I.otloïski, le r.ipilaiiir, Flaniliiruc
** LuduUka, Trini, Fhimlicr^i', le r.jpiiaiue.
dix pouces, (^fonlrant Lodo'isha.) Un couple superbe en loufiucur et en largeur! (Changeant de toi> ) Faut donc vous dire que voilà trois jours que je suis a l'ombre... Histoire de rire et de ne pas nie gâter le teint... Oui, voilà trois jours que voire pauvre Trim trime à la salle de police... Excusez le jeu de mot... IMus que ça de récréation, hein? Pauvres poulettes! avec ça qu'il fait un froid qui pince.
TITINE
Mais pourquoi?
TRIM
Oh! pourquoi!... Une bêtise, un rien, une chose à ne pas donner une pichenette sur le nez d'un carlin!
Il fait le gtîSle J'en ilonner une à Flamberge. FLAMBERGE.
Eh! petit!...
TRIM
Je n'ai pss touché.
FLAMBERGE
C'est vrai, tu n'as fait que le simulâtrc.
TRIM
Respect aux Pyramides !
FLAMBERGE
Satané bambotheur! il m'amuse I
LODOISKA.
C'est joli 1 à la salle de police t
TRIM
Quand je vous dis que c'était pour rien.
FLAMBERGE
Oh ! pour rien... et ce tambour dont tu as mis le bras droit au repos forcé avec ton coupe-choux ?
TKIM.
Est-ce ma faute, à moi? Pourquoi qu'il disait du mal de mou lieutenant? pourquoi qu'il a été plcurniclierdevant le capitaine, qui m'a Hanqué à l'ombre? Capon! avec ça qu'il ne demandait pas mieux, le Servelas!...
LODOISKA.
DeSévelas! à l'ombre!... c'est la seconde fois depuis huit jours!
TRIM
\l ne veut entendre ni A ni B; il dit toujours: Je suis bon enfant, el avec son de , il est chien coiiuiic tout, cet aristocrate! ce jour-la surtout, une humeur de dogue .. El je vous demande un peu s'il y avait de quoi. J'allais lui demander une permission pour le soir aller me promener avec uni; ilomoisclle <|ue je ne nommerai pas, parce qu'il faut iHre discret. J'entre donc chez le capil.iine, qui Cuisait sa barbe devant une petite glace. (> Qu'est-ce que tu veux? qu'il me dit sans se retourner. — Mon capitaine, que je lui dis d'une voix bien chatte, je vous demande une permission pour ce soir. (// fait la grimace.) — Pourquoi ça? -Mon capitaine, c'est pour aller voir un ami malade. (Il jonc de la jlùtc sur le bout de sonnez.) Rion sAr? —Oh! oui, mon capitaine.» (// fait le geste d'cnvoi/er de la poudre à perruque, et joue tout re n'en.) Mais alors, voilà qu'il se retourne , le Servelos • histoire de me répondre...
LES ENFANS DE TROUPE
«Mon garçon, qu'il me dit, puisque ton ami t'attend, [il répète le premier geste) tu vas aller passer vingt-quatre heures a la salle de police.» (Il répète le second geste. )\\ m'avait vu dans sa petite glace. (Éclats de rire.) Moucharde, va !
FLAMBERGE
Comment?
TRIM
Oui, il se faisait la barbe, il se tenait le nez comme ça, il me voyait de cet œil-là... FLAHBBRGE, qui n'avait pas compris , part d'un éclat de rire.
Ah! je comprends!... ah! ah! ah! pauvre diable !
TRIM
Etv'lan! à la salle de police pour trois jours! Dieu! lui en ai-je donné, des bénédictions!. . à preuve que j'ai orné les quatre murs de son image; c'est-à-dire il y a encore de la place sur le quatrième, mais ça sera pour la première fois.
FLAUBERGE.
J'aime beaucoup ce petit être -là, il m'amuse. Dis donc, petit, c'est tout ce que tu paies?
TRIM
Âh! major, les eaux sont basses.
FLAMBERGE
As-tu déjeuné ?
TRIAI.
Merci, Jacquot.
TITINE, bas à Trim.
Oui, avez-vous déjeuné, monsieur Trim î
TRIM
Oui; un potage aux choux, premier numéro... mais je prendrais bien quelque chose. (Prenant le corset qui est sur une chaise.) Tiens! qu'est-ce que c'est que ça T
LODOISKA.
Laissez, laissez, c'est un corset d'homme.
TRIM
Est-ce que c'est pour vous, l'ancien?
FLAMBERGE, riant.
Ah! ah! pour moi! il a des idées charmantes.
TITINE
C'est pour M. Sévelas.
Mademoiselle...
TRIM
Pour le capitaine! bon! fameux! je lui en ferai faire un pour ses étrennes.
FLAMBERGE
Bonne tête!
LODOISKA.
Pas de propos, monsieur Trim ; vous êtes déjà cause que le capitaine a eu ce malin des mots avec M. Louis.
FLAMBERGE
Il a tort, il doit respecter un supérieur! quant à moi, si un de mes tambours s'avisait de broncher...
TRIM
Laissez-moi donc tranquille, papa Flamberge; vous êtes la crème des bel hommes ; mais parce que vous êtes tambour majour, vous donnez toujours raison aux chefs.
FLAMBERGE
Écoute donc, ce n'est qu'un sous-lieutenant.
TKÎJI.
Un sous-lieutenant qui vaut mieux dans son petit doigt que votre capitaine di'.puis les pieds jusqu'aux oreilles.
LES OUVRIÈRES
Il a raison.
Mesdemoiselles, monsieur Trim, je vous prie de ne pas dire de mal d'une personne qui dépense beaucoup chez moi.
TRIH.
