‹ Pièces de théâtreChapitre 113 sur 1069 · ARABELLE, EDOUARD · texte numérisé non relu

ARABELLE, EDOUARD

ARABELLE, d part. Prenons bien garde, surtout de ne pas lui déplaire...

EDOUARD, à part. Allons, il faut entamer une troi-ième déclaration... je nie deviens fastidieux! \ S' approchant d Arabelte.) Je SUIS Jérémy Ben... {A part.) Ma foi non... c'est par trop monotone. {Haut.) Ma sœur, tu vois un infortuné voyageur qui, cinq fois, a cru toucher le port et que cinq fois le vent des passions a chassé de la côte...

ARABELLE. Que veux-tu dire ?

EDOUARD. Sois le phare protecteur qui me sauve du naufrage , et fais-moi voguer à pleines voiles dans le golfe de la fidélité conjugale.

ARABELLE. Je n'y comprends rien dutout...

EDOUARD, à part. Ma foi, ni moi non plus. (Haut.) 3e vais être moins nuageux... ton père ma vanté l'aménité de ton caractère, et rien qu'en te voyant on peut être certain de passer avec toi des jours calmes et doux.

ARABELLE. Oh Oui!., la paix dans un ménage , c'est tout ! et il est si facile quand on aime bien son mari, de voir des mêmes yeux que lui... d'avoir la même pensée. Oh! moi, d'abord je ferais tout au monde pour éviter les querelles... je préférerais céder mille fois...

EDOUARD. En vérité?

ARABELLE, vivement. Certainement; mais c'est le devoir d'une femme d'obéir à son mari... même quand il a tort, n'est-ce pas , mon frère ?

EDOUARD, enchante. Oui, créature céleste!., oui... Oh! que tu es bien l'être destiné à charmer mon existence terrestre !.. tout ce que tu dis m'enchante.

ARABELLE. C'est pourtant bien naturel, je ne mérite pas toutes tes louanges!..

EDOUARD. Tu ne mérites pas!., mais pour ne pas voir tout ce que tu vaux, il faudrait que je fusse étranger à toute civi-

lisation... que je fusse un osage , un algonquin... un iroquois...

ARABELLE. Que nous serons heureux !

EDOUARD, vivement avec abandon. Je nous vois déjà dans notre ménage tous les deux ; car d'abord nous serons deux... puis trois... puis quatre, cinq... ainsi de suite! il ne faut pas rougir pour ça, Arabelle-.. Dieu bénit les nombreuses familles., mon intention est d'avoir au moins six filles et neuf garçons. .,

ARABELLE. Pourquoi des garçons?...

moi, je ne voudrais que des filles...

EDOUARD. Point d'exclusion, Arabelle...

un peu de tout, mon ange!..

ARABELLE, vivement. Oh! non, non, rien que des filles... j'y tiens...

EDOUARD. Cependant... avec la meilleure volonjé du monde!...

ARABELLE, très vite. Non, non... une fille... ça tient compagnie à la mère... ça l'aide dans ses travaux... C'est son image!

EDOUARD Oui , mais un garçon , c'est l'orgueil de son père... le soutien de la maison... C'est lui qui perpétue le nom de la famille...

ARABELLE, avec colère. Vous ferez tout ce que vous voudrez... je ne veux que des filles...

Air Du Dieu et la Bayadùre.

Je veux qu^on m'obéisse!

ÉD0UA6D, avec èionncmcnl.

Je \eu\ qi'on m'obéisse !

ABABELLE.

Jle résister ainsi!

ÉDOl'ABD.

Me résister ainsi !

ABABELLIf.

Quelle affreuse injustice !

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