‹ Pièces de théâtreChapitre 97 sur 1093 · GEORGES, LÉONA · texte numérisé non relu

GEORGES, LÉONA

LÉONA

Pal »i vite, Georges... j'ai uo mot à vous dire.

GEORGES

Vous!... c'est vous!... Ahl je ne m'étais donc pas trompé !

LÉONA

Non, Georges... c'est moi qui ai acheté la terre qui est près de Monléclain, afin d'èlre plus près de VOUS; c'est moi que vous avez rencontrée tout à l'heure, et qui me suis cachée pour ne pas vous voir retourner dans votre maison... où vous vous lenez enfermé depuis deux mois.

GEORGES

Vous m'avez écrit pour me menacer... Vous m'avez donné des rrndez-vous, et...

LÉONA, «'asseyant*

Et vous n'y êtes pas venu. Ah ! les temps sont bien changé:^ ! Autrefois, c'était moi qui les accordai;?... mais alors je n'étais pas votre femme.

GEORGES

Ma femme !...

LÉONA

Je sais que vous ne me le pardonnez pas... cl c'est là, de ma part, un tort irréparable. GEORGES.

Mais enfin, que nie voulez-vous?... de l'argent encore ? je n'en ai plus; je vous ai donné lôule lu fortune de ma mère, pour vous empêcher de déshonorer, en le portant, le nom quej'ai reçu de mon père.

Eh! bien, Georges, c'est précisément ce nom,

qui m'appartient aussi, que je viens vous demander...

GEORGES

Vous !... vous !.

part.) Et Louise !...

,. jamais! non jamais !... (A mJalheureuse Louise I...

LEONA

J'y mets de la patience et de !a bonté... Je m'adresse à vousj lorsque je pourrais le prendre ce nom,

GE(3RGES.

Vous ne l'oseriez pas !... car vous savez, en pareil cas, madame, quelle est ma résolution... TOUS savez où je puis vous conduire...

LÉONA, se levant.

A votre tour, vous ne l'oseriez pas I

GEORGES

En vérité ? Croyez-vous que, lors(|ue l'indigne courtisane qui s'appelle la comtesse de Beauval aura déshonoré mon nom en le prenant, j'hésiterai à y ajouter une honte de plus, en déclarant à la justice que cette femme... qui est la mienne, a été chassée de chez le duc d'Héricy pour un crime infâme ?. ..

Eb ! mon Dieu 1 Georges, ne m'accablez pas si insolemment de mon passé !... Si mon crime a élé de vous le cacher, le vôtre a été de me croire.

GEORGES

Ah! c'est trop d'impudence...

LÉONA

Non, monsieur, non... J'ai été bien coupable, u'est-ce pas ? Mais vous, lorsque votre père vous écrivait lettres sur lettres pour s'opposer à notre mariage, avez-vous élé, vis-à-vis de lui, unûls soumis et respectueux?

GEORGES

Madame I...

LÉONA, toujours avec ironie.

Oui, oui, vous l'avez élé eu ce sens que vous répondiez à ses conseils et à ses ordres... par la soumission respectueuse d'un huissier.

GEORGES

C'est que je vous croyais encore, misérable !

LÉONA

Que n'avez-vous cru votre père ?

GEORGES

Et c'est vous qui me le reprochez !...

LÉONA, d'un ton caressant.

Non... mais je vous rappelle qu'il est des heures où la passion égare les espriis les plus droits, les cœurs les plus honnêtes. Vous m'aimiez, alors... et vous avez élé coupable... Qui vous a dit, monsieur, d'où est venu mon premier crime ?

GEORGES

D'où est venu voire premier crime!... Mais! ne comprenez-vous donc pas qu'il peut venir une heure où je serai fatigué de tant de honte ? où je la rejetterai loin de moi î...

LA CLOSERIE DES GENÊTS

LEONA

Par un crime aussi ?... en me luanl ?... Non, Georges... je suis plus juste pour vous que vous ne l'êles vous-même. La main vous Iremblerait à armer uu pistolet ou à lever un poignard contre une femme. (Mouvcmcni de Georges.) Ecoulezmoi bien, Georges : tout s'oublie, dans ce monde ; votre père, qui vous a tenu si long-temps éloigné de lui, vous a rappelé, depuis trois mois, dans sa maison... Je veux ma part de ce pardon...

GEORGES

Il me chasserait demain si j'osais le lui demander.

LÉONA

Georges, depuis deux mois que vous vivez enfermé dans votre maison, vous ne voyez rien, vous ne savez rien... maisraoi, je veille, j'écoule., j'apprends.

GEORGES

Et qu'avez-vous appris, madame ?...

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