SCENE ly
LA IMARQUiSE, LOUISE, LE ROL
LE ROI, à Louise. A nous deux, maintenant...
LA MARQUISE, assise, les yeux sur si, n livre. Ils vont commencer... allons, ce n'est que patience à prendre...
LE ROI, il Louise il (lemi-i'oix. Qu'est-ce que la marquise marmotte donc tout bas?
LOUISE. Ses prières, sans doute
LE ROI, prenant un taiour/t. Al) bien ! madame la marquise, pendant que vous êtes en train, priez pour que notre cuisine soit bonne, vous en aurez votre part, et la première.
LA MARQUISE. Sire , c'est beaucoup d'honneur.
LE ROI, j)hiçaut le tabouret devant la cheminée. Je vais descendre la jatte d'abord. ( 11 monte sur un tabouret.)
LOUISE. Sire, prenez garde de vous laisser cheoir, et de me jeter l'écuellc avec ce qu'elle contient sur la tête.
LE ROI. Non, madenioiselle, je suis solide sur mes jandjes. {Ai-aut de prendre le vase, il y trempe le bout du doigt qu'il porte à sa louche. ) Oh ! ce sera excellent !
LOUISE. Quand il y aura du sucre...
LE ROI, lui mettant ai^er. son doigt un peu de crênie sur le bout du nez. Ou en mettra.
LOUISE. Ail bien! sire, ça n'est pas de jeu...
(La marquise les examine.)
LE ROI , (i demî-ooix. Ah î voyons , ne grondez pas, votre tante nous regarde.
, LOUISE , ai'ec une petite moue rieuse. Ecoutez donc aussi!..
LE ROI. Je vous promets que je ne le ferai plus.
LOUISE. A la bonne heure!
L\ MARQUISE , à elle-même. Ce sont de véiilables enfans.
LOUISE. Soyons , passez-moi donc la jatte, et descendez.
(Au moment où le roi va la prendre, on frappe à la pf)rte. Les trois personnages en scène prêtent rorcillc avec surprise. Louise, les mains étendues vers Louis XV; Louis, un pied en l'air sur le laliouK.'t, tenant la jatte, la marquise h demi-soulevce, Leliel la tète passée par un battant de la porte qu'il cntr^ouvre.)
LA MARQUISE, se Ict^anl toui-ii-fail. Ah! uion Dieu I