‹ Pièces de théâtreChapitre 908 sur 1093 · ME. C · texte numérisé non relu

ME. C

EDOUARD

Non, avec ma cousine. -^.-.j^

MERCADET

Ce n'est pas la même chose!

EDOUARD

Nous avons besoin d'une voiture de voyage, et j'ai compté sur vous pour nous la procurer.

MERCADET

Sur moi ?

EDOUARD

Sans doute !... On me surveille, on m'espionne, tandis qu'on ne se défie pas de vous !

MERCADET

Cet argument est captieux, mais faible.

EDOUARD

Je compte aussi que vous nous conduirez vousmême jusqu'au premier relai.

MERCADET

Permettez... Il me semble qu'un précepteur

EDOUARD

Un précepteur doit être le guide de son élève !

MERCADET

Le guide, oui ! mais pas le postillon.

EDOUARD

"Voulez-vous donc que je mette un valet dans la confidence ?

MARCADET

Ah ça! jeune homme, pour qui me prenezvous? c'est un rapt que vous allez commettre... autrement dit un enlèvement... C'est synonyme en français, je suis bien aise de vous le dire en passant !

CLARISSE

Mais, monsieur Mercadel, mon cousin ne m'enlève pas...

MERCADET

C'est donc vous qui l'enlevez ?

CLARISSE

Ni l'un ni l'autre !... On veut nous séparer, et nous pensons qu'en nous mariant...

MERCADET

Vous resterez unis?... Ça n'est pas prouvé! et si je vous développais sur ce chapitre-là mes théories sociales. ..

ÉDOUARO.

Nous n'en avons que faire... Consentez-vous à nous servir, oui ou non ?

MERCADET

Je refuse mon concours!

EDOUARD

Eh bien ! on se passera de loi !

MERCADET, à lui-méme.

Il me tutoie !

EDOUARD

C'est facile.... avec de l'argent.... et j'en ai... mille guinées, à peu près, que nous aurions partagées en amis !

L'ACADÉMICIEN DE PONTOISE

MERCADET

Mille guinées!...

EDOUARD

Mais puisqu'il te répugne de contribuer à mon bonheur...

MEUCADET.

Voyons, entendons-nous* !.. Si j'étais bien sûr que ce fût pour votre bonlieur !

Oh! oui, Monsieur Mercadet!... Je vous le proDoets !..

EDOUARD

Nous ne pouvons être heureux l'un sans l'autre,

MERCADET

Dès qu'il y a sympathie, ça lève mes scrupules.. Je respecte beaucoup ce lien des âmes et si je ^ous développais... Mais ça nous mènerait trop loin !

CHESTER, qui est entré au fond.

Tous trois ensemble... prêtons l'ouïe \... (Il se cache.)

MERCADET

Le hasard semble de connivence avec vous... connaissez-vous sir Gueulion ?

EDOUARD

Un viveur intrépide!... dont le château est à une lieue d'ici.

MERCADET

Je devais festiner chez lui aujourd'hui môme, et j'avais retenu un véhicule !... Dans une heure il sera Jà... devant cette petite porte...

EDOUARD

C'est dit!... nous partirons ensemble!

CLARISSE

Ah! Monsieur Mercadet, que vous êtes gentil!

Mon excellent précepteur!... (Il l'embrasse.)

M. MERCADET, apercevant Chester.

Oh"!

EDOUARD

Quoi ?... je VOUS ai fait mal?

MERCADET

Ce n'est rien !... (A part.) Le papa Chester qui nous écoute!

EDOUARD

Faisons vite nos préparatifs !

CLARISSE

Je serai bientôt prête !

MERCADET

Dans uno heure !... et soyez prudents ! ENSEMBLE-.

Air -.Àh! quel chagrin! quel tourment (Femme à deux mûris, (iymiiase.) Ah ! n'allons pas nous trahir!

Il faut pourr<^ussir

■• E. Ch., au fnnii^ M. C.

**' M. Ch., au fond, E. C.

Savoir, avec mystère.

Nous contraindre et nous taire.

Cacher notre projet A tout regard indiscret!

Et partir en secret. EDOUARD, à Mercadet.

Tu seras de l'amour

Et l'égide,

El le guide;

CLARISSE

Et l'amour, à son tour, Vous rendra ça quelque jour.

REPRISE

Ah ! n'allons pas nous trahir.

(Ils sortent. Mercadet les reconduit jusqu'au fond

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