Vous dites ça parce que vous lui faites des corsets.
FLAMBERGE*
Petit!
LODOISKA.
Je dis cela parce que je travaille à sa corbeille de noce.
TRIM
Oui, un beau magot encore pour se marier... rouge comme une carotte !...
LES ODVRIËRES, riant.
C'est vrai ! c'est vrai !
FLAMBERGE
Petit !
LODOISKA.
Taisez-vous.
TRIM, pariant toujours.
Une vraie betterave, pas sucrée... au lieu que mon lieutenant est un brave jeune homme, et tout le monde l'aime, tout le monde.
LODOISKA, parlant en même temps que lui.
Vous défendez M. Louis parce que M. Louis vous défend ; vous vous soutenez parce que vous êtes tous deux des enfans de troupe, des fils de personne I
FLAMBERGE
Petite!
TRIM, qui parlait en même temps qu'elle, s'arrêtant tout-à-coup.
Des fils de personne!... nous!... Pour ce qui est de moi, ce n'est pas gentil ce que vous dites là, parce qu'enfin si mes père et mère ont abandonné leur fils, sans rien pour l'aider à les reconnaître, sans lui laisser seulement un papier, un bracelet, un chiffon, comme ça se lait ordinairement, il faut croire qu'ils ont eu des raisons majeures. .. mais me reprocher... ça n'est pasbieu, ça n'est pas d'un bon cœur.
riAMBERGE, attendri.
C'est vrai, Lodoïska.
LODOISKA.
Monsieur Trim, je n'ai pas eu l'intention...
TRIM
Enfin, c'est bon, je ne vous en veux pas, moi ; mais .11. Louis, j'ai connu son père, moi... un vieil officier aux Invalides...
Air : Ils sont là-bas.
Nous deux Louis elle vieux capitaine.
Nous complotions, Dieu ! que c'était enfant! ,
• Lodoïska, Flamberge, Trim.
MAGASIN THEATRAL
Mous complotions d'aller à Saiotc-IIclènc CbercUcr l'cmp'rsur qu'il aimai l laul Mais le granJ liomm', sans nous alloiidrr, Etait mort : son vieux serviteur Là'haut s' de'pêcha de se rendre Pour rejoindre son empereur.
Pauvre cher homme, je le vois encore, criblé de blessures; il ne tenait plus à rien, quoi!... Il avait fait toutes les guerres de l'empereur et il nous en parlait tout bas, dans son petit jardin... nous étions des bambins, Louis et moi... Louis était plus âgé que moi cependant.
FLAHBERGB, Suffoquant.
Trim, saperlotte!.-. tu as des sentimens qui... tu as des sentimens que... touche-là!
XRIH.
Très-bien î je vous comprends, major; vous aussi, vous êtes un guerrier uni, un peu déjetc pour le quart d'heure; {mouvement de Lodoïska) mais qu'est-ce que ça fait 7... nous deux Louis, nous avons été élevés sous votre aile, dans votre régiment ; vous m'avez fait sauter sur vos genoux ; vous m'avez laissé jouer avec vos moustaches; c'est avec votre canne que j'ai appris le maniement des armes... Aussivousétes celui que j'aime le plus après mon lieutenant, parce que lui, toujours là, toujours fidèle I... Autrefois, quand j'étais un bambin, et qu'on voulait me rosser, c'est lui qui me défendait, c'est lui qui venait me consoler, me remonter le moral; quand j'étais près de tomber de fatigue ; c'est lui qui prenait mon sac et qui le portait avec le sien... Aussi, tenez, vous me disiez lout-à-l'heure que je n'avais ni père ni mère, eh bien ! si faitl... Louis est tout ça pour moi, tout!... et si jamais on lui en voulait, si quelqu'un lui arrachait un cheveu, quand ça serait le colonel, quand ça serait vous, major, je crois que je me ferais tuer, ou que je vous tuerais. Allons, est-ce que je suis fuu?... Qu'est-ce que je fais donc là,imoi ? je vas me mettre en colère. Voyons, mademoiselle Lodoika, sans rancune... vous aimez les tambours-majors, vous avez raison, ce sont de beaux hommes.
FLAUBERGE.
Mais je m'en flatte.
LOUOISKA.
Comment! j'aime les tambours - majors 1... qu'est-ce que vous dites donc?
TRiai.
Oui, oui, connu! Pourquoi vous cacher avec les amisî {Aux ouvriérex.) N'est-ce pas? FLAMBRRGK, d'un (tir aimable.
Au fait, puisque...
lodoïska, sévèrement.
Taisez-vous !... Monsieur Trim, je vous prie de cesser de semblables propos.
TRIM
Pourquoi ça? Kst-cc qu'il y n du mal u aimer le» tambours-majors?.. . Ce sont de si grands vainqueurs, les tambours -majors! Ah ! quels grand» vainqueurs que les tambours-majors !
Air de Romagneti.
Ali 1 si j'étais tambour-major.
Avec uu brillant unifurnie, Un grand bonnet elle plumet conforme,
Des fcmm's je serais le trésor ; Vu mes six pieds et ma canne à pomme d'or ! Je séduirais les plus Sévères,
Les princesses... el mieux encor, J'irai mêm' jusqu'aux couturières I
// va pour lui prendre la taille.
lodoïska, parlé.
TRIM, continuant.
Dieu ! si j'e'tais tambour major!
// marche en faisant sauter la Canne.
Raiitanplanl plan! plan!
LES OUVRIÈRES, riant.
Ah! ah! ah!
FLAMBERGE, riant*.
Il devait être tambour ; il a manqué sa vocation.
TRIM, lui tapant sur le ventre avec la canne. Tiens ! j'aurais lapé sur votre peau tout comme un autre.
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