont faites que pour moi... Ah! j'ai peine a lésister à tant d'e'motions.

DUPRÉ , à part.

Mon invention n'est pas maladroite.

M. d'berbelin.

Ah çà! mais je croyais que Dieppe était un port marchand très resserré, et qu'on ne pouvait pas y construire de frégate.

OUPnÉ y embarrassé.

Oui , monsieur, autrefois... Mais depuis peu on l'a bien agrandi.

MADAME d'hERBEL1>.

Ah! monsieur d'Herbelin ! quand vous serez de retour, quel beau sujet de conversation avec vos amis du café de la porte Saint-Antoine!

M. D BERBELIN.

Oui, mais je ne veux pas resseml)ler à la plupart des voyageurs, qui ont la manie de broder et d'embellir le récit de leurs voyages ; je ne raconterai absolument que ce que j'aurai vu.

nUPHÉ, à part.

Eh bien ! son récit ne sera pas long.

M. u'herbelin.

Dépéchons-nous , mes enfants; allons nous habiller, et tenons-nous [trêts à passer à t.ible

quand on nous avertira,

(Ils sorleiit.)

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