ACTE II . SCÈME VI
*"^ LA DUCHESSE
C'en est fait !.. le Roi sait tout !
RICHELIEU, effrayé. Ah ! bah!.. (A part.) Les deux pieds y sont!
LA DUCHESSE
Madame de Maintenon , gardienne sévère des bonnes mœurs, a demandé une lettre de cachet...
RICHELIEU
A votre requête.
LA DUCHESSE , poursuivant.
Et le Roi est trop magnanime...
RICHELIEU
Pour refuser si peu de chose?., comment donc ! m'embastiller, pour les beaux yeux de la veuve Scarron!..
LA DUCHESSE
M. le Duc!
RICHELIEU
Ou pour les vôtres... (Faisant un pas.) Que la volonté du Roi soit faite.
DIANE
Comment?..
lUCHEHEU,
Mademoiselle de Noailles a dit?..
LA DUCHESSE
Madame la Duchesse de Richelieu... n'a riei dit.
BICHELIEU, insistant.
Mademoiselle de Noailles !
Cependant, un reste d'indulgence peutenco'xj
vous sauver.
RICHELIEU
Al» ! voyons le reste d'indulgence.
LA DUCHESSE
A la porte de votre hôtel, va s'anêter un carrosse de vnv?'-? , qui doit prendre , à votre gré , deux roîiteii hien différentes.
(Diane prête beaucoup d'attention.) RICHELIEU.
émue.
s'arrêtant.
Qid sont?.
LA DUCHESS'E
L'ime, celle de Normandie, où se troiw; le château de Noailles... l'autre , celle de Paris , où se trouve le château de la Bastille... A vous le choix. RICHELIEU , avec feu.
Vous me îe demandez!.. Mais c'est l'enfer et le paradis!.. Oh! oui, le paradis, le ciel, n'est-ce pas?.. Car je pars avec ma femme... avec ma femme , qui vient me chercher, qui m'emmène.., et l'arlicle 5 ne sera pas du voyage !
Si fait!., avec moi!
RICHELIEU, résolument- Qu'on me conduise à la Bastille î DIANE , laissant échapper un cri , et chancelaïUo Ah!
RICHELIEU, vivement.
Mademoiselle de Noailles se trouve mal !..
LA r.UCUESSF.
Madame la Duchesse de Richelieu !.. se nouw j fort bien».
RICHELIEU
Mademoiselle de Noailles!
LA DUCHESSE
Api rcnez donc alors... (On entend d« brirtsi •^laiiittc à Uroiic) Qiù'sl.-co que c'est? ,
BICnELlEr , à part.
Maladroite ! (Diane regarde vivement de ce côté.) LA DrCIIESSE.
Il y a ici quelqu-ini !.. (On entend casser une glace dans le cabinet à gauche.) Encore !.. là !..
(Diane paraît très émue.) lîicnr.LTEU, ù part.
Allons ! l'autre (|ui casse mes glaces!
LA DUCHESSE
Il y a du monde caché ici !
RICHELIEU, vivement.
C'est ma feni... (A part.) Oh ! diable !.. ça ne peut plus me servir.
LA DtCUESSE , qui l'a deviné.
Ah ! c'est donc une femme ?
RICHELIEU
Kon.
LA DUCHESSE
Deat» peut-être!
RICHELIEU, à part.
A la bonne heure ! (il se pose avec aplomb.)
LA DUCHESSE
Quelle abomination!..
DIANE , avec émotion , à part.
Oh ! mon Dieu !
RICHELIEU, à part, avec joie.
Ça lui fait quelque chose !
LA DUCHESSE
M. le Duc !.. il faut que je vous parle , il me faut une explication... Mais, ici... en ce moment... RICHELIEU, souriant.
C'est juste... (il sonne.) ce n'est pas dans les ronvcnances... (A Dubois, qui entre.) Dubois! ronduisez madame la Duchesse de Noaillcs et... mademoiselle sa fille... dans l'appartement de badame la Duchesse de Richelieu.
SUauss.
LA DUCHESSE
Il se soumet, Il me promet, Dès qu'en ces lieux Nous serons deux, D'entendre tout , D'être, surtout, Obéissant Comme un enfant.
LES PREMIÈRES ARMES DE RICHELIEU