ME. C
EDOUARD
Non, avec ma cousine. -^.-.j^
MERCADET
Ce n'est pas la même chose!
EDOUARD
Nous avons besoin d'une voiture de voyage, et j'ai compté sur vous pour nous la procurer.
MERCADET
Sur moi ?
EDOUARD
Sans doute !... On me surveille, on m'espionne, tandis qu'on ne se défie pas de vous !
MERCADET
Cet argument est captieux, mais faible.
EDOUARD
Je compte aussi que vous nous conduirez vousmême jusqu'au premier relai.
MERCADET
Permettez... Il me semble qu'un précepteur
EDOUARD
Un précepteur doit être le guide de son élève !
MERCADET
Le guide, oui ! mais pas le postillon.
EDOUARD
"Voulez-vous donc que je mette un valet dans la confidence ?
MARCADET
Ah ça! jeune homme, pour qui me prenezvous? c'est un rapt que vous allez commettre... autrement dit un enlèvement... C'est synonyme en français, je suis bien aise de vous le dire en passant !
CLARISSE
Mais, monsieur Mercadel, mon cousin ne m'enlève pas...
MERCADET
C'est donc vous qui l'enlevez ?
CLARISSE
Ni l'un ni l'autre !... On veut nous séparer, et nous pensons qu'en nous mariant...
MERCADET
Vous resterez unis?... Ça n'est pas prouvé! et si je vous développais sur ce chapitre-là mes théories sociales. ..
ÉDOUARO.
Nous n'en avons que faire... Consentez-vous à nous servir, oui ou non ?
MERCADET
Je refuse mon concours!
EDOUARD
Eh bien ! on se passera de loi !
MERCADET, à lui-méme.
Il me tutoie !
EDOUARD
C'est facile.... avec de l'argent.... et j'en ai... mille guinées, à peu près, que nous aurions partagées en amis !
L'ACADÉMICIEN DE PONTOISE
MERCADET
Mille guinées!...
EDOUARD
Mais puisqu'il te répugne de contribuer à mon bonheur...
MEUCADET.
Voyons, entendons-nous* !.. Si j'étais bien sûr que ce fût pour votre bonlieur !
Oh! oui, Monsieur Mercadet!... Je vous le proDoets !..
EDOUARD
Nous ne pouvons être heureux l'un sans l'autre,
MERCADET
Dès qu'il y a sympathie, ça lève mes scrupules.. Je respecte beaucoup ce lien des âmes et si je ^ous développais... Mais ça nous mènerait trop loin !
CHESTER, qui est entré au fond.
Tous trois ensemble... prêtons l'ouïe \... (Il se cache.)
MERCADET
Le hasard semble de connivence avec vous... connaissez-vous sir Gueulion ?
EDOUARD
Un viveur intrépide!... dont le château est à une lieue d'ici.
MERCADET
Je devais festiner chez lui aujourd'hui môme, et j'avais retenu un véhicule !... Dans une heure il sera Jà... devant cette petite porte...
EDOUARD
C'est dit!... nous partirons ensemble!
CLARISSE
Ah! Monsieur Mercadet, que vous êtes gentil!
Mon excellent précepteur!... (Il l'embrasse.)
M. MERCADET, apercevant Chester.
Oh"!
EDOUARD
Quoi ?... je VOUS ai fait mal?
MERCADET
Ce n'est rien !... (A part.) Le papa Chester qui nous écoute!
EDOUARD
Faisons vite nos préparatifs !
CLARISSE
Je serai bientôt prête !
MERCADET
Dans uno heure !... et soyez prudents ! ENSEMBLE-.
Air -.Àh! quel chagrin! quel tourment (Femme à deux mûris, (iymiiase.) Ah ! n'allons pas nous trahir!
Il faut pourr<^ussir
■• E. Ch., au fnnii^ M. C.
**' M. Ch., au fond, E. C.
Savoir, avec mystère.
Nous contraindre et nous taire.
Cacher notre projet A tout regard indiscret!
Et partir en secret. EDOUARD, à Mercadet.
Tu seras de l'amour
Et l'égide,
El le guide;
CLARISSE
Et l'amour, à son tour, Vous rendra ça quelque jour.
REPRISE
Ah ! n'allons pas nous trahir.
(Ils sortent. Mercadet les reconduit jusqu'au fond
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