SCÈNE VIII
DOMONTEL, D'HERBELIN, D'RÉUIGNY, MONBRAY.
d'hERBEHS, gaîpient.
Ma foi, messieurs, votre déjeuner était exquis ; il fallait que je vinsse à Dieppe pour manger du poisson aussi frais, aussi délicat... Ah çà ! maintenant, rien ne peut plus nous retenir... Allons faire la digestion sur le port, et voir lancer la frégate... Trente-six canons! quel beau
jour pour moi !
d'hébignt.
A peine sortons-nous de table .. De grâce... accordez-nous encore quelques minutes.
d'hebbelin.
Qui nous arrête? Ces dames font en ce mo..
ment quelque? levers Lliaii,';ein«'iits à leur toilette; m.nis elles no nous fcicint pas attendre lung-tenijis : fiez-vous à leur impatience ; elles sont tout aussi curieuses que moi de voir la mer. MONBnw, cmb.irrassL-.
Le vent est au nord: l'air est humide, et je crains vraiment un rhume pour ces dames. (Bas à Dumontel. ) Monsieur, nous desirons avoir avec vous un entretien particulier.
d'herbehs.
Un rhume! Je vous re'ponds de leur santé; depuis cinq ans que je demeure sur le boulevard Neuf, ou n'a pas totissé une seule fois chez moi.
DUMONTEI. , avec ironie.
Vous avez quelque chose à me dire, messieurs? eh bien ! tout à l'heure, en allant sur le port, je serai tout à votre dispositioi:.
MONBnAY, étonné, à paît.
Couiment ! en allant sur le port !
d'uÉrigny, à part.
Ah! mon Dieu! en voici bien d'une autie! est-ce qu'il se ( roirait aussi à Dieppe, à présent?
l>l'Mf)>'lF.L, à part.
Amusons-nous un instant. (Haut.) Parbleu, messieurs, en venant ici ce matin, j'ai clé bien lionne , je vous l'avoue ; j'avais cru jusqu'à présent que Dieppe était une ville couunerçante, mais petite et mal bâtie ; jnfjez donc quelle a été ma suprise envoyant des hôtels mafjnifiques... des maisons superbes qui ont toutes quatre et cinq étages... En vérité, je me suis cru encore à Paris.
MOrtHRAY, ;i part.
Il sait tout; comment a-t-il pu découvrir?...
d'hÉRIOSy, bas à Monbray.
Je m'y perds.
d'hERBELIN, vivement.
Eli bien! mon cher ami , j'ai fait la iiieme remarque que toi ; cela nous prouve, mon cher Dumontel, que pour bien juger les choses, il faut les voir par ses yeux...
MONBRAY, bas .'i Dumontel.
Monsieur, nous vous en supplions... un mot d'entretien...
d'hERBELIN , avec impatience.
Mais pourqiioi diable ne parlons-nous pas?
DfMnSTKI., h (i'McrbcliiI.
Allons, prends paticmce ; ces messieurs ont à me parler; probaldement notre entretien ne sera pas long : attends ici ces dames ; dans un instant nous revenons. Messieurs, je suis à vos ordres.
l)'llERBF.t.ln.
Sur-tout, drpéi;he/,-vous. Que peuvent-ilsavoir à se dire? Peut-être fuielque surprise qu'on me mén.ige.
Ï.E VOYAGI-: A DIEPPE.
<<v6«««Vw6«MMttM