V.\LLEVILLE Ct rHJRlVEAU , Ciisenible
v'olrc conduite, qui est indigne d'un galant
innic !
uini\ tAVJ, à p.irt.
Mais, il me prend tous mes mois! .. H m'in-
terpelle !... (Haut.) Vous osez m'inlerpeller, qu^ind je vous retrouve dans celle maison !
VALLEVILLE, appuyant.
Où je m'installe... et nous verrons si vous vous mêlerez encore de choses... qui ne vous regardent pas.
DURIVEAl', indigné.
De choses qui... (A part.) Il appelle ça des choses qui ne me regardent pas! (On entend un coup de sonnette. Duriveau se retourne vivement el court à l'apparicment de sa femme.) Hein ?... c'est ma femme qui sonno. (Arrive à la porte, il se rassure en montrant Valleville.) Mais II est là... Ce n'est pas moi qu'elle appelle!...
(Il revient ji Valleville.) VALLEVILLE, à Duriveau préoccupé.
Mais ça ne se passera pas ainsi!... Vous avez voulu me forcer de parler, à l'aide.,. (Appuyant ) d'un mensonge infâme !
Dur.iVEAL, à lui-même.
Il grince!... il grince!... Mais c'est à moi de i>:rincer...
VALLEVILLE.
Vous m'avez dil quelle .ivait avo'ié... C'est faux!... Que le niari savait lout... C'est faux!,.. Il ne sait rien. (Sourdement, en lui secouant la main ) El je désire, moi, qn il ne sache rien!... UuniVEAU, an public.
Il veul me forcer d'oublier, à présent!...
VALLEVILLE.
Et, s'il apprend quelque chose,., nous nous ballroiis jusqu'à volre mort, eiilendez-vous ?
(Il remonte.) DURIVEAU, exaspéré ct passant à droite. * Eli bien! oui, j'aime mieux ça... Batlons-nous... jusqu'à ma mon!... non... jusqu'à la \olre!... (A part.) J'avais promis d'être calme, mais il n'y a pas moyen... (Revenaiu à Valleville.) Oui, baltons-nous, inassacrous-nousl... Ça me va! ça me va!...
(Deuxième coup de sonnette. Duriveau s'élance, mais
cette fois Valleville lui ferme le passage.)
DURIVEAU.
Mais elle ne sait donc pas que je le liens \h '....
VALLEVILLE, l'anèiant.
Oli ! vous ne m'écliappercz pas aii'.si!...
DURIVEAU.
Je n'ai fichtre pas envie de vous échapper!... JEAN, enuant du fond et montrant la porte latérale.
Monsieur, c'e.^l madame qui sonne!
DUlUVEAU, retenu par Valleville, à Jean. Dites à ma femme que je suis avec M. Valleville.... (Appuy.Tiii.) M. Auyusle de V;;lleviIIc!.... .M. Augusle de Valleville, vous cnlendez!... (Jean sort.) Elle comprendra !... (Il descend.)
VALLEViLLi:, avec une coKre sourde.
• Valleville, Durivoiu .
Puisque vous êtes décidé à \ous ballrc... c'est que vous êtes décidé à parler... ù la perdre... DrRivfiAr.
Perdre qui?...
VAr.LKVILLE.
Vous vouiei la livrer à la fureur de votre farouche ami I...
DLRIVEAU, plus fort. La fureur de qui?
VALLEVILLE.
Mais je saurai la soustraire à sa vengeance!
DURIVEAL', criant plus fort.
La vengeance du qui?... Mais de qui parlonsnous, mon Dieu ?
VALLEVÎLLE.
Ebl vous le savez bien, monsieur... de celle que j'aime!... Lucie.
DURIVEAU, Stupéfait.
Hein !... quoi I... c'est Lucie .'... Lucie que vous aimez!.. . [Tout à fait rassuré.) Ah ! si c'est Lucie!... je suis bien tranquille. (Il desceml.) Mais pourquoi donc sonne-t-ellc ?... (Troisième coup de sonnette. Alors, frappé d'une idée subite, il crie: ) Ah! mais alors il y en a un autre!... (Il veut courir, Valleville le saiiiit.) Monsieur, iàchez-moi !
VALLEVILLE,
Pas avant que vous ne m'ayez promis le silence ! (La sonnette continue.) DURIVEAU, se débattant en criant.
Je vous dis qu'il y en a un autre!... Làchezmoi!...
VALLEVILLE.
Pas avant que vous ne m'ayez juré...
Dl'RlVEAlî, même jeu.
Tout ce que vous voudrez!... mais Iàchez-moi !...
VALLEVILLE, avec force et ii la porte.
J'emporte votre serment !
DURlVEAir, parvenant à se dégager.
Emportez mon serment, mais lùchez mon habit!
(Il sort.
SCICNE X[.
CLARA, DURIVEAU.
(Durivcau s'est élancé, mais il voit entrer Clara et
tombe anéanti dans un fauteuil , à droite.)
CLARA, s'arrétant pn's de la table.
Mais où élii'z-vousdonc, monsieur, et pourquoi ne pas venir comme vous me l'aviez promis?
DURIVEAU , ;'i part.
C'est clair, il y en avait un autre!... Je suis... mort !
