‹ Pièces de théâtreChapitre 1041 sur 1069 · LA MARQUISE, LE DUC · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LE DUC

LE DUC. Ah! vousvoilà, madame la marquise î Que j'ai donc été bien insniré de pousser encore une fois jusqu'au château!.. Je tremblais que vous ne fussiez repartie

pour Paris, avant que j'aie eu l'honneur de faire ma cour à votre gracieuse nièce.

LA MARQUISE. Plus inoyeu de s'en débairasser.

LE DUC. Où est-elle donc, mademoiselle d Hiimières, que je ne la vois pas auprès de vous ?

LA MABQT ISE Dès que je suis ici, .vous devez croire qti"eile n'est pas loin.

LE Dl C. Oii ! je le pense... {J sprint l'ah-.) Tiens ! c'est singulier, comme ça sent nn drôle de goût dans l'appartement du roi aujourd'hui, une odeur d'office... vous De trouvez pas?

LA MAKOUISE. Non.

LEDUC Eh bien ! ça m'a saisi tOMtdesuite.

LA MARQIISE. VoUS êtes fou I

^■V. niiC, liant. Non; mais je vai.s vous conter une bonne folie qui va vous faire nre un moment.

LV MARQUiSK. Tant luieux ! Que vous est-il donc arrivé ?

LE DUC. Ah ! marqiiise, une <hose incroyable, inouïe et prodigieusement diôlc; regardez...

(Il (lie nue £;nirlaiide de fli'nrs de sa poc'ne.)

LA JlAl'.QUiSE, à part. La garniture de robe de ma nièce !^ qu'est-ce que cela veut dire.^

LE DUC. Vous ne comnrenrz pas? cette guirlande tenait à une robe.

LA MABQUISE. Sauiail-il. ..

LE DUC. Cette robe... {Il lu ro.V.) Eh ! pardieu, tenez, elle est encore là...

LA MABQUiSE, à part.W me lait mourh !

(//«?</.) Etifia cette garniture, comment se trouve-t-cile entre vos mains? qu'^-st-ce que vous avez fait?

LE DUC. Ce que j'ai fait ! il me semble que c'est pourtant bien clair.

LA MARQUISE , à pari. Il me donne mal aux nerfs,

LE DUC. Dès qu'il y a une robe sans femme, il doit y avoir une femme sans... ]ias vrai que c'est clair? Eh bien ! .-iprès mon audience, je me dispo.sais à prendre congéde sa majesté, lorsque, en m'inclii^atit jirofondénienl, avec tout le respect cm à la personne du monarque, un de mes éperons s'embarrasse dans la garniture de robe d'une charmante personne <)ui, .saiibdoiite, était cachée derrière ce meuble.

LA M\HQt!lSE. Lt vous avez vu...

LE DUC. J'aurais bienvoulu voir, je n'aurais pas emporté avec mes éperons — (// muntrchi guirlitiide^ jusqu'à la grand'silie. El il y avait foide... Me voyez-vous traînant étoft'es et fleurs , qui se déroulaient derrière mes talons comme un seipeiit à sonnettes?

LES BEIGNETS A LA COCR

LA MARQUISE, à part. AIi I mon Dieul mon Ditu! \^Haut.) Quel beson aviez-vous d'aller vous jeter à travers tout ce uioiide?

LE DUC. Ce n'est pas ma faute. Quand j'ai reiiiarqué aux éclats de rue ce dont d s'agissait, j ai voulu me dérober aux quolibets, sans dire gare, en menant le tout dans ma poche... ali bien oui! tous couraient après moi IMoiisieui- le duc, une

fleur, mon clicr duc, donnez-moi donc une petite fleur.

LA MAUQUiSE. Ah!... c'est épouvantable!

LE DUC. Enfin l'aventure a fait ce qui s'appelle rumeur à l'OEd-de-Lfeuf.

LA MAltQLISE, à paît. O ies couitisans I les courtisans maudits I

LE DUC. Est-ce que ce sirait la petite comtesse qui a lail tant de mines au der nier cercle? disait JMoatmorin... — Bah! disait Coigny, le roi ne l'a pas même regardée... cVsl plutôt celle marquise aux grands yeux iangiiissîuis... elle a eu beaucoup desuciès... — Vous n'y êtes pas, vous n'y êtes pas du iout, messieurs, s est écrié Chavannes, je paiie pour l'une de nos jeunes ei naïves demoiselles rraîchement débarquées.

LA MARQUISE, ùpart. C'est à en devenir folle! (Huiit.) Livrer inconsidérément, jeter comme pâture à la mahgniié publique des noms respectables... calomnier la venu la plus pure...

LEDUC. La vertu! ah! ah! ah!...

LA MAROUlSli. L'innocence du roi.

LK DUC, riant plus fort. L'innocence d'un roi de seize ans avec une vertu sans collerette... »

LA MARQUISE, hors d'elle-même. IMonsieur le duc, vos suppositions sont affreuses...

LE DUC, èlannc. Ah çà I mais vous y mettez une chaleur!...

LE ROI, sur le seuil de la porte de la htbliothèque. Madame la marquise a raison, monsiem* le duc.

LA MARQUISE et LE DUC. Le roi !

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