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SCÈNE XIV

LE PRINCE DE SOUBISE, PHILIDOR, BABIOLE, M-' POITEVIN , MADE- LON, LAPERRIÈRE, GUIMARD, cm

derniers dans le cabinet dabord.

j^me POITEVIN. Mon Dieu, messieurs, je vous le réitère... je n'ai point connaissance de tout cela...

PHILIDOR. Et moi, madame Poitevin, je vous déclare que j'ai vu ici même, dans cette salle la susdite dame... et le susdit monsieur, or, comme en sortant, j'ai eu soin de désigner leur costume afin qu'on pût les suivre, s'ils venaient à s'échapper et qu'il n'est sorti personne... ils doivent naturellement se trouver ici...

Il se frotte les mains.

LE PRINCE , id. Ils doivent naturellement se trouver ici...

PHILIDOR. Vous voyez que c'est l'avis de monseigneur...

jjme POITEVIN. Je suis sorti dehors la valicence d'un instant... ils auront profité de cet incident pour entrer... si Madelon était présente, on pourrait le lui en faire U question.

PHILIDOR. Appelez-la...

LE PRINCE. Appelez-la...

PHILIDOR. Le prince vous dit de l'appeler...

Madame Poitevin sonne.

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LB MAGASIN THÉÂTRAL

BABIOLE, entrant. Qu'y a-t-il pour voir' service, madame Poitevin.

M°" POITEVIIV. Qu'on cherche voir après ma nièce... elle doit être montée en haut.

BABIOLE. J'y vais, madame Poitevin.

Elle sort.

PHILIDOR. L'homme, je l'ai parfaitement reconnu, pour un officier supérieur du régiment de Picardie, à qui M. le duc d'Ayen en a beaucoup voulu dans le temps pour mademoiselle Duthé. {On voit mademoiselle Guimœd grondant Laperrière et Madelou les forçant d' écouter.) Quant à mademoiselle Guimard... c'était elle... je la vois encore, mantelet noir, bonnet plissé, ruban vert, couleur d'espérance , ( Madelon ferme la porte du cabinet.) à telles enseignes qu'elle m'a donné sur les doigts, bien certainement, elle est dans la maison...

LE PRINCE. Bien certainement, elle est dans la maison.

PHILIDOR. Et quand le prince affirme une chose, c'est qu'il en est certain... C'est d'autant plus affreux que le prince venait d'obtenir sa rentrée à l'Opéra, aussi son altesse ne lui pardonnera jamais...

LE PRINCE, Son altesse ne lui pardonnera jamais.

BABIOLE, rentrant. On n'a pas trouvé mamzeir Madelon, madame Poitevin...

mais l'Endormi assure avoir servi un déjeuner de deux personnes dans ce cabinetlà...

PHILIDOR. Dans ce cabinet-là... nous les tenons.

Il se frotte les mains.

LE PRIXCE, de même. Nous les tenons !

PHILIDOR. Vous l'entendez... le prince est sûr de son fait.

jljme POITEVIN, frappant à la porte. Monsieur et madame... je vous prierais d'ouvrir la porte sans vous déranger.

Personne ne répond.

PHILIDOR. Il paraît que ça les dérangerait. (// y va lui-même.) Quelles que soient les personnes qui pour le moment habitent ce cabinet, on serait charmé de leur dire deux mots.

Même silence.

jjme POITEVIN. Mortus es , pour vous comme pour moi.

PHILIDOR. En cas de refus, nous aurons recours à la violence.

LE PRINCE. Nous aurons recours à la violence.

PHILIDOR. Monseigneur y est décidé...

ouvrez-nous»

60999® 9e33<99 33® ddoddasâesâdseeeddeeedOdodM SCÈNE XV.

Les Mêmes, LAPERRIÈRE, /?M(s TRANQUILLE.

LAPERRIÈRE, reparaissant. Qui ose se permettre.

LE PRINCE. Le colonel Laperrière sous cet habit.

LAPERRIÈRE, feignant la surprise. Ah!

pardon , monseigneur, j'ignorais que votre altesse fût ici...

PHILIDOR. Il fait l'étonné.

LE PRINCE. Il fait l'étonné.

LAPERRIÈRE. Je ne puis comprendre l'intérêt qu'elle peut avoir à troubler un innocent rendez-vous.

LE PRINCE. Un innocent rendez-vous ?. .

LAPERRIÈRE. La position la plus élevée ne saurait autoriser, ni excuser une esclandre de cette nature... et il est des secrets qu'un prince lui-même doit respecter...

PHILIDOR. Oui... quand ces secrets ne le regardent pas... mais quand il est sûr qu'on le trompe... qu'une personne honorée de ses bienfaits... trahit sa confiance... qu'on se moque de lui...