CLARA , sans l'écouter et très vite.
El moi qui complais sur vous, pour me défendre. DURIVEAU, avani;.-«nl vers Clar.i en faisant rnutcr son fauteuil.
Mais (.a ne nie dil pas !...
CLARA, même jeu.
J'étais là... seule... j'essayais de ne pas pen à lui...
DURIVEAU, se levant.
Lui!... lui!... Mais dis-moi donc...
CLARA
Quand tout à coup je l'ai vu près de moi ;.
DURIVEAU.
Allons, il n'y a pas moyen de l'arrêter.
CLARA, même jeu.
Ah! j'ai eu grand'peur, allez... mais c'est ép je n'ai pas hésité... j'ai sonné tout de suite!..
DURIVEAU.
Oui, oui, j'ai bien entendu.
CLARA, se tournant vers lui.
Est-ce que ce n'était pas convenu?...
DURIVEAU.
Si... si... Après?...
CLARA
Après... il m'a supplié de lui pardonner...
DURIVEAU, vivement.
Quoi donc?...
CLARA, naïvement.
Mais sa visite, sans doute... puis il m'a prési un papier... des vers, je crois...
DURIVEAU, avec mépris.
Des vers!...
CLARA, se tournant vers lui.
Alors j'ai sonné pour la deuxième fois...
DURIVEAU.
Pour appeler du renfort... C'est bien... bien!... Et le renfort était là... qui ne boug pas... Imbécile... va!... Après?...
CLARA , avec embarras.
Ah!... après!...
DURIVEAU, effrayé.
Comment!... oh!... après!...
CLARA
Voyant que je ne lui répondais rien, il s'est à mes genoux...
DURIVEAU, à part.
Les miens ne me soutiennent plus!...
Il me disait : « Un seul regard, par pitié! i
DURIVEAU.
Et tu ne le regardais pas?
CLARA, vivement.
Non.
DURIVEAU, se rassurant.
Ah!
CLARA, baissant les yeux dans la glace. Mais je le voyais très bien... et je me sentoi troublée... si troublée, que je me suis pendue sonnette.
DURIVEAU.
Pour la troisième fols'...
CLARA
Mai? il s'est emparé de ma main , et je ci qu'il l'a baisée... un peu...
SCf^.NE Xllf.
DURlVKAU, lrei«l)laiH.
1 peu... p... p... pas plus?
CLARA
1 ! non , monsieur, bien sûr... car, dans ce icnl-là... et je ne sais conuncnl... j'ai pensé
JS...
DURIVEAU.
! voilà qui esl heureux !...
bon... si indulgent pour moi... ce malin... iuoique vous ne fussiez pas là, il m'a semblé voire voix me disait: Allons, courage! El
DURIVEAU, vivement, alors?
CLARA, avec explosion.
j me suis sauvée I
DURIVEAU.
if!... je respire!... Elle s'est sauvée! femme (igeuse. (Après un silence et en hésitant.) Et I tenant... mainlenani, comment ça va-l-il;'
CLAUA, soupirant.
j ! monsieur... ça va bien mal !...
j DURIVEAU, se (lésolaul.
|',n mal !... El dire que c'est ce maudit Vallei qui me retenait!... qui m'étranglaii:
CLARA
I de Valleville!
DURIVEAU.
i parbleu ! je le prenais pour ['Auguste en ■ ion !
î CLARA.
i oi ! vous croyiez.;'
' DURIVEAU.
V i, d'abord, mais pas du tout... C'est celni de A ur!... (Cliambellau parait au fond.)
» mmenl ! vous savez!... (Apercevant Cham-
Î.) Oli ! taisez-vous, c'est M. Chambellan !
SCÈciK XII.
Les MÊMES, CHAMBELLAN.
CHAMBELLAN, in's agité.
Il pauvre Duriveau , le courrier vient de -porter une bien mauvaise nouvelle.
DURIVEAU.
lire une!... Qu'est-ce donc?...*
(Il prend Clinuibellan, à part, i CLARA, un peu en arrière, [unii; M. Chambellan est ému!...
CIIAMUELLAN, bas, à l'écart.
Ue arui Brémont, le père d'Auguste...
CLÎRA, qui a écouté.
Il pérei... (Elle écoute de nouveau. )
ClIAMBELLAiV, bas.
si près de fjire faillite !... et il l'écrit de a sou secours...
lura, Duriveau. ClianilicUan.
CLARA, à part.
Grand Dieu !... s'il apprenait maintenant...
DURIVEAU.
Ah! quel événement!... nous allons parler de cela... (A Clara.) Chère amie, nous avons des affaires.
CLARA
Je vous laisse, mon ami...
(Elle va à sa clianibre.) DURIVEAU, la suivant, cl l'arréiaiit près de la porte. Oui, mais avant, pour que le quiproquo de tout à l'heure ne se renouvelle plus, tu vas me dire le nom... le nom de famille... tu comprends ?...
CLARA
Oh ! mon ami, ne l'exigez pas, je vous en supplie.
DURIVEAU.
Comment ?
CLARA
Plus tard... vous le saurez, je vous le jure... Mais mainlenani, oh I maintenant... c'est impossible! (Elle sort vivement.)
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