SCENE II
LesMêmes, LOUIS, en capote ci bonnet de police. LES jeunes filles, allant au-devant de lui. Bonjour, monsieur Louis.
LOUIS
Bonjour, mesdemoiselles?
TITINB.
Vous vous portez bien, monsieur Louis.
Lotis '.
Merci, mon enfant.
LE CAPITAINE, saus paraître le voir.
Ainsi, mademoiselle Lodoiska..
LOUIS
Ah ! ce fat de capitaine.
LE CAPITAINE, de même.
Que toutes les robes soient prêtes: vous lavez, c'est pour le vingt-neuf.
LOUIS , avec humeur.
Ma clef, mademoiselle.
LE CAPITAINE
Ah! c'est vous, monsieur Louis? vous êtes étonné, mon cher, de me voir au milieu de ces petites.
LOUIS
Pas du tout, capitaine; je ne m'en inquiète pas.
LE CAPITAINE
Je suis obligé de talonner M"<> Lodoiska, qui est chargée de la curbeille et du trousseau de ma prétendue... je suis pressé!
LODOISKA.
Mais nous serions prêtes si vous ne me teniez pas tous les jours pour votre...
LE CAPITAINE, toussant.
Hum !.. . hum !.. c'est bon! Je ne vous gronde pas, je suis bon enfant! après ça, quand je serais un peu impatient, c'est bien naturel, u\ec mon amour et mes espérances... Vous concevez, gendre d'un colonel ou crédit. .
Cela vous tiendra lieu d'une campagne !
LE CAPITAINE
De deui campagnes , de trois campagnes.
LOUIS, (/ Tilinc,avcc impatience.
Ma clef.
11 l.i jirtnd lui-niiiiic, cl vu pour .•iorlir à «Iruitr. LB CAPITAINB, bas à Lodoïska ".
N'est-ce pas qu'il a un corset.
LODOISKA.
Est-ce que je le déshabille?
LE CAPITAINE, à TititlC.
Hein :'
TITINB.
Qui? M. Louis î... dam! demandez a luimême.
■ Les Ouvrières, nw/onrf; Lodoïska, Lo«is,icCa|iilaiii' " l'iline, Loduïska, le Capitaine, Louis.
LES ENFANS ? E TIlOl PK
routs , 5e retournant.
Platt-ilî
TITINE
C'est monsieur le capitaine quidemande si vous ,jortez corset.
LE CAPITAINE
Le fait est qu'il vous pince la taille.
Est-ce pour me railler?
LE CAPITAINE
Pas le moins du monde... Est-ce que vous n'en avez pas?
LOUIS , le regardant avec dédain.
Non, monsieur; c'est un ridicule que je laisse ;i d'autres.
LE CAPITAINB.
Sous-lieutenant...
LOUIS
Monsieur le capitaine...
LE CAPITAINE
Vous le prenez sur un ton!... Je n'ai pas de corsetl... Je n'en porte pas !... mais si j'en avais, vous vous permettez de trancher? Je pourrais m'offenser.
LOUIS *
Comme vous voudrez.
LE CAPITAINE
Vous devriez vous souvenir que vous parlez à un supérieur.
LODOISKA.
Messieurs...
TITINE , s'approchant de Louis avec les autres. Àhl monsieur Louis!
LOUIS , à part.
Il y a des gens qui sont bien heureux d'avoir deux épaulettes.
LE CAPITAINE
Je vous dis cela entre nous... car je suis bon enfant et je ne vous en veux pas... quoique vous ayez toujours l'air de vous plaindre de moi.
LOUIS
C'est possible; vous êtes si bon pour ceux auxquels je m'intéresse !
LE CAPITAINE
Ah! c'est à cause du petit Trim.
LOUIS
Un pauvre garçon qui vient de passer trois jours à la salle de police pour une niaiserie.
TITINE
Ah! ce pauvre Trim! si gait si amusant 1
LODOISKA.
Ah! ce petit farceur qui fait la chambre de U. Louis I
LE CAPITAINE
Le service avant tout... J'en suis fâché pour votre ami Trim !... je veux dire votre protégé.
LOUIS
Vous disiez bien, capitaine, et je n'en rougis pas! Trim est mon ami! Enfans de troupe tous les deux, j'ai pu être plus lieureux que lui, mais non pas plus honnête et plus brave..
Lodokska, Louis, le Capitaine
Ain ilii Cl'i'^'iilici /l'honneur.
On nous e'Ieva tous les deux .'\u régiment qui nous vil naitio, l'Jt si je f.is le plus lieureux, .le lui (lus mon lioiilicur peut-être : Il viril se placer ])ien souvent, Devanl niui, sous la canonnade ; Mais il me poussait en avant Quand il fallait monter en grade.
LE CAPITAINE
C'est généreux.
LOUIS
Il parviendra, je l'espère; mais, tel qu'il est encore, je l'estime cent fois plus que certains officiers qui n'ont dû leur avancement qu'au hasard ou à la faveur.
r,U CAPITAINE.
A la bonne heure; aimez, estimez M. Trim , c'est un honneur que je ne puis vous interdire, mais n'ayez pas avec lui plus de familiarité que n'en permet le service.
LOUIS
Trim n'a jamais manqué à ses devoirs envers moi.
LE CAPITAINE
Soit! mais qu'il ne les oublie pas non plus avec moi... car tout votre ami qu'il est... je suis bon enfant... je le flanque en prison.
Vous êtes dans votre droit ! {Â part.) Faquin , val
Il sort.
LE CAPITAINE, à part.
C'est mon cauchemar, ce garçon-là... Il enrage de mon mariage... Il espérait... Un officier de racroc! ah! ça fait pitié!
\ \\\\\ VW W\ V \V V
VVYV\\\\V\-'*.VVVV\\VX\V\'VVWVV\VWW\V\^