LOUISE, LEBEL, LA MARQUISE
LEiîEL. Ah! c'est vous , mesdames. Dieu soit loué ! vous êtes bien en retard. Le roi qui compte les minutes a déjà demandé trois fois si vous étiez arrivées.
LA MARQUISE, Je suis bien désolée d'avoir pu faire attendre sa majesté ; mais il m'a pris, à monjéveil, une irritalioa de
nerfs telle que je me suis trouvée quelque temps hors d'étal de me mettre en route. LOnSE, en extase devant les bufftts. Oh! les beaux vases! regardez donc, ma tante. LEBEL. C'est ici le salon de la vaisselle d'or, mademoiselle... nous serons à l'abri de tous les importuns.
LA MARQUISE. Ah ! monsieur Lebel , il faut bien que ce soit pour être agréable à sa majesté que je consente...
i.EBEL. A tenir la promesse de mademoiselle ?..
LA M MiQuiSE. Promcssc de pensionnaire étourdie.
LOUISE, revenimien scène. Ah ! je n'avais pas promis positivement...
LEBEi,, à la murquise. Le roi vous avait priée avec trop de grâce pendant la route.
LA MARQi isr.. Pour qu'il me fût possible de refuser, sans doute. [Pur réflexion.) Eh I mon Dieu , je sais bien qu'au fond tout cela n'est qu'un pur enfantillage.... maison est si méchant.... à Versailles.
LEIÎEL. Ptrsonnne ne vous a vue. Les courtisans n'assiègent pas à l'heure qu'il est la porte des petits appartemens par laquelle vous avez été introduite ; d'ailleurs tout se passe en votre présence , sous vos yeux.
LA 3IAUQUISE, Ah! sous mes yeux.,., c'était la condition.
LEBEL. Cela ne pouvait pas être autrement : avoir toujours une demoiselle à ses côtés , ne pas s'en éloigner une minute, toute la prudence d'une bonne parente est là.
LA MARQUISE. N'est-cc pas , monsieur Lebel?