‹ Pièces de théâtreChapitre 888 sur 1093 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LUCIE, VALLEVILLE, il a son chapeau à la main LUCIE.

Grand Dieu!...

VALLEVILLE.

Ahl... Lucie, qu'avez-vous fait, et que viciis-je d'apprendre?...

LUCIE

Quoi donc, monsieur?...

VALLEVILLE.

Avouer notre amour à votre mari !... Quelle imprudence !...

LUCIE

Avouer ! moi ! avouer à mon mari I... Qui a pu vous dire?...

VALLEVILLE.

M. Duriveau...

LUCIE

.AI. Duriveau?...

VALLEVILLE.

Tout à l'heure... ici...

LUCIE

Mais tout cela est faux, mons-ieur... mais je n'ai rien avoué.

VALLEVILLE, très étonné.

Gomment?

LUCIE , avec dignité.

Je l'aurais dû, peut-être... la peur a glacé mes lèvres...

VALLEVILLE , descendant.

Mais alors, c'était donc un piège ?...

LUCIF, , réfléchissant.

Un piège !... Oui , je comprends tout à présent... Mon mari avait des soupçons... il a voulu les éclaircir... car, ces lignes que vous avez reçues, ce n'est pas moi, monsieur, c'est mon mari qui ks avait dictées... il voulait vous ramener ici... Il s'entendait avec M. Duriveau... VALLEVILLE , remontant.

L'infâme espion!... et je n'ai rien nié!...

LUCIE , tombant assise.

Ali! monsieur, vous m'avez perdue!... Il me tuera, et vous aussi, peut-être... Oh ! parlez, partez, je vous en supplie! ..

CHAMBELLAN, en deh'M--.

Où esl-il.'... où est-il?...

LLCIE , se levant.

C'est lui I... Il ii'csl plus temps!

VALLEVILLF. , (lescciulaiit.

Oh! fùl-ce au pôril de ma vio, je vous di'-fendrai !

IX>03»3W>»SO0»0>O03O05O0OO0J0OeoOSO0ÏO0M»eOOa>S

SCÈNK VJII.

lACIE, CHAMBELLAN, VALLLVILLL.

(Chambellan entre par le fond , un fusil à la main,

dont il frappe bruyamment la crosse h terre.)

rilAMBELf.AN.

Ah I le voilà ! (Lucie pousse un cri et fait quelques pas en avant. — l'.iant.) Ah ! ah ! ah !... Mou Dieu que les fumnies sont nerveuses!... (A Vallevjlie. .le le liens donc, enfin!...

AIR : Une fille est un oiseau.

Aïon moyen a réussi ;

Car ma lettre était , je pense ,

Arrangée en conséquence

Pour te ranien'r ici.

VAM.EVIM.E , à part et parlé.

Au piégc !

cnAMBEr.LAiV, descendant en montrant le fusil.

Demain , nous entrons on guerre ,

Avec cette arme, j'espère

Coucher Peimci.îi par t<nre...

VALLEVII.LE, 5 part.

Comn\c un lièvre il me tuera !

CHAMBELLAN , lui frappant sur l'épaule.

Il restera sur la place.

Oui , je veux faire ù la chasse Un coup dont on parlera !

(Il va poser son fusil et son chapeau ;i droite, au foiul.) LUCIE, à part.

f)ue venl-il dire?

VALLEVILLE , très intrigué.

Ah!... c'est ù la ciuisse...

CiiAMUELLAN , redescendant.

Eh! oui, vraiment! une chasse superbe!... demain, au Haincy... C'est pour cela que je l'ai fuit revenir... (Riant bruyaiumeni.) Ah! ah! voilà une stirprisc!... Avoue que lu ne l'y attendais pas!.. VALLEVILLE, souriant.

Non... j'avoue que... (A part.) Mais il n'a donc pas de soupçons...

(Durivcau entre du fond cl pose son chapeau stu- une ciiaise à gauche.) LUCIE, pou>sant tui cri.

Ciel!... M. Durivcau 1...

(Elle recule vers la porte de Clara.)

SCKM*: IX.

Les Mêmes, DUniVEAU. *

CHAMBELLAN, à Lucie.

Ah ça ! mais, chère amie, loul vous fait peur.

Liicir, DuriToaii, (.hanilii-jlnn, Vallevillc

aujourd'hui... (A Duriveau.) Et loi , qu'es-lu doi devenu, depuis plus d'une heure?... '

VALLEViLLE,à l'avant-scène, à part et sans les regarde

Ils ne se sont pas vus.

UlUIVEAU.

Je viens de l'Opéra... J'avais promis une le i à nia fiMUUie, et... (Il redescend et aperçoit V'ali , ville.) Comment!... encore ici!... Par exerapl c'esl un peu fori !...

VALLEVILLE, à part.

Il ne parlera pas, diissé-je l'étrangler !

CHAMBELLAN, redescendant. |

l ne logo... Ah! ça se trouve bien... nous iro | tous... (Se tournant.) Et Vallevillc sera des ri 1res!...

DUniVEAU , ù part, derrière Chambellan.

Lui !... j'espère bien qu'il va reHiser!...

(Il lui fait des signes.) VALLEVILLE, bravant Duriveau.

J'accepte ! et avec grand plaisir !,..

DURIVEAU, à part.

il accepte 1... .Mais c'e^t d une audace'...

(Il fait des signi's plus énergique».^ CHAMBELLAN.

Donne-lui le nutnéro de la loge ..

DUinvEAir.

L'... le... ninni'ro? (Chambellan passe. — Val | ville prend sa place. — A part.) Il veut encore q ' je lui donne le numéro... (Croyant parler à Clia i bellan.) Mais, permets... je...

VALLEVILLE.

Cerlaiitement, monsieur Dtiriveau... pour t , je puisse vous reirouver. *

DURIVEAU.

Mais je ne liens pas du loul. . je veux din je ne sais plus du tout... Je u'ai pas la méiiK) (les numéros.

CHAMBELLAN

Eh bien!... regarde le coupon...

DURiVF.AU, cnntrarié.

Ah! oui... le coupon...

VALLEVILLE, à part.

Coninicnt rassurer Lucie?... Ah! c'est cela (Il tire son carnet et dit avec ironie.) Si nionsi< Duriveau veut bien me le dire... comme je i pas plus que lui la mémoire de«... numéros.. vais inscrire celui-là,

DURIVLAU, à part.

Mais il me brave I... il me brave 1... (\all.!ville va au bureau, pose so« chapeau, s'aMi et écrit vivemeiU quelques mots au crayon.) CHAMBrLLVX, à D«ri»rau.

I'!i bien ! ce coiipnu ?

DURIVEAU.

Le voilà !... (Tiianl son portefeuille.) ' numéro 1.'502.

TOUS

■ Liirir, (hnnilicll.iii, Dm i\ >'aii, \ iillcvillr.

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