SCÈNE IL SAINT-GEORGES, PLATON
• PLATON , désolé.
Oui, monsieur le Chevalier... c'est-à-dire... non... je ne sais plus comment l'appeler... vous voyez un homme désespéré , furieux !
SAINT-GEORGES
Furieux!., et contre qui?
PLATON
Contre qui? contre moi ! qui suis cause... Avec les meilleures intentions , je ne fais que des sottises... Un imbécille de noir aurait eu mille fois plus d'esprit!.. Aussi, à présent, c'est fini... je méprise les blancs... dans ma personne.
SAINT-GEORGES, avec impatience.
As-tu remis ma lettre au Baron?
PLATON
Pardi ! c'est ce qui m"a fait sortir des iïonds!.. quand j'ai reconnu le sournois qui m'avait tiré les vers du nez... Je n'étais plus un homme civilisé. Je l'am-ais étranglé... s'il ne m'avait jeté à la porte.
SAINT-GEORGES
Il a bien fait. De quoi te mêlais-tu?
PLATON
De quoi je me mêlais !.. 0 dieux!., un si bon maître, (a genoux.) Tenez, monsieur, accablezmoi... tuez-moi... assommez-moi... vous me ferez plaisir... vous m'oterez un poids énorme... SAiNT-GEOr.GES, passant à gauche.
Finissons!..
PLATON, d'un air suppliant.
Rien qu'un peu, monsieur, je vous en prie!..
SAINT-GEORGES
Finissons, te dis-je!.. Qu'arépondu le Baron?
PLATON , se relevant.
Dans une heure, il viendra vous prendre avec ^011 témoin.
SAINT-GEORGES, à lui-même.) Encore une heure d'attente !.. (a Platon.) Astu averti La Morlière ?
PLATON
Il dormait comme un bienheureux... En apprenant de quoi il était question , il s'est mis à rire aux éclats... et s'est vile habillé comme pour une partie de plaisir.
SAINT-GEORGES, à lui-même.
C'en est une aussi!.. Se venger!..
PLATON
Oui... et si, par malheur...
SAINT-GEORGES
Allons , tu trembles !.. Est-ce que tu n'as plus confiance en moi?
PLATON
Si fait ! mais vous avez aiïaire au plus grand ignorant!., et un coup de maladroit est sitôt fait!
SAINT-GEORGES, écoutant.
Je l'entends... c'est lui.
PLATON , à part.
C'est égal, je serai en bas... Si l'autre ose se présenter, je le traiterai comme un nègre.