‹ Pièces de théâtreChapitre 11 sur 1069 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Mêmes , FANNY , et peu après PICARD.

FANNY. Que désirez-vous, messieurs?

EDOUARD. Salut à l'aimable Fanny

à la jolie fille de mon terrible concierge... il n'y a pas de lettres pour moi?...

FANNY. Non, monsieur.

JULIE. Et M. Picard est sorti?

FANNY. Oui, monsieur.

PAULINE, à Julie. Essayons l'influence du costume. [Elle retient Fanny, qui veut rentrer.) Savez-vous, charmante Fanny, que votre père est bien heureux de vous avoir pour fille !

FANNY. Pourquoi cela, monsieur?

PAULINE. Parce que, grâce à votre gentillesse, vous faites oublier les sottises qu'on reçoit de lui.

FANNY. Quelles sottises, monsieur?

EUGÉNIE. Nous empêcher de recevoir nos amoureuses...

JULIE. N'est-ce pas affreux, épouvantable? il ne sait pas à quoi il s'expose,

M. Picard?

Picard entre et e'coate au fond.

FANNY. A quoi s'expose-t-il donc?

JULIE, la cajolant. D'abord , à ce qu'on fasse la cour à son aimable fille!

EUGÉNIE, de même. Pour moi, je veux me venger de lui en vous adorant. .

Elle cajole aussi Fanny, qui se défend.

PICARD , approchant. Mes petits messieurs, vous chercherez, s'il vous plaît,unc

autre vengeance , car celle-là , n^oftsiêur Picard ne vous la permettra pas, , - j j.^

Il prend sa fille par la main et la fait rentrei" dÀâs sa loge.

PAULINE. Oh! ohl quelle sévérité!

EUGÉNIE. Je vous conseille de vous fâcher après les tours que vous nous avez joués.

PICARD. J'ai fait mon devoir, monsieur tâchez de comprendre le vôtre !

JULIE. Là, là, monsieur Picard, pas d'emportement! vos cheveux se dressent déjà sur votre tête. . .

On rit.

PICARD. Mpnsieur!

PAULINE. Edouard, pour ses étrennes, je te conseille de lui donner un pot de la pommade du lion... En cinq minutes, 93 fait pousser une forêt de cheveux.

PICARD, wec colère. Assez, monsieur, assez. Je vous prie de laisser ma tête tranquille...Si les vôtres sont garnies à l'extérieur, ça ne prouve pas qu'il y ait grand chose dedans...

EUGÉNIE. Oh! oh! de la satire!

PICARD. Vous êtes vexés parce que vous avez déjeuné sans vos amoureuses. ..

EDOUARD. Oh ! mon Dieu, oui, ça ftous a désolés.

PAULINE. Et là, vraiment, vous ne voulez pas qu'il en entre une seule?

PICARD. Pas une seule...

JULIE. C'est impossible?

PICARD. Impossible.

PAULINE. Et si nous trompions votre vigilance !

PICARD. Essayez !

EUGÉNIE. Pauvre bonhomme , va ! tu n'es pas fort!...

PICARD. Bonhomme, bonhomme... Demandez à monsieur Edouard s'il a passé une bonne nuit...

EDOUARD. lise moque de moi, je crois : dans tous les cas, je vous avertis que si vous me faites encore une fois la même plaisanterie, je casse tout, j'ameute tout le quariier.

PICARD. Une émeute ! ça regardera le préfet de police.

EDOUARD. C'est donc la guerre entre nous que vous voulez ?

PICARD. Oh I la petite guerre, les fusils chargés avec vos billets doux.

EUGÉNIE. Et les vôtres, avec vos papillotes...

Tous rient.

PICARD. Mes papillotes! C'est bon...

moquez-vous de moi; je ne vous remettrai pas moins à votre place, mes petits me»-

MAGASIN ÏHEATUAL.

sieurs, quand vous en conterez à ma fille; et je ne vous en laisserai pas moins à la porte, monsieur Edouard, quand vous rentrerez après minuit.

EDOUARD. Prenez-y garde, monsieur, le grand cordon I

PICARD. Le cordon, jevous le tireiai, c'est mon devoir... Mais quand il pleuvra, je nie réserve le plaisir de vous le faire demander deux et même trois fois.

EDOUARD. C'est ce que nous verrons !

PICARD. C'est ce que nous verrons!

PAULINE, séparant comiquement Edouard et Picard. Allons! allons! n'allez-vous pas vous prendre aux cheveux , monsieur Picard !

On rit.

PICARD, courroucé. Aux cheveux ! mauvais plaisant ! Tenez , je m'en vais , car je me mettrais en colère, et vous n'en valez

pas la peine.

Il rentre dans sa loge.

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