LE PRINCE, d Philidor. Monsieur, laissez-moi donc parler... mais, quand je suis sûr qu'on me trompe... qu'une personne honorée de mes bienfaits, trahit ma confiance... qu'on se moque de moi...

LAPERRIÈRE. Mon prince, vous avez trop d'esprit pour penser ce que vous dites...

PHILIDOR. Eh bien, qu'elle se montre...

LE PRINCE. Qu'elle se montre...

LAPERRIÈRE. Mon prince, qui sait si elle n'a pas à redouter ici, d'autres regards que les vôtres...

PHILIDOR. C'est une défaite...

LE PRINCE. C'est une défaite, je connais cela... qu'elle se montre...

LAPERRIÈRE. Tant que je serai ici , personne ne contraindra sa volonté , c'est à elle seule à décider...

Ici, Madelon sort du' cabinet, elle s'avance à pas lents au milieu de la scène ; elle a son mouchoir sur les yeux. Tout le monde se groupe autour d'elle , et n'est occupé que d'elle ; on jouit d'avance de sa confusion. Pendant ce temps-là, Guimard profite de l'attention générale portée sur Madelon , pour quitter le cabinet et disparaître. Musique à l'orchestre.

LE PRINCE. Eh bien, perfide, c'est donc ainsi...

MADELON, ôtanlson mouchoir et riant aux éclats. Âh, ah,, ah, ahl..

«ADliLON FAIQU£T.

ïl

PHILIDOR. Ce n'est pas elle.

LE PRINCE. Ce n'est pas elle.

M°" POlTEVm. Ma nièce...

LAPERRIÈRE, d part. Elle nous a tirés d'un bien mauvais pas.

5ime POITEVIN. Comment, Madelon...

PHILIDOR. Un moment, un moment...

LE PRINCE. Ah! ah! vous voilà dérouté, monsieur le rapporteur... mantelet noir... bonnet plissé... ruban vert , couleur d'espérance.

PHILIDOR. Oui, oui, le costume est pareil, et l'on peut s'y tromper... mais certain diamant...

MADELON, tendant la main. Le voici...

eh bien, M. Philidor...

PHILIDOR. Je suis un sot...

LE PRINCE. Ah! ah! je suis... (Se reprenant.) Vous êtes un sot...

M"" POITEVIN. Un diamant à Madelon...

ah ! malheureuse enfant.

Final de M. Charles Tolbccqiie,

MADELON, ridnt.

C'est un scandale épouvantable , Ici, l'on me croit coupable...

Mon renom est perdu

Ayez donc de la vertu !

M"* POITEVIN

C'est un scandale abominable , Quoi , ma nièce est donc coupabie..i

De mes yeux je l'ai vu

Croyez donc à la vertu !

PHILIDOR, regardant le cabinet.

Cette aventure est impayable, Cette femme est donc le diable...

La Guimard a disparu

Me voilà confondu !

LE PRINCE ef LAPERBliînE.

Cette aventure est adorable , Sa nièce était la coupable...

De leurs yeux ils l'ont vu Quel échec pour sa vertu 1

MADELON

Vous devez tous savoir, je pense.

Qu'il ne faut pas trop croire à l'apparence ; Je vous dirais bien mes secrets.

Mais vous êtes trop indiscrets...

ENSEMBLE

C'est un scandale , etc. , etc,

LAPERRIÈRE, bas à Madelon.

Comptez sur moi , bonne autant que jolie !

MADELON, bas.

Allez, monsieur, rassurez mon amie.

Pour elle je me sacrifie! bis.

LAPERBIERE.

Mais vous ?

MADELON

, Dieu merci., ,

Tranquille entre paré avec des gants blancs et des bouquets. Madelon l'apercevant.

Tranquille I û ciel I je n' pensais plus à lui l TRANQUILLE.

Au rendez-vous, me v'ià mamzelle, L'habit tout neuf... le cœur fidèle...

Et les gants blancs Poar faire publier nos bans.

MADELON , vivement.

Partons, partons!..

M"" POITEVIN

Comment 1 elle ose...

TRANQUILLE

N'élions-nous pas convenus de la chose... M"" POITEVIN, prenant ta main de Madelon. Tiens , regarde ce diamant...

MADELON

0 ciel !

M"" POITEVIN

C'est un cadeau de monsieur, d'un amant, Que nous venons de surprendre avec elle...

TRANQUILLE

Ça ne se peut pas,..

MADELON

Quel embarras.

LAPERRIÈRE.

Je plains son embarras.

TRANQUILLE

Ça n'est pas vrai , n'est-ce pas mamzelle?

MADELON, « part.

Et ne pouvoir, peine cruelle...

Le détromper en ce moment.

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