ROSE, THIERRY
ROSE, seule.
Celle dr(!>le d(î lettre!.. Et puis on dirait qu'il a
MAQASIN THEATRAL.
peur... iH ont raison les autres... il y a quelque
chose t
THiERRV, entrant par la droite.
Oui, c'est bien ici... près de la barrière... un »ir de fête... une noce... ahl cette jeune fille I
Il vient à elle.
ROSE, 5e retournant.
Tiens, monsieur Thierry 1
THIERRY
Ah! mademoiselle, c'est vous î
ROSE
Mademoiselle, non... c'est-à-dire... je suis madame Gimblet, à présent... et je m'attendais si peu à vous voir ici... à ma noce...
THIERRY
Votre noce... c'est donc bien cela , je ne me trompais pas... ahl je n'avais garde d'y manquer!
ROSE
Vous êtes bien honnête: mais comme vous dites ça... Je crois que ce n'est pas pour moi que vous êtes venu.
THIERRY
Ebt non, c'est pour elle...
ROSE
Mi'e Céline!... allons donc ! j'avais deviné!... mais comment avez-vous su?...
THIERRY
Hier soir, aux Italiens, où j'étais allé pour la voir encore... je saluai M™e la baronne qui a été si bonne pour moi et qui m'a si bien accueilli à mon arrivée de Saumur , quand j'allai lui porter une lettre du gouverneur de l'école... chez qui je l'avais vue l'année dernière avec sa fille.
ROSE
Oni, il paraît que c'est là que ça a commencé; aussi, quand madame vous a invité à venir la voir, vous ne vous l'êtes pas fait dire deux fois!... Dieu! avez-vous abusé de la permission!
THIERRY
Vous croyez 1 c'est pour cela peut-être que M^a la baronne a eu pour moi, hier, un air plus froid, plus sévère... mais c'est alors que j'entendis M^'^ Céline dire à son cousin: Demain, j'irai un instant à la noce de Rose... et elle me regardait, en disant cela, comme si elle eût ajouté : Est-ce que je ne vous verrai plus ?
ROSE
Tiens, tiens, les amoureux, comme ça s'entend sans rien direl...
THIERRY
Je devais partir ce matin pour Saumur; mais je ne sais comment cela s'est fait, j'ai manqué la voiture.
Aia : C'est en pleurant que j'ai lu cette lettre (Fille de Dominique).
Puisqu'elle teste à Paris, je demeure : Triste loin d'elle, heureux de la revoir, A soa hôtel encore tout-à-l'heure' Je me trouvais presse sans le savoir.
Ainsi mon cœur, à son culte fidèle, D'elle toujours me rapproche... et voUà Comme toujours je me trouve près d'elle: J'y suis encore quand elle n'est plus là.
ROSE
Comme ça vous étiez près de l'hôtel de M"»' la baronne?...
J'ai demandé où se faisait la noce, et je suis venu.
ROSE
Eh bien ! il n'y a pas de mal, et, quoique ce ne soit pas à mon intention , je danserai tout de même avec vous.
THIERRY
Certainement; mais est-elle arrivée? puis-je la voir? lui parler? un instant, un seul instant!
ROSE
D'abord, apaisez-vous, il n'y a encore personne et puis faut être prudent... M. Arthur doit venir avec elle... vous savez, M. Arthur de Césanne, son cousin, son frère presque.
THIERRY
Bien! bien! que m'importe ! je passe près d'ici, par hasard... J'entre en curieux, voilà tout.
ROSE
Comme c'est naturel 1 ils ne doutent de rien, ces amoureux! et vous l'êtes, vous, vous l'êtes, ferme! ça vous étouffe, quoi!
THIERRY
Oui, je l'aime! et l'idée seule de la voir passer dans les bras d'un autre!...
ROSE
Dam! le moyen que vous soyez son mari... si c'est vrai, ce qu'on disait hier matin chez madame...
Quoi donc? que disait-on?
ROSE
Qu'on ne connaissait pas votre famille, que vous ne la connaissiez peut-être pas vous-même.
THIERRY
Et que leur importe?
ROSE
Qu'on ne savait pas comment vous viviez à Paris, et même qu'il y a un pauvre bonhomme qui vous suit partout, un homme de rien, un vrai rabat-joie...
THIERRY
Quelle folie I
ROSE
Si bien qu'il y a quelques jours, comme vous étiez à déjeuner avec des amis, et un peu échauffé par le vin de Champagne, le vieux est arrivé tout juste pour jeter les bouteilles vides par la fenêtre.
THIERRY
Allons donc! ils ne savent ce qu'ils disent, je suis mon maître, je ne dépends de personne, et si un insolent se permettait...
MATHIAS L'INVALIDE
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