C.ARAFOX. Absolument... faites comme chez soi
R0BI!\E.A1T, ouvrant le hillel et lisant à part.« Une femme extrêmement sensible, » et qui a cru deviner vos scntimens lors- » qu'elle logeait dans votre rue , désiie
» vous voir en secret. » Oh î charmant î c'est ma comtesse!.. « Elle est veuve, li- » bre, inimensément riche, mais elle veut » un cœur qui ne soit point partagé... elle » va ce soir chez M. de JMarcey , venez la » prendre pour l'y conduire... on vous at- » tendra rue du Petit-lMusc , n" 9. La com » tesse de Blaguinski. » Oh! c'est une Polonaise... et par post-scriptum : << Vous » entrerez par la boutique du boulan- » ger... »
CARAFON. Il paraît que ce billet vous est agréable...
ROBINEAU. Je suis dans le ravissement. . " encore une femme dont j'ai fait la conquête... qui est folle de moi...
CARAFON. Bah! vraiment... Oh! êtesvous heureux!.. Biais comnient faites-vous donc pour empaumer comme ça toutes les femmes?., est-ce que vous leur jetez quelque chose ?..
ROBîNEAU. Ah! mon cher!... cela tient à une foule d'agrémens dont on est pourvu...
CARAFON. Ah! vous avcz une foule d'agrémens? j'savais pas.
ROBINEAU. Vous avez une mauvaise vue, apparemment...
CARAFON. Une mauvaise vue... ah! par exemple , de ma fenêtre je vois tout IMontmartre.
R03IVEAU. Carafon, vous qui êtes du quartier, vous avez dii i-emarquer une comtesse étrangère qui logeait en face.
CARAFON. Une comtesse étrangère....
ah! oui, une Bavaroise.
ROBINEAU. Non? une Polonaise!...
CARAFON. C'est juste! une Polonaise!... c'est que j'ai toujours les bavaroises dans la tête. .. Ah ! oui , je me rappelle , la belle comtesse... je portais chez elle très-souvent...
ROBINEAU. C'est une femme de la haute volée, n'est-ce pas?.,.
CARAFON. J'crois bien ?..! elle prenait du punch trois fois par jour.
ROBINEAU. Du punch!..
CARAFON. Du punch glacé... c'est une femme du meilleure genre...
ROBïXEAU. Il ne faut rien négliger povului plaire... Carafon... mon cher monsieur Carafon , voudriez-vous me rendre un léger service?..
CARAFON. Entre voisins , ça ne se refuse pas...
ROBINEAU. Je vais ce soir au bal , je ne veux pas qu'il me manque rien... faitesmoi le plaisir, pendant que j'achève ma toilette, de m'acheter un claque et des gants s&i'«ia.
LB MAGASIN THÉATRAL;
C\RAFON. Très-volontiers... Des gants serein... s'ils étaient citron, ça vous iraitil de même ?
ROBiXEAU. Absolument... Tenez, voilà ma bourse... Ah! vous me ferez aussi avancer un cabriolet. . .
CARAFON. J'vas vous apporter un claque et une voiture.
IlOBINCAU,
Air : Oui, je suis grisette.
Plus d'économie, Pourquoi lésiner?
•Touissons de la vie ; Je veux m'en donner!
L'amour , la richesse Ble tendent la main ; Fortune et comtesse Menous tout grand train !
CARIFOX.
Plus dV-eonomie , Pourquoi lésiner?
Jouissez de la vie :
Il faut S'en donner.
(Il sort,}