SCENE VI
DURIVEAU, VALLEVILLE.
DURIVEAU, à lui-même, et descendant en parlant. Moustaches... boites vernies... ganls paille... toulyestl... Et voilà pointant avec quelles misères ils séduisent les femmes!... {Haussant les épaules." Pitié ! ... J'en commanderai dès demain !... V.ALLEVILI.E, qui est descendu à l'avant-sci-ne, a regardé autour de lui et l'a déjà aperçu ; venant à lui d'un air aimable.
Eh! bonjour, mon cher monsieur Duriveau !...
DURIVEAU, à part.
Son cher !...
VALLEVlLLr.
Je n'espérais pas avoir le plaisir de vous rencontrer... D'ordinaire, à celte heure, vous êtes toujours à la Bourse...
DURIVEAU, à part.
C'est bien ça !...
VALLEVILLE.
Mais ces dames sont sans douli- au salon, et je vais... (Il remonte.)
DURIVEAU, l'arrêtant.
Non... non... ces dames ne sont pas au salon... (Avec intention.) Et c'est moi, si vous le permclioz, qui ai à causer avec vous.
VALLEVILLE, étonné.
Avec moi?... Ah ! sur mes actions!
DURIVEAU, sai>issant l'à-propos.
Oui... oui... c'est précisément sur vos actions que... (Avec une colère polie.) Mais do^.nez-^ous donc la peine devousasSf^oir. (.\ parten allant clicrcher le fauteuil de Lucie.) «SouNenons-nous que i'ar promisdétrc calme!... (Valleville prend le faul«>iiil qui p<it prf-'i du liureatt et ih s'a'.soi'iil. npii's
r).ir.1. Itiirirraii.
s'être salués.— Haut.) Monsieur Auguste de Valleville, je ne contesterai pas vos avantages personnezs... ils sont fort grands!...
VALLEVILLE, s'inclinant sans comprendre.
Monsieur...
DURIVEAU, insistant.
Us sont fort grands... Votre tailleur... voirr botlier... votre gantier, sont certainement irréprochables...
VALLEVILLE, légèrement.
Desireriez-vous leur adresse?
DURIVEAU, avec colère.
Hein?... (Puis frappé d'une idée.) Je ne dis pas non... je ne dis pas non... Or, jepense... (Élevant la voix.) qu'à votre âge, et dans votre position, on se soucie assez peu de l'honneur des familles... VALLEVILLE, intrigué.
Que dites- vous, monsieur?...
DURIVEAU, en confidence.
Je dis que, si vous venez souvent dans celte maison, ce n'est certainement ni pour Chambellan,
ni pour moi...
VALLEVILLE, à part.
Grand Dieu !... aurait-on découvert mon amour
pour Lucie?...
DURIVEAU, à part.
Il a compris...
VALLEVILLE,
Mais, monsieur...
DURIVEAU.
Rassurez vous... je ne nommerai pas les masques... Je n'ai plus qu'un mot à vous dire... (Se penchant vers lui et à voix basse.) Le mari sait
tout...
VALLEVILLE, effrayé.
Le mari?.,.
DURIVEAU, articulant.
Sait... tout...
VALLEVILLE.
Mais qui donc a pu lui dire...
DURIVEAU.
Sa femme!.
Sa femme !.
VALLEVILLE.
O ciel!... Il l'a tuée!.,.
DURIVEAU.
.\on, monsieur, non, il ne l'a pas tuée!... il ne la tuera pas!... Ce n'est ni dans ses principes... ni dans le Code... et il a juré rarlicle 213... Il a promis, au contraire, de la soutenir, de la guider, <le la sauver enfin!.,.
VALLEVILLE, avec chaleur.
Mais elle m'aime, monsieur, elle m'aime !...
DURIVEAU, reculant son fauteuil.
Elle vous aime !... elle vous aime ! .. (Se levant.) Eli bien! monsieur, elle vous désaimera ! VALLEVILLE, avec chaleur..
M'oubiier !,.. elle!,. Oh! c'est impossible!..,
niKlVEAU, Vanimant.
Ah: permettez-moi de croire qup ce nesl p.i«