‹ Pièces de théâtreChapitre 251 sur 1069 · TOL'S · texte numérisé non relu

TOL'S

Monsieur...

M. DE BOLOGNE, avec force.

Je le veux!., c'est un droit que personne ne saurait m'enlever... ( A la Morlière. ) Voyons, Monsieiu'... réglc>ns les conditions.

SAINT-GEORGES, à part.

Ah! quelle épreuve!..

LE BARON

Elles sont réglées... et par le Chevalier luimême...

M. DE BOULOGNE et LA MORLIÈRE.

Comment?

LE BARON, à Saint-Georges.

Oui, Monsieur... j'ai reçu votre lettre, et je vous rends grâce de votre loyauté... vous me laissez le choix des armes?.. Le pistolet!., le reste va de suite... vous êtes l'oilensé, vous tirerez le premier.

M. DE BOULOGNE, avec eflVoi.

Le premier!., liù?..

SAINT-GEORGES

Que dites-vous ?

LA MORLIÈRE

C'est justice !

LE BARON

Je neveux ni faveur, ni pitié... et quel qii'^

soit le danger... le soin de mon honneur exige que les lois ordinaires du duel soient suivies... Allons, Messieurs, les voitures sont en bas. Marchons!..

(La Morlière remonte avec le Baron, comme pour

sortir.)

M. DE BOULOGNE

Grand Dieu!.. ( A mi-voix , à Saint-Georges, et avec désespoir.) Ton frère !.. ton frère !.. sa vue même ne te désarme pas? (Musique en sourdine.)

SAINT-GEORGES, l'arrêtant et avec amertume.

Ah! Monsieur... vous êtes sans pitié!.. Par vous, j'ai tout perdu... il ne me restait que mon honneur... vous voulez queje vous le sacrilie!.. Eh bien! soit!., que je vous doive donc le comble de l'infamie et tle la dégradation !.. LE BARON, étonné et revenant vers Saint-Georges.

Eh bien! Monsieur?..

SAINT-GEORGES, avec trouble et au Baron , après un instant d'hésitation.

Vous penserez de moi ce que vous voudrez. Monsieur... vous pouvez dire que je suis un homme sans foi, sans honneur... mais ce combat est impossible... je ne me battrai pas avec vous !

LA MORLIÈRE et LE BARON.

Qu'entends-je?

M. DE BOULOGNE, avec joie.

Ah!

SAINT-GEORGES, avec une amertume profonde.

Et maintenant, allez publier partout que Saint- Georges est un lâche!., qu'il s'est humilié devant vous!., qu'il a refusé de se battre... Appelez sur moi, le dédain, la honte et le mépris... j'y consens, je les accepte. ( a m. de Boulogne, à mi-voix.) Eh bien! Monsieur... èles-vous CuUtent?.. suis-je assez avili?..

LA MORLIÈRE, confondu.

Ah! ChevaUer!..

LE BARON, étonné.

C'est impossible!.. (Regardant son père.) Un pareil langage... que s'est-il donc passé?.. Mon père... vous étiez avec lid... que lui avez vous donc dit?..

M"' DE PRESLE , ouvrant tout-à-coup la porte de gaucbe et paraissant.

Ce qu'il lui a dit. Monsieur...

TOCS.

Que vois-je!

La comtesse de Presle!

M"' DE PRESLE, émue,

Il lui a dit que vous étiez son frère !

LE BARON et LAMORLIÈRE.

Son frère!

M""" DE PRESLE, avec ânic.

Et, maintenant, au plus noble, au plus généreux des hommes, à celui qui est dédaigné, méconnu, repoussé par tous!.. moi, comtesse de Presle, je viens dire : Chevalier, je vous supplie d'accepter ma main... je serai lière de vous appartenir!..

( Mouvement. Saint-Georges, transporté de joie, s'incline sur la main de M""* de Presle; M. de Boulogne est combattu ; le Baron ému s'élance dans les bras du Chevalier. La toile tombe.)

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