SCENE XII
LAPERRIÉRE, GUIMARD.
LAPERRIÉRE. Êtes-vous bien sûre que cette jeune fille ?..
GUIMARD. C'est Madelon...
LAPERRIÉRE. Madelon!.. la jeune personne dont vous m'avez si souvent parlé?. .
GUIMARD. Un caractère charmant...
bonne, simple , sans façon... aussi gaie, aussi franche aujourd'hui qu'elle l'était à l'âge de dix ans... ne songeant pas plus à ce qui se dit et se fait autour d'elle... et toujours prête à se mettre eu quatre pour vous rendre service... avec cela d'une figure...
LAPERRIÉRE. A laquelle il manque beaucoup de choses pour être comparée à la vôtre...
GUIMARD. Vous êtcs allé à l'Opéra, hier soir...
LAPERRIÉRE. Jbc foyer était en rumeur;
MADELON FRIQUET
votre aventure fait un bruit du diable!., les opinions se dixisent.. .on vous blâme... on vous approuve... tout le parti de madame la dauphine est pour vous .. mais de son côté, madame Dubarry est furieuse... GUIMARD. Oh! elle est trop bonne fi le pour garder rancune à une camarade!., quoiqu'elle ait un peu usurpé la couronne.
Air de la Famille de l'Apothicaire.
Le sort l'a placée avant moi ,
LAPEBRIÈRE.
Mais la beauté vous égalise.
CniMARD.
Pour protecteur elle a le roi,,,
XAPERRIÈBE.
Et vous , le prince de Soubise I Vous avez les mêmes destins, Car d'après les lois existantes.,.
Bis ensemble.
Le prince et le roi sont cousins, Et ¥ous êtes presque parentes.
Et pourtant, je ne vous cacherai pas qu'il est question d'obtenir un ordre pour vous empêcher de reparaître à l'Opéra.
GUIMARD, rianS. M'interdire l'Opéra...
à moi, Guimard... mais ils sont donc devenus fous...
LAPERRIÈRE. On fait valoir les réglemens...
GUIMARD. Est-ce que nous connaissons ca, les réglemens. . .les réglemens sont pour les commençantes... pour celles qui n'ont d'autre appui que leur talent.
LAPERRIÈRE. C'est juste!
GUIMARD. J'espère bien que le prince ne se laissera pas donner ce soufflet sur ma joue... je lui arracherais les yeux...
Pendant ce qui précède , on a vu passer un garçon
qui a servi un déjeûner dans le cabinet à droite.
MADELON, entrant. Maintenant... votre déjeûner est prêt...
GUIMARD. Si le cœur t'en dit... quand il y en a pour deux... il y en a pour trois...
MADELON. Merci, j'ai déjeuné.. .et puis, il faut que je travaille... j'ai assez flâné... toute la matinée...
GUIMARD, d Laperriére. Est-elle gentille, hein?
LAPERRIÈRE. Oui, pas mal... (A part.) Elle est mieux que Guimard...
H offre la main à Guimard ; ils entrent dans le cabinet.
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